OPALESCENCE

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le Sam 5 Mai - 13:23



opalescence
palais impérial - minrathie

« Effervescence subjuguée par l'ironie inconventionnelle de cette indécence calfeutrée, chargée du velour noir ancestral : Obséquieuses connivences eperonnées d'invectives acidulées. »
Iselad s'immobilise à la racine des escaliers menant à son but. Les iris à l'elfique bleu cobalt contemplent les augustes effigies en ronde-bosse qui se font factionnaires millénaires, simulacres de sombres thaumaturges dont la simple vision lui gèle l'épine dorsale. Les impériales sculptures en fauve de l'Empire Orlésien lui manquent, de leur robe aurifère à leur prestance – ces canailles tévintards n'ont qu'un sens de l'esthétisme douteux, des parangons de ténèbres qui se complaisent dans leur occultisme. Le palais de la Circé couronnée n'est pas disparate au reste de l'agglomération, bien pire illustration même, de cette ésotérique peuplade à laquelle il commence seulement à s'accoutumer. Bien malgré ses accointances et son temps passé dans les parages, il demeure toutefois soupçonneux et méfiant de tous, se rongeant très secrètement les sangs d'être de toutes parts acculé de quidams aptes à dilacérer les cieux s'ils le désiraient. La Chantrie Australe n'a que trop raison quant à sa vision de ces gens doués de sorcellerie, trop dangereux pour un monde déjà en branle et surtout trop imbus de leur personne pour l'admettre. Il espère que Faustine V ne serait pas mise au ban de sitôt et que les Cercles seraient dans leur ensemble bientôt réédifiés, qu'ils puissent les sauvegarder de devenir comme... eux.

« Je vous ai connu plus... étincelant, Baron. » Ledit seigneur lorgne vers son comparse esclavagiste, celui-là fiché d'un rictus sardonique tandis qu'il observe exagérément ses atours. Si une sempiternelle élégance s'y retrouve, il n'est aujourd'hui pourvu d'aucune teinte criarde, bien au contraire. De rares dorures vermiculent le long d'un précieux textile d'obsidienne au drapé d'une moire timorée, offrant juste suffisamment de relief pour nimber le sylphe de cette superbe qu'on lui connaît. Engoncé dans une longue cape qui camoufle son langage corporel, il a ceint son crâne d'une discrète ramure de bois verni, ses esgourdes acuminées en évidence. Quand bien même les aurait-il caché, sa physionomie exprime ses gènes sans équivoque. « Vous craigniez faire de l'ombre à l'Immaculée ? Je ne fais qu'appliquer les conseils qui m'ont été donnés, je ne tiens pas à faire l'effet d'une éclipse. Vous devriez être flatté ; non mécontent de vous associer à la Maison Pavus, vous voici personnellement mandé par la fille de notre Archonte. Travailler avec vous est source d'un délassement sans fin, vous êtes décidément un homme qui passionne. Pour le meilleur et pour le pire. » Et il ignore si le meilleur se profile. Après s'être fendu d'un imperceptible soupir, il entame la montée des marches, sous l'oeil goguenard de son camarade nonchalamment appuyé sur son bâton enchanté. « Si vous voulez vraiment lui seoir, donnez-lui vos oreilles en guise d'offrande. Je suis sûr qu'elles lui plairont ! »

La boutade fait sourciller l'Anfauglith qui se mure dans un mutisme altier et choisit de ne pas réagir. Au sommet, il est accueilli par un étrange émissaire qui le guide à travers le dédale et qu'il talonne en fixant ses calots sur son râble. Car il sent les oeillades couler sur son galbe, plus encore que lorsqu'il se hasarde dans les venelles de la ville. Une stupeur diaprée d'animadversion domine, c'est presque si les badauds ne dévieraient pas de leurs occupations pour jauger cette curiosité infâme et ambulante qui ose se pavaner sous leurs truffes. Ne pas avoir la présence de ses nombreux et féroces séides sur ses flancs fait germer une anxiété qu'il farde sous son quant-à-soi orlésien – et sous un amour-propre certes présent, mais plus modeste que jamais. Il ne s'agit que d'un court chemin de croix jusqu'à un pandémonium qui ne le rassure guère davantage, un enfer blanc dans les flammes duquel il espère ne pas se faire calciner. Car que diable peut bien lui vouloir l'infante de l'Archonte Impérial ?

L'algide flegme de l'elfe s'ébrèche lorsqu'ils pénètrent dans un sanctuaire à l'antipode de tout ce qu'il a pu voir au sein de cette nation. Du sol au plafond, tout n'est que couleur virginale avec laquelle sa charpente frappée de noir jure distinctement. Il est abandonné là, parmi les sculptures baroques, les somptueux oiseaux encellulés et autres bizarreries qui harpent toute son attention. Piqué dans sa plus profonde curiosité, le Noblelfe a de quoi prendre son mal en patience en attendant que l'inaltérée enchanteresse daigne le recevoir.
(c) DΛNDELION

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Far from his home, on far-stretched sand, the burning sun doth scorch and shine. The horror of empty hours humbles him, oh to fight, to kill, and feed one's rage ! Alone in the desert, a land dry and dead, His Gods and Ancestors, his unseen guards.
   
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Seigneur Sylphe
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▲ OCCUPATION : Styliste et créateur de masques orlésiens, hôte de patronymes renommés pour ces dignitaires qui désirent s'adonner au Jeu dans les règles de l'art. Dans la pénombre et les échines, il prend aussi humblement part au trafic d'esclaves en provenance et en direction de l'Empire Tévintide - ses pareils elfiques étant, aussi naturellement que cruellement, ses martyrs favoris.
▲ COMPÉTENCES ET ARMES : Il n'est guère dextre qu'avec deux armes en simultané, une estoc dans chaque poigne, longues ou courtes sur le champ de bataille. Cependant, depuis quand n'a t-il point foulé de sol gorgé du vermeil de soldats et d'innocents ? Les lames, les instruments effilés, il ne les use plus que durant ses séances de torture, ses jeux de dissection. De plus, il le concède sciemment, s'il n'est pas gauche en tant que bretteur, il s'avère infiniment plus adroit en mystification et rhétorique.
▲ LOCALISATION : Orlaïs.

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