SONNE LE CLAIRON (ARIEL) [FB]

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le Dim 4 Fév - 22:26



sonne le clairon
Alaric & Ariel

« Mais loin là-bas, quelque part dans le ciel, une voix m'appelle ; n'oublie pas qui tu es. Si tu perds espoir ton courage va retomber, relève toi ce soir, n'oublie pas qui tu es. »
Je me suis enfin décidé à aller voir mon unique aîné, à ce que nous ayons cette conversation nécessaire, comme je viens de l'avoir avec Anthelme. J'en garde d'ailleurs quelques séquelles sur mon faciès, heureusement peu visibles mais pas invisibles pour autant. Avec Ariel je sais que j'aurais le droit à des reproches et je regrette d'avoir mis tant de temps malgré mon deuil, ainsi que tout le reste... Dire que j'aurais pu mourir sans le revoir, lui, le reste de la famille. Je réalise l'inquiétude, je me suis montré égoïste, bercé par mon chagrin. Mon mental sera-il suffisamment solide pour lui faire face ? Plus je me rapproche de ses quartiers plus mes pas perdent en énergie, comme si celle-ci était aspirée par le sol. Bientôt je me retrouve nez à nez avec la porte ; j'inspire un bon coup avant de frapper. « Ariel, je peux entrer ? C'est Alaric. »

Automatiquement j'ai un pincement au cœur et mon rythme cardiaque s'accélère un tantinet. Je ne me souviens que trop bien de sa réaction lorsque je l'ai revu au chevet d'Armand, encore maintenant tout ceci me hante, en plus de mes propres démons. Peut-être aurais-je dû boire un peu avant de venir, mais à y réfléchir, ça n'aurait pas été sage. Ma consommation d'alcool en elle-même ne l'est pas en vérité. Quand je suis invité à l'intérieur, je reste longuement sur le pas de la porte à lorgner Ariel ; mes prunelles doivent trahir toutes les émotions qui me traversent et me bousculent en cet instant. Je n'ai clairement pas les mêmes qu'avec Anthelme que je peine encore à comprendre. Mon grand-frère lui, est toujours un modèle à mes yeux, ou presque, beaucoup de choses ayant changées ces derniers mois... Sauf une : toute l'affection que je lui porte. Dernièrement voilée comme celle que je porte à ma famille mais toujours présente. « Je t'avoue que je ne sais pas par où commencer, mon frère... »

J'ai envie qu'il me prenne dans ses bras. Voilà trop longtemps que je n'ai pas eu une accolade fraternelle et je l'avoue, cela me manque terriblement. Si je pourrais bien évidemment faire le premier pas je n'ose pas, j'ai l'impression que je ne le mérite pas, tête baissée tel un enfant qui s'attend à se faire gronder. « J'ai... Je suis désolé. J'aurais dû reprendre contact bien plus tôt. Vous m'avez tous tellement manqué. Tu m'as tellement manqué. » J'avais tellement peur de les perdre encore que j'ai mis de la distance mais au final, la peine n'en est que plus forte, plus intense ; et j'ai toujours cette crainte qui augmente avec l'état de Armand.
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le Jeu 8 Fév - 17:34



Sonne le clairon
Alaric & Ariel

« Then from on high somewhere in the distance, There's a voice that calls "Remember who you are. If you lose yourself your courage soon will follow. So be strong tonight. Remember who you are." »
Pour une fois, Ariel se trouve quelque peu perdu. Lui qui sait toujours quoi faire, à quel moment, est actuellement en pleine déconvenue. Trop de ressentis contenus, trop de choses qu'il aurait aimé dire mais qu'il a préféré garder pour soi... Tout cela a fini par lui exploser en pleine figure ; comme il s'y attendait, à vrai dire. L'état d'Armand et le retour d'Alaric à Lydes avaient été les gouttes d'eau faisant déborder le vase. Aussi, il a jugé plus sage de se retirer, avant de prononcer des paroles regrettables devant le benjamin de la famille en pleine convalescence. Heureusement, Aloïs n'a pas tardé à le rejoindre, et sa présence a été un soulagement certain.

Mais à présent, Ariel est une nouvelle fois seul. Installé derrière le bureau qu'il a récemment fait installer dans cette pièce, il passe en revue les derniers comptes du domaine, scrupuleusement... Lorsque des coups presque timides résonnent, accompagnés d'une voix toute aussi incertaine. Une voix qu'il reconnaît avant même que son propriétaire ne s'annonce. Bien qu'il hésite l'espace de quelques instants, l'aîné donne tout de même l'autorisation à son frère d'entrer. Il ne pourra pas jouer à l'autruche éternellement, et il le sait.
Restant confortablement assis dans son fauteuil, il porte ses prunelles inquisitrices sur Alaric, tandis qu'il l'écoute présenter ses excuses, l'air penaud. L'envie de se lever pour aller l'étreindre est forte, mais pas tout de suite, se serine-t-il. Pas encore. Avant, il a un message à faire passer, et il veut s'assurer qu'il sera bien compris. Même si pour cela il doit se montrer dur.

- Alors tu te souviens que tu as une famille, maintenant ? Quelle surprise, je commençais à croire que tu avais perdu la mémoire à force de errer comme une âme en peine. Oh, mais attends, à l'évidence ce n'est pas le cas, puisqu'il semblerait que tu aies eu des contacts avec Aveline ? Dis-moi, mon frère, poursuit-il en insistant sur ces mots, pourquoi elle, et pas nous ? Peut-être ne sommes-nous pas dignes de te savoir en vie ?

Chaque syllabe est prononcée avec assurance, sans le lâcher du regard. Ariel quitte son siège pour s'approcher de quelques pas, la mine fermée. Un infime sourire qui n'a rien de chaleureux s'esquisse sur ses lèvres, quand il réalise ce qui se trouve sur le visage de son cadet.

- Anthelme et toi avaient déjà "discuté", à ce qu'on dirait. Je suppose que ça a été constructif ? J'apprécie sa tendance à aller droit au but, dans ces circonstances. Et puis soudainement, fait suffisamment rare pour être souligné, il hausse la voix. Il ne crie pas, mais presque. Quand on le connaît, c'est tout comme. Comment as-tu pu te montrer aussi inconscient et égoïste ? Que crois-tu que nous avons pensé, sans nouvelles de toi pendant si longtemps ? Penses-tu qu'il suffise de revenir la bouche en coeur en balbutiant quelques pâles excuses pour être pardonné ? Tu ne réalises manifestement pas la peur et l'angoisse que tu nous as fait subir, Alaric !
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le Jeu 8 Fév - 19:22



sonne le clairon
Alaric & Ariel

« Mais loin là-bas, quelque part dans le ciel, une voix m'appelle ; n'oublie pas qui tu es. Si tu perds espoir ton courage va retomber, relève toi ce soir, n'oublie pas qui tu es. »
Je pensais avoir déjà touché le fond, être si brisé que je n'expérimenterais pas pire comme ressenti... mais je me trompais. Face à mon aîné, face à ses paroles qui m'atteignent à la manière d'une lance de vérité en plein cœur, je suis complètement déstabilisé. Je ne le blâme pas, au contraire, je réalise seulement encore plus mes erreurs, mes mauvais pas, et surtout leurs conséquences que j'accueille maintenant. Comme Anthelme la confrontation est dure, sévère ; ça me touche profondément. C'est encore égoïste de ma part, de croire que de simples excuses réussiraient à faire en sorte que tout redevienne presque comme avant. Je reste ainsi bien bêta face à Ariel qui se rapproche après avoir atteint des points sensibles, notamment en évoquant mes missives avec Aveline. Si je lui ai répondu, je n'avais pas eu le courage nécessaire pour faire de même avec le reste de la famille ; je m'en veux terriblement. Plutôt que de chercher à me justifier je baisse la tête, à la manière d'un enfant qu'on gronde, même si je relève cette dernière aussitôt que Anthelme est évoqué. Sans étonnement, Ariel n'est pas dupe, mon silence et surtout mon expression lui donnent raison.

Je me sens toujours aussi bête, toujours aussi coupable, une boule coincée dans ma gorge tandis que ma cage thoracique est douloureusement comprimée à l'intérieur. La tempête fait autant rage à l'extérieur, avec Ariel, que j'observe le cœur gros. « La vérité, c'est que je n'ai pas eu assez de courage, jusqu'à maintenant, mais c'est une bien piètre excuse qui ne pardonne pas toute l'inquiétude que je vous ai infligé. Je l'ai compris avec Anthelme, en effet. Avec toi, c'est encore plus douloureux de l'entendre, pourtant c'est la vérité... C'est... » C'est du Ariel tout craché. J'inspire un bon coup plutôt que de me laisser plus aller que ça, surtout avec mes yeux déjà humides sous l'effet de toutes ces émotions. Voilà également pourquoi je craignais tant de revenir mais si j'avais attendu plus, les retrouvailles auraient été encore moins chaleureuses qu'elles le sont actuellement ; et elles ne le sont pas.

« Désormais, c'est trop tard pour revenir en arrière. Pour ça comme pour le reste... » Je respire à nouveau, entre deux, les prunelles qui lorgnent plus le sol que mon frère ; inutile de dire que je n'ose lui révéler à quel point je me suis mis en danger inconsciemment. Anthelme le sait, en revanche : je suis passé à deux doigts du trépas. Comme Armand. Grâce à l'état de mon cadet j'ai commencé à prendre conscience de mon attitude affreuse. « Je ne vous infligerais pas à nouveau un silence sans fin. Mais je ne peux promettre de rester indéfiniment sain et sauf, quand bien même je fais attention, maintenant que je suis Garde. Encore une décision irréfléchie. » J'essaye de prendre sur moi malgré mon chagrin, après tout, si je ne suis pas responsable de mes pertes - donc de mon deuil je suis responsable de mes actes envers ma famille. Peut-être est-ce pour cette raison que les fantômes de mes aimées ne me laissent pas en paix, que la plaie encore à vif n'arrive pas à se cicatriser ? « Peut-être ne me pardonneras-tu jamais complètement. » Mon frère. Et si j'étais mort en même temps que Lise et Blanche ? Je n'en serais pas arrivé là. Non, je chasse immédiatement cette pensée empoisonnée et négative de mon esprit ; même si il est vrai qu'elle m'est souvent apparue.
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le Lun 12 Fév - 11:11



Sonne le clairon
Alaric & Ariel

« Then from on high somewhere in the distance, There's a voice that calls "Remember who you are. If you lose yourself your courage soon will follow. So be strong tonight. Remember who you are." »
Ses mots sont durs, mais honnêtes. Ariel préfère crever l'abcès maintenant, plutôt que de laisser l'amertume et la rancoeur lentement gangrener et pourrir ce qui reste de leurs liens. Un mal pour un bien, en quelque sorte. Cependant, la détresse qu'il peut lire sur les traits d'Alaric le touche ; évidemment. Cet idiot reste son petit frère, celui qu'il a toujours tenté de préserver du reste du monde. Un cuisant échec, qui continue de le hanter. Au fond, c'est de sa faute. La dérive d'Alaric est de son fait, car s'il avait été en mesure de contrecarrer les funestes manigances qui ont menées à la disparition de Lise et Blanche, rien de tout ceci ne serait arrivé. Et son frère ne serait pas condamné à mourir dans un avenir plus ou moins proche, rongé par la Souillure.
Un jour, il le lui dirait. Peut-être pas aujourd'hui, ce serait admettre qu'il a eu tort, commis des erreurs, et Ariel de Lydes ne commet jamais d'erreurs, allons.

L'aîné soupire en fermant brièvement les yeux. Réfléchir à ses prochaines paroles est plus difficile qu'il ne l'aurait cru. Doit-il continuer sur sa lancée, ou bien s'adoucir ? Alaric semble avoir intégré sa leçon, insister serait plus de la cruauté gratuite qu'autre chose. Son but n'est pas de le dégoûter de sa propre famille. Voilà pourquoi la seconde option obtient finalement ses faveurs.
Ariel couvre ce qui reste de distance entre eux, et vient le prendre dans ses bras. Comme quand ils étaient enfants, il lui passe une main sur les cheveux, un geste rassurant qui, l'espère-t-il, le sera encore tout autant même aujourd'hui.

- Tu n'es qu'un crétin, mon frère. Mais un crétin auquel je tiens par dessus tout. Alors ne t'avise plus jamais de me faire un coup pareil, sinon je te jure que je viens te chercher moi-même. Tu n'apprécierais pas.
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le Lun 12 Fév - 18:22



sonne le clairon
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« Mais loin là-bas, quelque part dans le ciel, une voix m'appelle ; n'oublie pas qui tu es. Si tu perds espoir ton courage va retomber, relève toi ce soir, n'oublie pas qui tu es. »
Quand je vois Ariel soupirer à nouveau, les yeux clos, je crains qu'il ne me réprimande encore, qu'il me congédie même sans attendre. Autant que je me prépare au pire, non ? Je garde ma tête bien basse, tout comme mon regard, peu à l'aise de son silence. Ai-je finalement commis irréparable dans notre relation fraternelle ? Mais non, mon aîné s'approche et me prend dans ses bras. L'espace d'un instant je retiens un hoquet de surprise, clairement visible sur mon visage, puis j'enroule à mon tour les miens comme il se doit. Si mon cœur est toujours serré par le chagrin et les regrets, au moins il se réchauffe un peu. J'accueille les paroles d'Ariel avec un grand soulagement. Finalement, je me laisse complètement aller contre lui - déposant la honte qui me pèse sur le côté, comme quand nous étions enfants. Mes paupières sont fermées et je ne cache pas que la main dans mes cheveux me rassure davantage. Encore quelques minutes je ressens le besoin d'être blotti contre lui, même si l'émotion me rattrape plus vite que je ne me l'imaginais. « Ariel... » Ça m'avait tellement manqué.

Lorsque je me redresse et que le contact visuel se recrée, moins ambiancé par les tensions, je lui souffle avec un faible sourire qui n'en est pas moins sincère ; « Plus jamais. J'ai compris la leçon. » Une larme traîne d'ailleurs sur ma joue, je peux la sentir, je n'ai pas pu la retenir. C'est comme une deuxième chance que l'on m'offre, que mon aîné m'offre, une chance inestimable. Oh je sais que je ne suis pas complètement pardonné mais je ne suis pas non plus devenu un indésirable dans la famille. Rien que savoir ceci me soulage à un tel point... Pourquoi ai-je douté, les connaissant ? Je suis bien un crétin, oui, mon aîné n'a pas tord. « Tu n'as pas changé, mon frère. C'est bon de te revoir. » Malgré les circonstances, il faut le dire.
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le Jeu 15 Fév - 12:02



Sonne le clairon
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« Then from on high somewhere in the distance, There's a voice that calls "Remember who you are. If you lose yourself your courage soon will follow. So be strong tonight. Remember who you are." »
Une chose est sûre, rien ne serait plus jamais pareil dans la fratrie de Lydes. Comme elle semble loin, l'époque où Ariel observait d'un oeil amusé Aria s'exercer à la magie avec fierté, où Armand rêvait d'aventures sans encore les vivre, où Aveline n'était qu'une enfant vive jouant aux côtés d'un Anthelme plus facétieux que jamais, et où Alaric était un garçon discret, qui se contentait de suivre sagement le courant sans faire de vagues. Tout cela lui manque. Cette insouciance, ces années où il lui paraissait que rien ne pourrait jamais les séparer. Faire le comparatif avec la situation présente lui fend le coeur. Aria, captive au Cercle de Val Royeaux, Armand devenu Chercheur de la Vérité qui a frôlé la mort, Aveline qui manigance à la cour impériale, Anthelme se trouvant un peu désoeuvré et tournant en rond comme un lion en cage, et Alaric...

En s'écartant de son cadet, Ariel enfouit à nouveau toutes ces choses dans un coin. Il préfère adresser un sourire rassurant à son frère. Inutile d'en rajouter une couche, lui aussi doit regretter ce temps où tout semblait plus simple. De son pouce, il vient chasser la larme qui glisse le long de la joue d'Alaric, puis s'écarte pour aller attraper une petite pâtisserie se trouvant un plateau laissé sur un coin du bureau.

- Bien entendu que je n'ai pas changé, je suis figé dans le temps, n'es-tu pas au courant ? Sinon comment expliquer que je paraisse toujours aussi jeune ? Comme pour appuyer ses paroles, il glousse discrètement et propose d'un geste de la main à son frère de se servir, s'il en a envie. Toi en revanche, on croirait presque tu es plus vieux que moi, à présent. Et Andrasté, l'état de ta crinière. Mais ce ne sont que des préoccupations futiles d'orlésien, après tout. Dis-moi, comment ça se passe à la Garde des Ombres ? J'ai toujours été curieux de savoir.
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le Ven 16 Fév - 10:51



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Une nouvelle ambiance s'installe progressivement et je ne suis pas mécontent. Je ne me sens pas d'attaque pour que nous ne nous déchirions plus sur ce qui aurait pu être fait et n'a pas été fait, pour être bercé par la triste nostalgie du passé même si techniquement, c'est mon cas. Ma larme en témoigne avant d'être chassée par Ariel, qui ne change pas d'attitude à mon égard. Même si je dois bien avouer que je ne m'attendais pas à la suite, restant un instant bouche bée face aux propos qui sortent de sa bouche ; oh ils n'ont pas pour objectif la méchanceté mais la taquinerie. Ce qui l'air de rien, me pousse instinctivement à glisser ma paume au niveau du bas de mes yeux, écumant un peu mon visage à la recherche de quelques rides... Ce qui est un peu inutile, un miroir serait plus parlant. Finalement je lâche un doux rire qui complète celui de mon aîné, allant me servir une petite pâtisserie pour l'occasion. « Et bien... Nous avons plus de rangements pour armes que de miroirs et de brosses à cheveux. » Voilà bien longtemps que je n'avais plus fait de plaisanteries, cela me fait tout drôle.

Enfin, je laisse de côté ces dernières pour m'attaquer au vif du sujet et satisfaire la curiosité de Ariel. Juste avant, je termine ma bouchée. « Au début, pas si bien. Beaucoup ricanaient de mon statut d'ancien Chevalier, ce qui est toujours le cas mais moins, et je n'en tiens plus vraiment rigueur. En revanche, en mission, j'ai pu compter sur eux. Face aux engeances qui sont particulièrement laides d'ailleurs, heureusement que tu n'en a jamais vu. » Je ne m'imaginais pas me confier autant, parler tant, mais c'est Ariel. Il reste mon grand-frère et ma gorge se dénoue automatiquement ; c'est comme une libération. « Ariel. J'hésitais à te dire quelque chose mais j'imagine que dans tous les cas, tu finiras pas le découvrir alors... » J'inspire fort, avale le plus calmement ma salive : j'ai l'impression que mes retrouvailles officielles avec lui me font l'effet d'un sérum de vérité. Peut-être est-ce aussi la faute de ces émotions qui m'envahissent et face à elles, le combat n'est pas équitable. Je tiens toujours ce qu'il reste de ma pâtisserie dans ma paume ; « J'ai commencé à avoir des apparitions de Lise et de Blanche il y a quelques temps. Ça, mêlé à l'alcool, je n'ai pas été un Garde exemplaire, je ne sais plus vraiment où j'en suis mais je veux continuer de me battre pour cette cause juste. Surtout avec l'enclin qui arrive. »

C'est idiot mais je crois que je me suis coupé l'appétit tout seul. « Je n'aurais pas pu reprendre ma place parmi les Chevaliers, même une vie plus noble, tu imagines bien tout le dégoût que j'en ai désormais... Pardonne-moi, je ne devrais pas être aussi négatif. » Juste après mes paroles j'observe longuement la brioche bien entamée puis Ariel, encore, avec un air qui se rapproche de celui d'un chien battu. Dire qu'il était parvenu à mettre une touche d'humour dans cette conversation, voilà que je ramène les sujets désagréables sur le tapis. Et encore une fois, je me plains, tel un égoïste, non ?
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