Interro surprise [Way & Aurelius]

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le Dim 10 Juin - 0:03



Interro surprise
Waylian & Aurelius

«
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L'ouvrage était presque terminé. Waylian avait galéré à trouver un tissu qui convienne au teint de Renatus, mais grâce à la présence d'un Orlésien perdu en ces terres de désolation vestimentaire, les choses avaient été plus faciles. L'elfe avait donc mis la main sur une étoffe écrue, fine et fluide, dans laquelle il avait taillé une chemise aux larges manches.

Profitant du beau temps, Waylian s'était installé dans la cour intérieure pour broder sous le soleil, avec un verre de jus de fruits à disposition. Il n'y avait pas grand-chose d'autre à faire dans la demeure du Divin en son absence, surtout que Renatus n'avait pas l'air d'être dans les parages.

Un esclave de la maison vint troubler la concentration de l'elfe qui commençait enfin les motifs de la seconde manche : apparemment quelqu'un était venu rendre visite à Faustus, et en l'absence du maître de maison, et de son frère, c'était à Waylian que revenait la responsabilité de recevoir ou de congédier les visiteurs. À contrecœur, l'elfe lâcha son ouvrage, le rangea dans le sac qui lui était consacré, et suivit l'esclave jusqu'au vestibule.

— Oh, vous ! Bonjour !

Le magister qui était venu jusqu'à la demeure n'était pas un des plus désagréables à fréquenter. Waylian esquissa un sourire, et signifia d'un regard à l'esclave qu'elle pouvait vaquer à ses occupations habituelles. En leur ramenant un plateau de fruits, par exemple.

— Venez, profitons de la cour... Quelles nouvelles du Magisterium ?

Depuis le temps que Waylian était à Tevinter, et surtout dans la demeure du Divin, il prenait la confiance : aller s'enquérir de ce qui se faisait dans le petit monde des magisters n'était pas vraiment étrange pour lui désormais.

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le Dim 10 Juin - 15:04

« Le statut d'un esclave est-il automatiquement pire que celui du plus bas des serfs dans une autre contrée ? C'est une question plus complexe qu'on pourrait le croire, et je ne dis pas cela pour alléger leur peine, ni pour défendre ma patrie. Seulement, c'est une question capitale à laquelle les véritables concernés n'ont jamais l'occasion de répondre. Trop de gens hauts placés vont le faire à le place, se targuant de leur offrir une vie meilleure, de les traiter correctement, ou de les considérer comme faisant partie de la famille. Cela, je veux bien le croire. Ou du moins croire qu'ils le croient. Mais encore une fois, ce n'est pas à ces seigneurs qu'il faut s'adresser lorsque nous voulons vraiment comprendre ceux qui n'ont pas d'autre choix que de les servir. » Extrait d'un traité sur l'esclavage, par Aurelius Argento
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Aurelius patientait tranquillement dans l'antichambre de la demeure du Divin. Il n'était pas attendu, après tout, et puis il n'était pas pressé. Il y avait simplement un point du prochain discours qu'il préparait à l'attention de l'assemblée dont il aurait souhaité discuter au préalable avec le dirigeant tévintide de la Chantrie. L'homme se révélait étonnamment ouvert à la discussion, du moins plus que le magister l'aurait cru en rentrant au pays. Les rumeurs qu'ils avaient entendues sur les routes ne lui avaient guère dressé un tel portrait de Faustus, mais cela n'avait en soit rien d'étonnant : en-dehors de l'empire, il fallait se lever tôt pour trouver une seule personne disposée à en dire du bien. La surprise n'en restait pas moins plaisante, et si Aurelius se fiait à ce qui se disait dans la capitale, le religieux avait entamé un long changement qui n'était pas sans délier les langues. Toujours est-il que les deux hommes apprenaient petit à petit à travailler ensemble, et semblaient sur la voie de se considérer en tant qu'alliés. Une denrée bien rare à Minrathie.

L'esclave qui l'avait reçu s'était éclipsé au sein de la bâtisse, pour avertir qui de droit de son arrivée. Il avait semblé un peu nerveux, mais beaucoup de gens l'étaient face à un magister, et pas seulement les esclaves. Bien que ceux-ci aient encore plus de raisons de s'en méfier. Les caprices de certains congénères d'Aurelius s'apparentaient à la tradition nationale, ce qui n'augurait jamais du bon pour le petit personnel. Certains remplaçaient les membres de leur maisonnée comme on remplaçait des meubles, sans guère y accorder plus d'importance que cela. D'autres les traitaient correctement, bien sûr ; les Argento avaient toujours pris soin de leurs esclaves. Augustus -le père d'Aurelius- avait toujours fait en sorte de se montrer juste avec eux, et jamais cruel. Mais toujours distant. Enfant, Aurelius ne comprenait pas vraiment le concept d'esclavagisme, comme la plupart des jeunes tévintides (et même d'un grand nombre des adultes). C'était comme ça, voilà tout. Ce n'était qu'au fil de ses voyages qu'ils avaient pu prendre du recul, et considérer cette pratique sous un autre angle. Un angle guère reluisant, malgré tout ce que l'on voulait bien prétendre pour se donner bonne confiance. Un angle auquel il avait participé -et continuait- de faire partie.

Ses pensées furent interrompues par l'elfe qui vint l'accueillir dans le vestibule. Aurelius reconnut aussitôt les yeux clairs et les cheveux blond ; et puis il oubliait rarement un visage. Il sourit face à la familiarité du jeune ; peu d'esclaves se seraient permis d'accueillir ainsi un magister. Une telle attitude ne dérangeait nullement Aurelius ; il espérait seulement que l'elfe était assez bon juge de caractère pour savoir avec qui il pouvait se permettre ce genre de chose. Quelque chose lui disait que c'était le cas : il ne l'avait que peu croisé, et uniquement lors de ses visites à Faustus, mais il sentait bien que le serviteur était loin d'être un imbécile.

« Bonjour à vous. Waylian, c'est bien ça ? » Toujours souriant, il suivi son hôte dans la cour. Le temps permettait effectivement d'en profiter, et Aurelius aimait profiter du dehors quand il en avait l'occasion. Surtout depuis qu'il arpentaient les couloirs et les chambre du magisterium... Il s'installa sur un banc, croisant les jambes sous son élégante robe de magister. Elle était rouge, décorée du symbole de son rang, et tenue au col par le petit renard d'argent dont il ne séparait guère et qui était le sigle de la famille Argento. Il déposa soigneusement son bâton à côté, et fit bon accueil au plateau de fruit qu'un autre esclave apporta rapidement. « Merci. » fit-il à l'adresse de l'homme qui s'en allait. Il s'empara d'une mangue, dans laquelle il mordit avec plaisir. Mine de rien, être de retour avait quand même du bon. Il s'amusa de la question de Waylian ; là encore, ce n'étaient pas tous les esclaves qui lançaient un tel sujet.

« Oh, comme d'habitude. Un seigneur machin et une dame truc se prennent le chou sur un sujet aussi important que les lois sur le stockage des fruits de mer, tandis que le seigneur Selachii se met à ronfler en arrière-plan. Le pauvre n'a plus l'énergie d'assister à de tels débats sans fin. Si ça se trouve, quelqu'un a invoqué un démon, mais je devais regarder ailleurs. J'imagine que c'est le genre de choses à laquelle son s'attend de nous, du moins si j'en crois ce que j'ai appris sur les routes. Rien de très important. » Qualifier ainsi les affaires du magisterium n'était pas non plus très sage si l'on n'était pas en bonne compagnie, mais il n'avait aucune raison de se méfier de Waylian. Et puis c'était toujours agréable de parler sans détours. « Et quelles nouvelles parmi vos gens ? » demanda-t-il à son tour avec un intérêt non feint. « Je gage que notre divin préféré est absent ? »

Puis, avisant l'ouvrage en cours déposé sur la table d'un œil appréciateur: « Votre œuvre ? N'hésitez pas à continuer : je ne voudrais pas vous interrompre à un moment crucial. »

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le Dim 10 Juin - 21:06



Interro surprise
Waylian & Aurelius

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L'invité surprise était loin d'être le pire qui puisse être : le magister Aurelius Argento était un homme que Faustus appréciait, ce qui voulait dire que Waylian avait de grandes chances d'aimer sa compagnie également. Après avoir acquiescé à la question d'Aurelius, l'elfe l'emmena jusque dans la cour, où les rejoindraient bientôt de quoi caler un estomac capricieux.

Une fois ceci fait, et bien installés sous le doux soleil tévintide, Waylian ne put s'empêcher de lancer la conversation. Il n'avait pas envie de congédier Aurelius, d'autant plus qu'il pouvait un peu profiter de sa compagnie en l'absence des frères Scaevola. S'enquérir de ce qu'il se passait au Magisterium était toujours très drôle, principalement parce qu'il ne s'y passait quasiment jamais rien, selon les dires de tous. Aurelius ne fit pas exception, provoquant un grand éclat de rire de la part de Waylian.

— Dire qu'on réunit les meilleurs mages de Tevinter pour qu'ils s'ennuient les uns les autres dans un aquarium de pierre... Je vous plains.

Waylian sourit en disant cela, appréciant la douce ironie qui émanait de ses paroles. Il y a quelques mois de cela, jamais il ne se serait pensé capable de sortir une telle chose à quelqu'un de visiblement bien mieux placé que lui sur l'échelle sociale, mais quelques petites choses avaient changé depuis. Des détails, mais c'est bien là que les démons se terrent, non ?

Son sourire s'évanouit quand Aurelius lui demanda confirmation à propos de l'absence de Faustus. Il fronça les sourcils, détourna le regard et prit une pomme dans laquelle il mordit.

— Je pensais que son absence vous avait été signalée, mais ce n'est apparemment pas le cas. Hé non, à mon plus grand déplaisir, il n'y a pas un Scaevola en vue, même si je peux me tromper quant à Renatus.

L'elfe soupira doucement, avant de sourire à la remarque d'Aurelius à propos de sa broderie.

— Oui, c'est ce que je faisais avant, il ne faut pas que je perde la main... Et puis, en l'absence du Divin, je dois avouer que j'ai pas mal de temps libre. Alors malheureusement, je n'ai pas beaucoup de nouvelles à vous offrir... Si ce n'est peut-être que le prix du grain a tendance à augmenter, ce qui rend notre intendante chèvre, quand bien même nous vivons dans la première demeure du pays. Allez comprendre.

Sur le papier, ce serait à lui de s'occuper de ce genre de choses, mais il était trop novice en gestion pour ne pas s'appuyer sur l'expertise d'esclaves plus doués que lui.

— Quant à cela... Il désigna la chemise avec sa broderie à moitié terminée. ...elle n'a rien d'urgent ou de crucial. L'avantage avec la broderie, c'est qu'on peut s'arrêter quand on veut... Ce qui a pour corrollaire qu'on ne s'arrête jamais une fois bien lancés. D'ailleurs, je peux vous demander votre avis ? J'ai quelques doutes, vu les teintes... Ça ne fait pas très tévintide, non ?

La chemise était écrue donc, et les broderies d'un bleu violacé foncé entremêlées de doré. Waylian haussa les épaules en souriant.

— Je n'aime pas trop le noir et le blanc, et j'ai tendance à vouloir imposer les couleurs à mon entourage, je crois. C'est assez drôle de faire ça ici, où tout le monde semble allergique aux couleurs.

D'un œil expert, Waylian ne put s'empêcher de faire le détail de la tenue de son invité : à voir s'il avait bon goût ou non.

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le Lun 11 Juin - 10:21

« Un aquarium rempli de requins, alors. » fit Aurelius, sur un grognement qui pouvait aussi bien être un rire sec. Dire du mal du magisterium n'était pas recommandé en Tevinter, mais le propre d'un magister tel que le pays l'avait conçu n'était-il pas de tout se permettre ? Et puis l'image avait de quoi l'amuser. « Les magisters ont le même sourire. Du moins la plupart. Il suffit de voir sourire Hecate, par exemple : de quoi réveiller ses instincts de fuite les plus primaires. »

Il commençait à se faire une idée de plus en plus précises des personnalités et des buts de ses collègues. La plupart étaient le cliché même du magister tévintide, au point que cela en devait presque comique avant que l'on se rappelle ce que cela impliquait vraiment. D'autres étaient plus dangereux encore, à l'image de Varian. Celui-là, Aurelius s'en méfiait comme de la peste. Plus même, car il aurait sans doute préféré attraper la maladie que de se retrouver entre ses griffes. Heureusement, tous les membres du magisterium n'étaient pas des mégalomanes ivres de pouvoir ou des fonctionnaires inutiles. Certains, comme la jeune Poppaea, semblaient disposés au changement.

« Oh, j'ai probablement reçu un communiqué, ou quelque chose dans le genre. Seulement, il se peut que je ne songe pas toujours à lire la pile de mots qui se retrouve sur mon bureau. » dit-il d'un ton innocent, en se contemplant les ongles. En général, il s'attaquait à la pile quand elle lui bouchait la vue, et la moitié finissait dans le panier à déchets de toute façon. Alors pourquoi se presser ? Il n'en était pas moins bien informé, en général ; seulement, il préférait agir différemment. Les bonnes personnes qui tendaient l'oreille au bon moment, au bon endroit : voilà qui n'avait pas de prix. C'était une leçon qu'il avait apprise de son père, et qu'il s'occupait de raffiner ; elle n'avait pas évité la mort à Augustus, après tout... Il repoussa le souvenir de son père, pour se concentrer sur l'elfe en face de lui. Vu son comportement, il était difficile de se rappeler qu'il était un esclave ; il se comportait comme si la maisonnée était son domaine. Qu'il ait pu prendre l'habitude de le faire en disait long sur la manière dont le Divin gérait ses gens, ce dont Aurelius prit bonne note. Il ne manquait non plus pas de soigneusement observer les réactions de Waylian à la mention de Faustus.

« J'espère qu'il nous reviendra vite. Peut-être qu'il pourrait intercéder auprès du Créateur concernant le prix du grain. Du moins, j'imagine que c'est ce que pas mal de monde se dit. Comme si le Créateur ou lui y pouvaient quelque chose... Quand la guerre couve, les prix montent, mais pas au point de gêner ceux qui comptent. » Le ton d'Aurelius était caustique, comme souvent lorsqu'il s'attaquait au sujet. «  Après tout, autant laisser les inférieurs se soucier de menus détails, telle que la survie au quotidien. »

Dire que son retour au pays l'avait laissé désabusé était un euphémisme. Dans sa jeunesse, avant son départ, il s'était rendu compte de certaines inégalités, mais il lui avait vraiment fallu observer Tevinter de l'extérieur pour réaliser à quel point la situation était désagréable pour la majeure partie de sa population. Il avait acquis une certaine perspective sur la question, ce qui ne faisait jamais de mal. Certains magisters en bénéficieraient grandement, de la perspective ; en les balançant de la plus haute tour de Minrathie, par exemple.

« J'ai fini par apprendre des rudiments de couture, sur les routes, mais rien que du très grossier : rapiécer une chemise usée par les voyages, ce genre de choses. Je reste impressionné par le travail que cela peut demander : il n'y a pas qu'avec la magie que l'on peut entreprendre de belles choses. » Avalant un nouveau morceau de mangue, Aurelius se pencha sur l'ouvrage, en observant toutes les subtilités. « Effectivement, ça ne fait pas très tévintide, mais j'aurais tendance à dire que c'est une bonne chose. Quoi qu'en dise notre haute société, la mode ne nous a jamais vraiment réussi. Un peu de couleur ne nous ferait pas de mal ! Parfois, c'est en changeant de toutes petites choses qu'on arrive à modifier les plus grandes. »

La robe de magister qu'Aurelius portait avait été faite sur mesure, et son rouge vif tranchait avec les tenues plus ternes de ses collègues, qui privilégiaient souvent le noir et le blanc. Le long des manches et sur les bordures, des fils d'or et d'argent avaient été brodés dans des designs simples mais agréables à l’œil. Sans même y penser, il effleura des doigts le petit renard d'argent qu'il portait au col. L'animal était le symbole des Argento, et il l'avait reçu des mains de sa mère avant de partir pour explorer Thédas, vingt ans plus tôt. Il ne l'avait jamais quitté depuis. Aurelius aimait prendre soin de son apparence et de sa tenue vestimentaire lorsqu'il en avait l'occasion : quitte à présenter, autant le faire bien. Son style était parfois flamboyant, et rarement dépourvu de couleurs.

« Où avez-vous appris à broder ainsi ? D'où venez-vous, Waylian ? Enfin, si vous souhaitez me répondre, bien sûr. Je ne voudrais pas vous imposez de mauvais souvenirs. »

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le Lun 25 Juin - 19:19



Interro surprise
Waylian & Aurelius

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L'elfe sourit doucement à la réponse amusée et sarcastique d'Aurelius : impossible de s'imaginer le Magisterium tel qu'il devait être : un endroit dangereux où les sourires étaient le plus souvent carnassiers, et où les coups dans le dos ne manquaient pas. Il avait beau n'être qu'un esclave, Waylian se figurait bien dans quelle ambiance évoluait Aurelius. La politique, qu'elle soit tévintide ou orlésienne, restait un terrain glissant. C'est également pour cela qu'il n'ajouta rien à propos de cette Hécate, même s'il notait l'impression qu'elle avait pu faire au magister.

Il valait mieux se rabattre sur des sujets plus anodins, comme le fait que le noble Tévintide ne lise pas son courrier. Waylian écarquilla les yeux avec un nouveau sourire, avant de hausser les épaules.

— En ce cas, je ne peux rien pour vous. J'espère que ça ne vous aura pas fait perdre un temps précieux.

Tu parles ! L'elfe avait l'idée qu'Aurelius était du genre à trainâsser et à tout faire pour esquiver ses autres obligations : papoter innocemment avec un esclave était sûrement une excellente distraction pour lui, sinon il aurait déjà pris la direction de la sortie de la demeure Scaevola.

Cela dit, la façon dont il parlait de Faustus et de son rôle avait tendance à perdre un peu Waylian : que cherchait à dire Aurelius ? L'elfe plissa légèrement les yeux, en se servant dans le plat de fruits comme pour faire diversion, le temps qu'il réfléchisse à sa répartie.

— J'espère aussi qu'il reviendra rapidement, le navire tévintide a besoin d'un Capitaine, on dirait. Surtout si la tempête arrive.

Elle grognait depuis un moment, menaçant au-delà de l'horizon, sans pourtant s'être déclarée. Pas tout à fait du moins, car si Faustus n'était pas présent chez lui, c'était bien à cause de la folie de Faustine V. L'elfe ne s'y opposait pas, quand bien même il n'avait pas son mot à dire : il y a des batailles, des guerres qu'il faut mener. Abattre cette sainte pétasse était une très noble quête selon Waylian.

Mais parlons plutôt couture oui : l'elfe avait repris son ouvrage après cette pause bienvenue, ses gestes devenant des réflexes pour lesquels il n'avait besoin que d'un coup d'œil de temps à autres : il pouvait tout à fait mener une conversation animée tout en continuant à travailler.

— Oh, je pense que la magie est comme tout : elle a ses limites. Parfois, passer du temps et saigner un peu en se piquant le doigt permet de faire des choses plus fines, oui.

Il y avait aussi que la couture, et toutes les autres activités du même style, dépendaient davantage du travail et du temps qu'on lui consacrait plutôt qu'à un talent inné. La magie elle aussi avait besoin qu'on s'y entraîne, mais il fallait forcément un don, quelque chose au préalable. Les arts des aiguilles étaient plus accessibles... et paradoxalement, son niveau n'était pas facile à atteindre.

— Je ne prétends pas pouvoir changer grand-chose à Tevinter, si ce n'est la garde-robe des Scaevola. Le reste, s'il y a un 'reste', ne sera pas de mon fait. Mais par pitié, ce noir me déprime.

Aurelius était du coup loin d'être déprimant, avec son rouge vif. Ce n'était pas les couleurs de Waylian, qui préférait largement les pastels bleus ou dorés, qui lui allaient bien mieux au teint.

— Tutoyez-moi, je vous en prie. J'ai appris à broder à Val-Royeaux, dans le bas-cloître où je suis né. On fait largement plus classe. C'est mon métier, en fait. Rapiécer, repriser ou même confectionner des vêtements simples ne me dérange pas, et je sais le faire, mais j'aime bien la décoration. C'est ça qui fait la différence, qui rend une pièce unique. J'ai un problème avec l'uniformité, comme tout bon Orlésien, je pense.

Il rit doucement. Il n'avait pas peur de dire qu'il était Orlésien, même alors qu'une guerre se préparait : pour ses 'compatriotes', il avait toujours été elfe, puis mage, avant d'être Orlésien. S'il devenait tévintide, peu à peu, c'était parce que sa terre natale avait toujours tout fait pour le rejeter... L'Oblitération d'un Cercle où il aurait été s'il avait été le gentil elfe docile pour lequel on le prenait avait sonné la fin de toute illusion, le point de non-retour. S'il retournait en Orlaïs, ce serait en touriste étranger désormais.


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le Dim 1 Juil - 16:51

Plaisanter ainsi sur le magisterium réussissait presque à la rendre supportable. Presque. Ah ça, il y avait de quoi rire, quand on songeait aux procédures interminables et aux querelles intestines qui opposaient des familles depuis des siècles au nom de causes dont personne ne se rappelait. Si les autres pays pouvaient assister à l'une de ces réunions, nul doute que les magisters perdraient aussitôt de leur mystique ; ils deviendraient comme n'importe quel groupe de dirigeants, et ils ne pouvait se permettre ça, n'est-ce pas ? Autant en rire. Et puis on se rappelait des générations d'exactions et de cruauté, le sang versé de dizaine de milliers d'esclaves, la mort qui régnait chaque jour, les soirées sanglantes qui vous privaient d'un proche alors que vous n'y étiez pas prêt. Penser à son père effaçait tout de suite le sourire du visage d'Aurelius, et durcissait son regard. Il y avait encore tant de choses à régler, en plus de celles qui ne pourraient jamais l'être... Son tumulte intérieur l'agita un instant très bref, et il retrouva très vite la décontraction qu'il affichait naturellement. Il avait remarqué que Waylian avait pris soin de ne rien relever quant à ses dires ; l'elfe était prudent, ce qui était souvent un trait indispensable chez les esclaves. Surtout ceux qui bénéficiaient d'un statut plus profitable que la plupart de leurs camarades d'infortune : on ne savait jamais quand la situation pouvait changer.

« Oh, non, rassurez-vous. Le temps est peut-être précieux, mais il faut savoir s'accorder une pause de temps en temps. Je ne suis pas mécontent de profiter d'une poignée de bons fruits à l'ombre de la cour, et d'une agréable discussion qui n'a aucun rapport avec la réfection du pavage d'une voie impériale. Vous n'allez pas vous mettre à me parler de routes, dites ? » lança Aurelius d'un air faussement soupçonneux.

Si Aurelius avait vraiment eu des affaires à résoudre qui ne pouvaient pas attendre, il ne se serait même pas donner la peine de venir, reportant à plus tard une éventuelle conversation avec le Divin. En parlant de ce dernier, c'était un autre sujet sur lequel Waylian se gardait bien de s'engager. Là encore, sa retenue était exemplaire, et soigneusement entretenue. L'elfe se rendait certainement compte à quel point la partie était dangereuse, et Aurelius ne lui enviait pas son numéro d'équilibriste. En tous les cas, il savait rester maître de ses émotions, un talent éminemment utile lorsqu'on évoluait dans les hautes sphères de Minrathie, et ce quelle qu'y soit sa position.

« Je n'envie pas sa tâche. Il y a quantité d'activités plus agréables que de se retrouver face à Faustine, comme par exemple danser le quadrille dans la gueule d'un dragon. Avec un peu de chance, elle s'étouffera sur un pépin et il pourra rentrer plus vite, c'est tout ce que je leur souhaite à tous les deux. » Non, le magister ne portait pas la divine blanche dans son cœur, et il n'avait pas eu besoin de la rencontrer pour cela. Il lui suffisait de penser à la souffrance que ses actions continuaient de causer parmi les mages du sud pour que son sang ne fasse qu'un tour. Au fond, elle ne valait pas mieux que l'archonte : toutes les deux n'étaient que des cinglées mégalomanes en pleine illusion de grandeur, et incapable de comprendre quelle était la véritable menace si elle les avait regarder dans les yeux en leur tirant les oreilles. Dans le meilleur des mondes, quelqu'un finirait par les faire taire en se servant d'une pour taper sur l'autre. « La présence de Faustus à la barre serait rassurante, surtout en ce moment. Qui ne préférait pas un capitaine capable de se montrer raisonnable ? »

Il n'alla cependant pas plus loin. Il avait décidé de faire confiance à Waylian, mais mieux valait ne pas faire étalage du manque de confiance qu'il accordait à leur gouvernement ; on ne savait jamais quelles oreilles pouvaient traîner hors de vue. Au moins, causer couture ne risquait pas de les faire condamnés à mort. Du moins, Aurelius l'espérait : on ne savait jamais, de nos jours. Des fois que l'archonte ou un autre fasse passer un texte qui rendent les couleurs hors-la-loi, ou quelque chose dans ce goût-là.

« C'est important de savoir faire quelque chose de ses mains. C'est même agréable. Et puis il y aura toujours des choses qui ne pourront être résolue par la magie, ou par quelqu'un d'autre. Enlevez au magister type sa magie et son entourage, et il a peu de chances de s'en sortir longtemps ; on pourrait tenir des paris sur ses jours de survie, voilà qui serait amusant. Pour le reste, parfois de petits changements peuvent en amener des biens plus grands. Je suis sûr que votre présence à ses côtés aura contribué à changer notre divin même. Il en va toujours ainsi. » Aurelius se lécha innocemment les doigts pour les débarrasser du jus qui s'y était déposé à cause du fruit. « Certains diraient que le noir va avec tout, ce qui n'est pas foncièrement faux, mais loin d'être divertissant. Parfois je me dis qu'en Tevinter, on est conditionné à voir la vie en noir sous toutes ses formes. Enfin... » Puis, passant donc au tutoiement : « Soit. Dis moi, et si je te demandais d'en faire de même, du moins en privé, que me répondrais-tu ? »

Il était curieux de sonder un peu plus les réactions de Waylian. Il y avait quelque chose d'énigmatique chez lui, comme s'il se montait à la fois ouverte et en retrait. C'était commun pour les esclaves que de dissimuler soigneusement certains aspects de leur personnalité, et de se comporter de la façon à laquelle s'attendaient leurs maîtres. Et Aurelius résistait difficilement aux énigmes. Finalement, sa visite à l'improviste se révélait encore plus intéressante que prévu.

« Comme tous les orlésiens ? Je ne sais pas. Il suffit qu'une marquise se pointe au bal avec trois anneaux en mousse autour du cou pour lancer une mode, et le lendemain toute la haute se baladera pareil ; c'est plutôt uniforme, tu ne trouves pas ? Mais j'imagine qu'il en va autrement quand on s'éloigne du sommet. Dis moi Waylian, comme se fait-il qu'un elfe couturier orlésien se retrouver aujourd'hui au service du Divin Noir à Minrathie ? Je ne te force pas à me la raconter bien sûr, mais j'avoue que ton histoire me rend curieux. »

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