L’ombre dont tu te pares, manteau de tes misères.[Pv Itzal]

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le Lun 1 Jan - 18:49


La mort vient du ciel

Les âmes diurnes étreignent une dernière fois les lueurs du jour. Le toucher de la nuit est glacial, un baiser déplaisant. Derrière la brume qui inonde les quais, son cœur tangue entre deux inconnues.  Fragile organe dépouillé de ses remparts de chair et d’os. La vue se noie prêt d’un ponton, le ciel brunit l’iris par ses voûtes célestes. Aucune constante. Ses crépuscules sont parcourues d’insomnies. Un vague à l’âme.

Son nom est couplé de stigmates, de promesses létales. Un chant funèbre. Son existence se gausse du genre humain. Au milieu des quidams, il trouvera de nouveaux fauves en quête d’un festin. Il peut sans ciller, lorgner les alentours, charognard en quête de victuailles ou de trophées. Elle lui manquera pour un soir, la mer comme seul salut. A bord des vaisseaux, il n’y a aucune honte. Aucune pitié. Aucun pardon. Mais ici, sur la terre, la lourdeur d’une solitude éprouvée, s’épand sur sa conscience.

La carne diaphane fulmine, elle réfute ses égarements et ses écarts, son désir d’embrassement surplombant la facilité qu’ont les hommes falots à céder devant la faiblesse. Leurs vies pathétiques dont il arrache les espoirs et les rêves piètres et chétifs. Goutte à goutte, il s’abreuve à leurs pleurs déchaînés, ivrogne de leur malheur, boulimique de leur défaite amère.

La prise était belle, le coeur à la fête. Il connaît la ville, ses délices, ses travers et ses coupe-gorges. Son étincelant stuc, simulacre de beauté qui efface et entasse la pauvreté de ses venelles. La puanteur de ces passages couverts, bas et nauséabonds. Les bas-fonds où les acteurs de la nuit s’éveillent.  Sous les yeux alanguis devant une myriade de merveilles, il sait que les paysages orateurs de vérité, ne rencontrent l’attention que d’infimes badauds. Mourrez aveugles, crevez dans vos richesses provisoires ! Ce soir sonne l’heure des réjouissances !

Lieu malfamé, propice où sous les capes se scellent les contrats, une enseigne intitulée « Au crâne fendu». Souffle suspendu, silhouette étouffée par le vacarme infernal régnant à l’intérieur de l’estaminet. Le nouvel arrivant se fraye un passage parmi les rangées sinueuses entre les cabots soûlards, les clients aux intonations tonitruantes. Trouvant une place prêt du comptoir où un homme aux manières agrestes lui sert une première rasade. Il voulait boire. Jouer et boire jusqu’à l’abrutissement le plus absolu. Une satisfaction bonne à lui ébruiter les sens, pour se retrouver aux bras d’une bande de pochards et de parieurs. Il émergeait alors de sa personne, un sentiment de quiétude hilare. Fondu dans la masse du quotidien…

Mais certains hommes conservent des caractéristiques notables, fer chaud sur les tempes. D’un regard qui laisse comprendre à son vis-à-vis la nature intrinsèque qui lui fait parfaitement défaut. Le sucre attire les insectes comme la fatalité les corps condamnés.  L’oeil livide scrute, s’immole sur la pierre d’un visage ; le marbre de ses expressions. Pirate attiré par le péril…

On dit que la mort vient du ciel.

―  Mon seigneur.

Un corbeau inespéré.

Sa tête s’incline. La politesse est comme un factice accessoire qui agrémente chaque expression affable. Un amusement certain qui transcende tout le reste. Sans attendre de répartie, sa poigne   agrippe à  la taille une de ces filles de salle, le regard juvénile et pourtant déjà désabusée. La dextre revêtue de cuir se glisse dans la sienne, le souffle ordonne à son ouïe, d’autres échoppes. Pour lui et son compagnon.

― Quelles sont les nouvelles qui font parler le royaume ?

L’écumeur sillonne les océans, ignorant du tumulte secouant les rivages lointains.  Banalités. Ezra se moque du monde mais veut en connaître toutes les manigances, les ignobles secrets. Une fois le breuvage en main, il y trempe doucement les lippes, le liquide brûle l'oesophage aride, l’empreinte d’un goût abjecte fiché dans la gorge.

―  Ce truc pisseux me ferait regretter les tavernes d’Antiva...qui  est encore capable de fournir une boisson potable en Orlaïs...


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le Mar 2 Jan - 13:23


L’ombre dont tu te pares

L'odeur nauséabonde de la mort l'englobe encore fraîchement, mêlée aux loques usées, même si elle est encrée dans sa chair depuis une éternité. Un quotidien chez les Corbeaux qui ne s'encombrent pas de riches accoutrements, qui restent dans l'ombre parmi le bas peuple pour mieux frapper leurs cibles ; ainsi on les oublie facilement. Comme à chaque fois Itzal se mêle à la foule, sans grande prestance, sans grande magnificence, il ne se qualifie pas comme beau alors attire peu les regards intéressés, de toute façon son arme est toute autre ; à chaque assassin ses compétences. Ses prunelles perçantes lorgnent les alentours, il se fond dans le décor, dans la masse, les bas-fonds de chaque ville sont un peu comme une deuxième maison où il trouve sa place. Ce n'est qu'un passage, demain la route sera longue pour retourner à Antiva qui lui manque sincèrement. Orlaïs en serait presque étouffant s'il ne pensait pas à la bonne pinte qui récompensera son gosier sec, pénétrant Au crâne fendu, le nom de l'enseigne l'amusant au moins en son fort intérieur.

Bon nombre de quidams mouillent déjà la meule, rassemblés en petits groupes ou en solitaires, comme Itzal songe qu'il le sera, avant qu'un manteau n'accroche son regard ; il s'approche, lui rend sa politesse d'un mouvement de tête puis s'installe à ses côtés. Le Pirate et le Corbeau, quelle belle fable. La taverne est leur trésor de la soirée, la bière leur nymphe, leurs affaires communes. Si le bougre s'attache peu il est néanmoins capable de dire qu'il l'apprécie, lui, pour sa fidélité envers ses pairs. Lui rendre un service est devenu habituel, souvent il s'en occupe, puis ils terminent accoudés au comptoir jusqu'à plus soif. Leurs langues ne se délient pas sur des sujets trop personnels, ils savent garder leurs distances, et c'est une chose que Itzal apprécie.

« Il se murmure que Jader est perdue, les engeances pullulent, les survivants fuient. » La nouvelle est récente tandis que la noblesse se terre à l'abri derrière les remparts, et plus important encore, une rumeur croustillante lui est parvenue aux oreilles lors de son court séjour ; c'est d'une voix plus basse qu'il lui confie. « On raconte aussi que l'impératrice est chaque jour un peu plus rongée par la paranoïa au détriment de sa fille qu'elle garde enfermée, d'après les mauvaises langues elle envisage une fugue. » Des problèmes avec lequel le maître assassin ne se sent pas concerné, que la vérité demeure déformée ou à moitié. De Antiva ceux-ci lui paraîtront encore plus éloignés. Trève de bavardage, Itzal trinque une fois que la boisson arrive sous leur nez ; mais aussi rafraîchissante soit-il pour son gosier elle lui arrache une grimace semblable à celle de son compagnon de beuverie pour la soirée. « Ah, voilà qui est sûr. Bientôt je pourrais enfin en boire une digne de ce nom, je rentre à Antiva. Je te retrouvais peut-être dans une taverne là bas, et je paierais ma tournée. » Ses affaires ici sont réglées, inutile de les évoquer, l'écumeur connaît parfaitement de quoi il en retourne. Sa choppe accrochée dans la paume de sa main, une autre gorgée traverse sa gorge puis s'installe au sein de son estomac déjà bien secoué, mais habitué. Il ne va pas gâcher, quand bien même elle a plus le goût de pisse que de bière.


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le Ven 5 Jan - 17:15


La mort vient du ciel

Il imagine l’albâtre, ses gravures carmines tatouées sous l’habit d’effroi. Les azurites cherchent le rouge, s’échouent, immergées par le charivari des murmures et des voix assourdissantes.  Taillé comme une mécanique cinglante, camarde au macabre plumage. Il le sent, au travers d’une impassible posture : Iztal exsude le crime des peaux qu’il a châtiées. Là où les victimes blêmissent fauchées en plein vol.  Acolytes des nuits d’infamies, le Pyre ne cille pas, l’esgourde attentive aux renseignements délivrés.

Au fond de son portail, la crainte vibre comme un écho lointain. Morsure béante au giron des tréfonds, brèches d’où exultent les plaies incarnates de Thédas. Les monstres ont percés les goulets de terre pour exhaler leur miasme corrosif vers la surface.

 Les engeances...j’imagine que la garde a déjà ses champions prêts pour le noble sacrifice. S’ils ont triomphé les fois précédentes, peut-être réussiront-ils encore.

Le mépris et la verve ironique se diluent dans le cloaque intime des messes basses. La cohorte des bêtes menées vers l’abattoir. La guerre enterre dans son écrin la liste d’une pléiade de plastrons anonymes. Elle a beau déployer les fastes de la gloire, les batailles clament le massacre et réclament un tribut trop indécent aux espèces régnantes. Ezra. Le verbe remplit d’inimités. Sous la ride d’un sourire le dédain étend son territoire derrière ses frasques, ses masques. Le tison  des colères réduit en lambeaux, l’énergumène muselle l’aigreur de ses pensées - les retrouvailles lui plaisent pourquoi tout gâcher ? Les enjeux,  Iztal les comprend mieux – sûrement - lui qui a renoncé aux libertés pour servir la cause des autres.

―  Les opportunistes racontent que les guerres sont propices à l’enrichissement. Peu importe le lieu où on se trouve les pantins et les intrigues sont les mêmes, les nobles ne pensent qu’à s’entre-tuer pour une parcelle de pouvoir.

Les deux nocturnes le savent tous les deux. Antiva dépeint de contigus tableaux. Soif maladive du lucre.Tant que dure les champs de bataille, les entrailles arrivistes se goinfreront des pénuries et des négociants en faillite. Ecumeurs, corbeaux et mercenaires trinqueront à la folie des nobles, la chute précipitée de leur égo. Ezra ne les priera pas de s’entendre pour atténuer leur crainte respective, il profitera des zizanies incrédules pour se mouvoir avec aisance dans cette société alitée d’un mal imaginaire.  

―  Et Tévinter ?

Un tintement, des esclaffement et des mines éméchées éraflent leur bulle de connivence. Ezra prête attention au bruit ; des chants claironnent maladroits de marins accrochés à leur assommoir. Coutumier des silences, il perce le voile des sourdines. Assujetti de l’ancien bastion, prison de son enfance. Il y pèlerine sans cesse dans les songes nocturnes, les tréfonds de ses passagères absences. Lubie entêtante. Les yeux pers amarrés aux iris jumeaux questionnent le roide :

―  Puisqu’on est ici,  autant aller droit au but, je ne veux pas le demander à quelqu’un d’autre, je préfère que ce soit toi, qui fasse le boulot.



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le Sam 6 Jan - 12:28


L’ombre dont tu te pares

L'évocation de la Garde rappelle le traître envolé, méprisé ; quand bien même la vérité reste bien floue. Champions, guerriers, héros, des titres flamboyants, mais tous sont destinés à un funeste destin, en pâture aux engeances. Itzal n'est pas dupe sur quel type d’individus peuvent courir dans les rangs de l'organisation, même s'il n'est pas nécessairement intéressé. Chacun sa charge, eux sauvent la veuve et l'orphelin de l'enclin, lui entasse les cadavres de ses cibles ; le sale boulot que personne d'autre ne ferait toute une envie sans formation digne de ce nom. Plus les carcasses s'entassent, plus les lanières cognent contre son échine, plus les marques sont profondes et regroupées sur des années entières.

Le Corbeau l'a senti, ce mépris de son compagnon, il le partage aussi en un sens, surtout à cause du fuyard. « Tant que les affaires tournent de notre côté, laissons-leur mourir pour leurs convictions. » Chacun son sacrifice, ses convictions, aussi stupides soient-elles ; ou cruelles. Ses prunelles lorgnent encore longuement le liquide niché au creux du récipient, jonglant entre nouvelles et gorgées amères. Itzal en annonce certaines avec une ironie sous-entendue notamment en ce qui concerne l'impératrice et sa fille ; conscient des enjeux sans pour autant en ressentir quelque chose de particulier. Ni pitié, ni amusement, ni contrariété. Simplement un fond de sarcasme. La noblesse s'imagine au centre de tout mais le peuple obtiendra toujours le dernier mot, leur château de cartes s’effondra et la mort les cueillera bien avant qu'ils ne le réalisent ; bien souvent ce sont lui ou ses pairs qui en sont la faux. Ainsi Itzal partage un opinion identique à celui de l'écumeur, son faciès en témoignant. Et Tévinter ? Bonne question. « Je n'ai plus foulé cette terre depuis un moment mais visiblement, nombreux sont les apostats qui fuient là bas. » Rien de grandiose, d'inattendu, le quidam observe d'un œil encore plus lointain les conflits persistant entre Chantrie et mages.

Mais ce n'est pas tout, n'est-ce pas ? Derrière ces minauderies reposantes, les affaires ne sont jamais bien loin derrière. Lorsque le pirate s'exprime, automatiquement une lueur d'intérêt s'exprime chez l'assassin ; il abandonne sa pinte bien entamée afin d'être plus attentif. « Tu sais comment ça fonctionne. Dévoile-moi ce que je dois savoir et je m'occuperais de ton boulot, quel qu'il soit. » Avec compensation, bien évidemment, la précision est futile pour un habitué et lui l'est. Itzal ne compte plus le nombre de fois où des services ont été exécutés de sa main, sans faute. Cela lui fera très probablement un maigre détour avant son retour à Antiva ; son acolyte n'est pas en Orlaïs pour rien, il imagine bien.


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le Jeu 11 Jan - 23:30


La mort vient du ciel



Les esprits s’accordent dans une absolue entente. L’adhésion du corbeau apaise l’animal qui trépigne sous la carcasse de chair humaine. Ils sont ainsi faits de colères et de tourments, de l’ichor de leurs ennemis. Des hécatombes ils en rêvent mais ils ne rasent que la surface des pires sentences.

― Encore ces histoires de...chasse et de...templi -un soupir à demi-blasé aux lèvres-...comme si ça allait les protéger.

Itzal évoque les décors des terres par-delà l’écume et la houle orageuse. Les grondements d’une rébellion inaudible. Le rejet des cercles, le dogme abusif, les hérauts de la chantrie au museau dressé et à la gueule entrouverte à l’appel d’un sang frais nouvellement corrompu. Ce qui pousse mage à l’insanité le laisse coi, lui l’inconnu à leur rites et usages. Son dernier souvenir remonte au temps de la captivité ; deux lucarnes ingénues ouvertes sur le monde, bouche aphasique devant le présent du Créateur.  Fasciné par les enfants tevintides prodiges, aigri de leur élitisme.

― Je cherche à me procurer une arme...disons un peu...magique, pour quelqu’un, j’imagine que tu dois avoir quelques pistons ?

Rey des océans, trônant dans cette mer de visages anonymes, chapelle des manigances. Il dévoile au fil de ses projets, la raison de sa présence. Ce pâtre faussaire veille sur ses ouailles malicieuses - les mains d’or - comme il les nomme, les mages de son troupeau sont excessivement couvés. Il ne les purge d’aucune tendresse, absence d'amour paternel déclamé, seule une vision opportuniste subsiste pour préserver son statut et son monopole parmi les loups pugnaces sillonnant les eaux salées de Thédas.

― Puis autre chose, évidement j’y mettrai le prix. Je cherche un homme Ezio Morden – sa main libre mime la hauteur d’une carrure modeste à taille d’homme – un nain. Un membre de la carta, officiant au tévinter, un indic d’Antiva...mais chouia problème, aucune nouvelle, alors que nous faisions "commerce" ensemble. Je dois savoir s’il est en vie ou non, s’il parle ou pas, sinon ça pourrait me poser de gros problèmes...

Une main pensive vient s’échouer contre son front. Le regard s’immole prêt de l’âtre avant d’esquinter d’une œillade, la façade immuable du sicaire. L’aveu d’un futur contrat s’est fondu dans le souffle alcoolisé de l’écumeur.  Ses inquiétudes sont meublées à l’arrière de son esprit, les sourcils se froncent pour signifier du degré primordial de cette affaire. Il se révèle loquace, les effluves sirupeuses entaillant ses réticences.

― Bref, pas de ...tu sais quoi. Même s’il y a encore des hommes que j’aimerai…

Il s’interrompt ; l’esprit bestial en alerte sur la faune des alentours. Il craint l’oreille indiscrète et lorgne contre les regards insistants et pointant dans leur direction. Parmi les vivants, les bourreaux respectifs usent de stratagèmes pour se mouvoir pattes blanches parmi les pauvres hères. Un sourire prend gouverne sur cette bouche entre joie amère et fugace complaisance. Il regrettera probablement ses peccavis incendiaires.

― La vengeance, il paraît que ça pourrit le cœur des hommes.

Aucun alcool aux vertus capiteuses n’amoindrissait les coups de sang.



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le Lun 15 Jan - 11:31


L’ombre dont tu te pares

La curiosité clignote presque au sein des prunelles du maître Corbeau lorsque son acolyte de la soirée lui demande des renseignements à propos d'une arme "un peu magique" ; tiens donc. Itzal suggère qu'il s'agit là de ce dont les mages se servent afin de canalyser leurs pouvoirs mais il n'est pas expert sur le sujet. De ce qu'il sait, souvent, ces équipements revêtent l'apparence d'un simple bâton. Si il ne rétorque pas à la seconde, prenant son temps, comme régulièrement concentré sur les bougres à proximité et un minimum alerte, il lui confie sa meilleure piste ; « Je crois avoir une piste... Il y a un entrepôt un peu plus au sud, l'entrée est gardée mais l'arrière est plus libre d'accès. Plus tôt j'ai observé des Templiers qui venaient remettre deux bâtons et je doute que ceux-ci soient leurs armes de prédilection. Ils appartenaient probablement à des mages. » La plus pertinente qui ne se base pas uniquement sur des rumeurs mais des faits épiés de ses propres yeux lors de sa route. Itzal se demande bien ce qu'il en fera, de cette arme magique, à qui il envisage de la confier, mais cela ne le concerne en rien ; il ne se mêle pas de ces affaires si on ne l'invite pas à le faire.

Arrive bientôt sur le tapis un nom qui une fois encore, ne le laisse pas complètement vide d'expression. Ce bougre, nain du Carta, s'est récemment vu éliminé après avoir semé bon nombre de problèmes sur son sillage ; même au sein de sa propre organisation. « Morden ? Il n'y a pas que toi à qui il a fait faut bond, mais les Corbeaux lui ont rendu la monnaie de sa pièce. Il n'est plus là pour en témoigner désormais, ni de ceci, ni de quoi que ce soit. » Mort, pas de sa main, de celle de l'un de ses compères assassins ; la nouvelle est récemment remontée jusqu'à lui. Ezio ne s'est pas montré très malin alors qu'il menait plutôt bien sa barque mais un faux pas de ce type n'épargne pas. « Ceci dit, mon confrère a récupéré un parchemin qu'il avait en sa possession. Y'a-il un quelconque rapport avec ton affaire ? »

Itzal retourne s'imprégner de son silence ainsi que de sa dégustation amère, achevant sa boisson, ne laissant plus qu'une choppe cadavérique ; légèrement grimaçant quant à la qualité. Il ne peut restreindre un sourire, lui aussi, aux paroles. « Pas seulement la vengeance. La torture, le meurtre... Le cœur termine gangrené, crois-en mon expérience. » Sous-entendu évident, il évoque son propre organe vital, chatoyant depuis des années de son ton rougeâtre naturel à une noirceur certaine. Probablement. L'unique moyen de vérifier serait qu'on le lui arrache sous son nez avant qu'il ne s'éteigne à son tour, comme toutes ses victimes emmenées dans la tombe. Mais c'est surtout une métaphore, un état d'esprit, plus qu'une réalité. « Et la boisson aide au réconfort, même de piètre qualité. » Termine l'assassin chevronné qui en recommande une autre, peut-être dernière, tout dépend. Il s'éclipse seulement le lendemain et la soirée s'étend encore devant eux.


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le Dim 21 Jan - 20:19


La mort vient du ciel



Comme deux antipodes qui se percutent ;  sans regrets a avoir évidé la peur et la douleur de leurs poitrines, pour discourir des horreurs amantes du genre humain. Les massacres font pleuvoir d’anciennes visions hasardeuses, mais le Pyre le sait, sans s’offusquer, rien ne pourrait égaler la liste des condamnés que les sers d’un corbeau ont un jour entravés.

―  Qu’est-ce qu’un écumeur peut-il prétendre savoir d’un corbeau ?

La bête jappe et son crachin vient se répandre en dehors des entrailles, entrelacées de vice et de vertu. Quand le poupin naît immaculé puis voit son visage mâchuré vieillir parmi ses semblables.  Ses sourires en ciguës à cette bouche orageuse. La vérité lui casse court son bonheur, et son corps entier vocifère dès que le verre vide frôle le bois.

―  Me faire voler dans les plumes par un corbeau…

Le bourreau a sonné l’hallali et les mains d’un autre sont parsemées d’écarlate. L’écumeur inspire, le poison des effluves logé dans ses poumons. L’annonce le foudroie mais aucune tempête n’assombrit le bleu qui se harponne au corbeau.

― On avait un accord, mais c’est tombé à l’eau et ce type à un acompte de trop qui traîne dans ses poches maintenant...

Ce fils de rat, suspendu aux mamelles pleines d’une organisation licencieuse. Carta une louve qui se fait araignée et serpent. Le pouvoir chimère répugnante, elle le croque avide, tandis que ses vaillants soldats ; tarets immondes et palpables, enlacent thédas de leur putrescence.

―  Peut-être, sais-tu qui a ordonné son exécution...le carta ?  Et tu veux me faire croire qu’il n’avait qu’un bout de papier sur lui ? Je n’ai rien fait rédiger, mais je ne lui faisais pas confiance…

Aucune preuve, fruit d’un échange compromettant. Du haut de son perchoir, où le malheureux à déchu, il mire le cadavre qui gît quelque part dans le royaume. Un rictus comme une profonde cicatrice crayonnée au couteau en guise d’ouverture. Indélébile arrogance. Un jour, le glas sonnera pour sa personne d’avoir prétendu se lier aux coup-jarrets, puisqu’un corbeau n’a ni frère, ni ami et une seule et unique maîtresse. C’est peut-être eux, les vrais maîtres d’Antiva.

Las, d’admettre une défaite devant un oiseau de proie, il préfère l’accalmie. Ezra se penche, les pupilles versatiles affaissées pour épouser une seconde confidence,  un murmure à l’oreille du rouquin ;

―   Comment et quand...peut-on s’y rendre ? Je ne reste pas suffisamment longtemps, alors aurais-je besoin d’hommes ?

Il n’a pas oublié, les premiers bribes, le trésor qui se dessine, le trophée maigre d’une nuit à acquérir.

― Je te demande pas de faire ça seul, mais tu peux venir avec moi.


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le Lun 22 Jan - 15:34


L’ombre dont tu te pares

Rictus instantané mais éphémère à la réflexion de l'écumeur, il ne rétorque rien, c'est inutile, ils se comprennent. Pourtant tout n'est pas parfait, comme il l'affirme si bien, l'un de ses collègues lui a indirectement volé dans les plumes. Ce Morden crée encore des tensions même dans la tombe et d'une oreille attentive, Itzal soupçonne une amertume évidente ; et censée surtout.

Le parchemin n'était pas unique, les poches du nain croulaient sous le poids de l'or mais celui-ci n'aura pas suivi sous terre sa victime ; le Corbeau ne l'avait simplement pas précisé, volontairement même, afin de laisser le bougre à ses côtés s'exprimer. « Non, pas que, il est revenu les poches pleines... Mais la bourse a été récupéré par le Carta, également commanditaire, en effet. Ce n'est pas étonnant. » Neutralité encrée dans les mots, les expressions, les gestes, est-il nécessaire de s'attarder sur cette affaire ?

Le rouquin accueille le contact visuel après le murmure soufflé à son oreille, rendant finalement la pareille à l'écumeur pour que le partage d'informations puisse se faire en bonne et due forme ; loin des autres oreilles indiscrètes qui pourraient être intéressées. « Pour ton infortune, je t'accompagnerais, à nous deux cela suffira une fois à l'intérieur. La nuit est propice pour récupérer ce que tu cherches, et tu peux envoyer tes hommes pour faire diversion en extérieur ; créer une agitation qui détournera leur attention le temps qu'on se faufile. » Soucis cependant, Itzal en informe le quidam qui séjourne à ses côtés avant de s'éloigner immédiatement. « Mais si j'étais toi je n'attendrais pas trop longtemps, ils prévoient de vider l’entrepôt après demain tôt dans la matinée. Au mieux il faut agir demain, ou ce soir. » C'est une manœuvre pressée, qui laisse place à l'imprévu, mais après tout un plan ne se déroule jamais parfaitement comme il est énoncé, peu importe si il est préparé longtemps à l'avance.


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le Sam 24 Fév - 14:14



La mort vient du ciel



Il y avait ce goût pour l’audace et ce parfum d’interdit. Ils imprégnaient la scène, comme le fumet infecte qui se dégageait de ces lieux de perdition. Le capitaine arpenta les rues dépourvues d’âmes errantes, pour en arracher d’autres condamnables à leurs bassesses ou sommeil. Des ordres aboyés, des jurons qu’on réservait pour ces gibiers de potence.

Parmi le plus joli des plis et les postures se cache l’imperfection. Il s’y raccroche, brutal bestial carnassier. Dans un éclat de voix, le claquement d’une porte à la volée ; telle une armée des morts attentive au cor de guerre, les écumeurs s’éveillaient. Comique et futile fut la scène des grognements sourds et des fusillant regards. L’imprévisible, frère et spectre de leur pérégrination, les museaux hargneux pointés vers le trouble-fête.

― Bougez vos culs les chiures, y a du travail.

[***]

Les dernières paroles qu’il avait prononcées à Iztal refirent surface avant de s’envoler : le temps est une histoire d’argent, alors ne le perdons pas. Ces mots, ces principes souverains tendus en paradoxe. La vérité désenchantée à leur son ne s’offusque point, elle sait. Elle connaît de l’homme tout le mensonge effronté et l’habit faussaire qui l’enrobe. L’idée nouvelle et oppressante que délivre la quête du jeu, où la rapine est érigée comme unique et précieux moyen d’arriver à son achèvement.

Il ne lui fallut pas plus d’une heure pour organiser un semblant de chaos. La silhouette d’Itzal se détacherait de l’ombre, pour les emmener ensuite vers l’entrepôt où reposait le butin promis. Sa voix s’éleva encore, un murmure pernicieux au milieu de nuit :

― J’ai demandé de simuler une bagarre, peut-être iront-ils en prison mais on finira par les lâcher après, c’est un petit sacrifice.

L’entreprise aurait pu paraître dangereuse et pourtant, le forban et le corbeau se trouvaient là, postés en éclaireurs attendant le signal pour frapper depuis leur cachette.

― Quand j’étais petit, on me disait toujours : fais-ça vite et bien.

Ne te fais pas prendre. Une tentation qui s’apprend aux dépens de l’enfant. Un picotement infime que le cuir isolant redessine, à l’endroit où la chair et les os manquent. L’oeil rompt son inspection aux phonèmes qui s’échouent dans le ventre goulu de l’obscurité. L’écumeur retient son souffle, déjà les jurons transgressent le repos des mortels, une agitation perceptible, le corps s’agite en silence, joueur devant leur intention. C’est une entrée tumultueuse qu’il ne peut qu’imaginer, où les hommes la panse revigorée, aboient pour alerter leur gibier ; les membres bandés, à user du fer et des poings bons à détonner.
Violence muette. Un soubresaut dans la nuit.


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le Mar 27 Fév - 11:14


L’ombre dont tu te pares

C'est plus rapide que prévu. Mais après tout, comme l'écumeur le lui a si bien indiqué, le temps est une histoire d’argent, ce qui n'est pas en contradiction avec la quotidien du Corbeau. Leur objectif est clair, à portée, il aurait été inutile de perdre plus leur temps à se remplir le gosier avec ce qui ressemble plus à de la pisse que de la bière.

Itzal lui laisse le soin d'organiser la petite troupe de pirates sous ses ordres tandis qu'il scrute pour sa part le terrain tout en faisant office de guide, un peu d'éclaireur. Il ne s'inquiète pas de leur réussite en prenant en compte ses propres compétences ainsi que celles de Ezra. Une fois suffisamment proche de l'entrepôt mais à l'abri des regards, ils en profitent encore pour échanger à haute voix ; juste après uniquement des œillades ou des murmures seront nécessaires. L'assassin hoche tout de même la tête, peu bavard, mais pas sourd. « Faisons ça vite et bien, alors. »

Clairement il ne s'inquiète pas des hommes du capitaine, assez grands pour se débrouiller même s'ils terminent un moment en prison. Ce ne doit pas être la première fois. Il observe plus loin la simulation de bagarre qui attire sans mal les gardes de la zone gardée. Dans l'obscurité s'élèvent les voix, des jurons, des bruits sourds de poings et de fer. Parfait. Itzal fait un signe concis à l'aide de ses deux doigts quand la voie est libre pour qu'ils s'amènent au niveau de la porte arrière. Tel deux ombres dans la nuit.

C'est lui qui naturellement, s'occupe de crocheter la serrure à l'aide d'un crochet tout droit sorti de sa poche, récupéré un peu plus tôt dans la soirée. En parallèle il laisse l'écumeur faire le guet peu de temps, car bientôt le verrou cède, la porte s'ouvre - grinçante. Automatiquement ses prunelles scrutent l'intérieur dans la pénombre, sans étonnement, mais probablement équipé de quelques pièges. Dans le doute il avance prudemment et prend ses repères, en tête de file, content qu'un filet de lumière passe depuis les uniques vitaux en hauteur. C'est un véritable capharnaüm à l'intérieur. De nouveau il fait un signe, indiquant à son collaborateur de se rendre à gauche tandis qu'il s'occupera de la droite.


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le Dim 25 Mar - 18:07


La mort vient du ciel



Un corbeau et un rat.
Ils mènent la danse et commettent l’impair sous le nez d’une organisation trop puissante et draconienne. L’écumeur n’en a pas conscience et l’ainé se moque bien des conséquences.

Pas vu, pas pris.

― Quel merdier.

Capharnaüm. Et pourtant ça ressemble à ces vieux bazars sur des marchés ambulants, des greniers ou caves de demeures abandonnés par leurs propriétaires.  La cale d’un  navire un jour dévastée. Le calme s’effrite au fur et à mesure que l’oeil méfiant inspecte et que les doigts commencent à fouiller dans l’obscurité à la recherche d'un indice. La lumière s’échappe en minces filets au-dessus de leurs têtes. Le vacarme extérieur couvre leurs propres sons.

Il n’a pas vraiment peur gamin, il a oublié cette sensation d’un pris sur le fait. Aujourd’hui il sourit, l’air arrogant à ses ennemis. Quand leurs visages ne lui reviennent pas des couteaux volent et des gorges sautent.

― Et ça…

La magie, les sortilèges, un domaine inconnu pour un inculte de son acabit. Il y a bien un ou deux érudits sur ce navire de malheur qui pille des innocents pas si angéliques que ça, ils tentent de le faire croire mais perdre contenance quand leurs ventres dévoilent des hommes enchaînés pour un pays qui crache sur la liberté. Ah ! Foutu endroit ! Tévinter revient le tourmenter, comme un vieux fantôme tenace.

― Itzal.

Le nom résonne dans la pénombre étouffante comme une trouvaille au beau milieu de la nuit. Ses mains enlacent, puis maintiennent fermement l’objet de ses convoitises entre ses doigts. Il se retourne vers son compagnon pour en présenter le larcin, une expression aussi interloquée qu'incrédule peignant son visage :

― Et ça, c’est bien ce que je crois non ?

Il regretterait presque l’absence d’un mage en sa compagnie pour tester l’artefact et vérifier ainsi son authenticité. Un petit sort pour incendier la bâtisse et cracher sur les bourreaux. Un acte de vandalisme qui n’amuserait que lui et ferait bouillir de colère des ennemis dont il ne mesure pas encore la dangerosité. Dont il se fout complètement. Comme une hésitation qui l'enlace et pourrait bien causer un beau jour sa perte.

― On doit partir…

L’idée d’une altercation ne l’effraye pas, bien au contraire, mais probable que le corbeau n’avait pas envie de s’ennuyer avec de nouveaux problèmes provoqués par une bande de forbans voleurs et pugnaces qui lui tenaient pour ce soir compagnie.


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le Mer 4 Avr - 14:49


L’ombre dont tu te pares

Quel merdier, pour sûr, Itzal ne risque pas de contredire son acolyte. Dans quel affaire se sont-ils encore embourbés ? Plus accoutumé aux assassinats qu'aux fouilles dans des entrepôts fermés - surtout à la recherche d'un bâton magique, ses repères ne sont pas les mêmes. Le Corbeau ne met pourtant pas moins la patte à la tâche et ne s'inquiète pas si jamais un imprévu, comme un garde les surprenant, venait à pointer le bout de son nez. L'expérience les borde assez et ils savent se défendre, éliminer les témoins gênants ; même si Itzal préférerait éviter.

S'ils restent hors de vue le temps de récupérer ce dont ils - ou plutôt Ezra a besoin, c'est suffisant. Il s'achemine à travers les pseudo allées mal rangées. Bientôt, le voilà qui met la main sur un objet qui correspondrait à la description mais qui malheureusement, semble scindé en deux et sûrement inutilisable. Un soupire plus tard, c'est finalement son compagnon qui l'interpelle. Il scrute un instant le colifichet. Loin d'être expert avec tout ce qui tourne autour de la magie, il suppute pourtant que c'est la bonne pioche. Sûrement. « Je m'y connais autant que toi sur le sujet. Ils se ressemblent tous, alors pour différencier le magique du faux. » Seul un mage serait en mesure de faire la différence, mais aucun des deux ne l'est. Et ils doivent partir.

Itzal se contente de poser sa main sur l'objet tenu par l'écumeur puis ajoute ; il ne sent rien, sans surprise. « Allez, nous n'avons qu'à dire que c'est lui. Filons. » Si ce n'est pas son genre de bâcler ses affaires, il n'y a pas grand chose d'autre à faire dans le cas présent, à moins de s'encombrer de tous les bouts de bois qu'ils dénicheraient dans l'entrepôt. Dans le pire des cas, la prochaine fois, la présence d'un mage sera bénéfique. Il emboîte le pas de son comparse en direction de la sortie où par chance, personne ne les attend. Seulement un peu plus loin, sur leur trajet avant d'être suffisamment éloigné et hors de portée, un sifflement leur parvient aux oreilles. L'ombre d'un garde dos à deux, en train de se soulager. Le Corbeau offre une œillade à Ezra. Ils ont le choix : passer discrètement derrière lui ou interrompre sa pause en lui ôtant la vie. Dans sa jeunesse, ou même quelques années plus tôt, c'est la deuxième option pour laquelle Itzal se serait dévoué. Maintenant, il préférerait la première.


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