Noirs songes, blanche chimère

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le Dim 4 Juin - 15:09


noirs songes, blanche chimèreles sangsues oniriques s'embusquent au revers des lumières
***

La chaleur et les bourrasque sableuses lichent le faciès hirsute, la gueule fangeuse et avilie par le tourment, par l'incompréhension du quidam qui erre au cœur de la tempête. Les teintes ne sont que de vermeil, tout autour, et n'y a que la cantilène du sirocco pour lui caresser les tympans. Peu importe où les prunelles éreintées se posent, tout horizon n'est que confusion, sans nord ni sud, sans est ni ouest – sans point cardinal ni repère dans un erg encore plus infécond que les Anderfels. Sont-ce ces landes infertiles qu'il traverse ? Ces lambeaux de terre galvaudés par l'enclin, il y a si longtemps de cela ? La nuque vrille et la caboche s'interroge, ses foulées ne laissent aucune empreinte dans son sillon, et le firmament n'est pas même visible depuis son actuelle position. Ni nitescence diurne, ni nocturne. Point une trace d'être dont le sang pulse, comme s'il s'était égaré dans un coin omis de tous.
Jusqu'à ce que, au loin, ses calots ne capturent les entours d'un galbe apparemment anthropomorphe. Il s'immobilise alors, le corps étrangement gourd, et contemple sa main dextre tenant une longue estoc. Il y aperçoit l'héraldique de son Ordre sur le fourreau, et sans en connaître la raison, il la lève, paré à frapper l'individu qui approche lentement. Les esquisses de ce dernier deviennent plus précises au gré des secondes, tandis que les pulsations du baroudeur s'accélèrent à la même cadence. Les phalanges se crispent, les mandibules se serrent, rage et appréhension écument à sa lippe lorsqu'il distingue enfin le visage de l'énergumène. Perclus de stupeur, qu'il se fait, en le reconnaissant, laissant de fait son anxiété prendre grâcieusement son essor.


« C'est toi. » Que le gosier énonce, fatigué, et les muscles de se soulager de leur tension. « Mon ami, quel soulagement. Où sommes-nous, le sais-tu donc ? » Il approche et pose une paluche amicale sur l'épaule du vis-à-vis, qui ne se fend d'aucune réaction. Pas un mot en guise de réponse, par un éclat dans un regard étonnamment vide. Gwenaël arque un sourcil, incline la tête, interrogatif, puis il voit. Il voit, sur le front de son acolyte, le sceau d'un astre luminescent. Horrifié, il saisit suavement, presque paternel, la mâchoire de l'apparent Apaisé. « N... non... Que t'ont-ils fait... ? Que t'ont-ils... »

Plus de mouvance attire son attention, celle d'une légion de bohémiens, tous engravés de la même estampille chantriste, qui marchent sans s'interrompre. Certains le frôlent, et plus l'innommable vague avance, plus l'adonis prend conscience de toutes ces figures qui lui sont familières. C'est une horde de revenants qui n'ont plus rien que leur enveloppe charnelle, un violent ressac de camarades tous châtiés et spoliés de leur essence. Abasourdi, épeuré, il se retrouve au milieu de cet immonde océan, en proie aux plus affligeants affects. « Par le Créateur ! C'est impossible ! » Les doigts agrichent sa crinière, il opine négativement, refusant de croire à cette apocalypse qui fait s'écrouler son monde. Puis, il se met à courir, il galope dans le sens contraire du flux zombifié comme si un archidémon se trouvait sur ses talons. Les prunelles closes, il ne fait halte que lorsque ses avant-bras heurtent une surface solide : un huis, immense et sculptural, dans lequel il s'engouffre sans plus de question. Diligent, le voilà qui avale la distance qui le sépare d'un bastion duquel il emprunte les escaliers, et il grimpe, encore et encore, jusqu'à atteindre une haute pièce dans laquelle il fait enfin halte. Pantelant, il se dirige vers la fenêtre par laquelle il se penche, pour mieux observer tous ces vagabonds en dehors de Fort Céleste. Car il l'a reconnue, sa tendre forteresse, sans juger biscornu qu'elle se situe à cet endroit où les usuelles montagnes sont inexistantes. Et, y a cette indicible atmosphère qui règne, telle l'impression de ne plus véritablement être chez lui.

« Vous avez vu ? » Qu'il siffle non sans une incrédulité chamarrée d'une effroyable ire. « Vous avez vu tous ces gens. Ce que la Chantrie leur a fait, alors qu'ils étaient innocents... certains ne sont pas même mages, c'est folie pure, c'est abjection... » Il tient la conversation, comme s'il avait toujours eu connaissance de cette silhouette encapuchonnée qui patiente dans son échine – le bon-sens semble s'être tranché les veines. Rien ne lui semble plus curieux que la bêtise des Andrastiens, alors qu'il y aurait tant à redire sur cet invraisemblable environnement. Il se redresse et se tourne en direction du nouvel olibrius, tambours battants, mal à l'aise dans sa situation. « Et vous, vous êtes là, vous ne faites rien. » Il le toise avec toute l'inimitié de l'univers, inspiré par un sentiment de colère et d'injustice aux troubles origines. Il approche de quelques pas, les poings contracturés et l'expression torve. « C'est vous. C'est vous qui leur avez fait cela ! C'est inhumain... C'est vous, pourquoi ?! »

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« His poems are like hymns that would give you the chills. »
Vous qui avez écrit qu’il n’y a plus en terre, voyez qui tient l’épieu ou échauffe l’enferre ? Mon aveugle fureur, voyez qui sont ces doigts d’albâtre ensanglantés, marquez bien le carquois, l’arc et le dard meurtrier, et le coup qui m’atterre ϟ The Inquisitor.
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le Mar 6 Juin - 11:17

Marianis & Gwenaël
⚜ Noirs songes, blanche chimère ⚜

 
Paysage, images inconnues à sa mémoire mais si expressives dans celle de celui où elle s’est infiltrée tel un parasite. Lorsque la nuit tombe et que le sommeil s’abat sur les esprits, ceux-ci perdent les barrières qui les protègent lorsqu’ils sont éveillés. Les Hommes affutent leur corps mais négligent leur esprit et leurs songes, alors à la merci d’individus de sa nature. Dessiner le tableau de désolation face à lui fut un jeu d’enfant et une distraction insouciante. Les prémices du pire, d’un jeu plus sadique encore. Un jeu dont il ne connait malheureusement pas les règles, poupée humaine à la merci de ses caprices dans ce monde onirique. L’horreur délicate se dévoile aux yeux de sa victime, la vérité s’impose. Les victimes des conflits, les morts, les martyrs, tous réunis en une macabre assemblée à la poursuite du seul homme intact parmi leur attroupement. La vue l’amuse depuis Fort Céleste, forteresse vers laquelle l’ancien Inquisiteur se presse, l’armée macabre sur ses talons.

Le silence accueille les propos de l’homme qui l’a rejoint. Indifférence qui serait autant palpable dans la réalité si la situation n’était pas un rêve. L’olibrius qu’elle est ignore le sentiment de compassion. « Moi ? Oh non, très cher… Vous savez très bien que ce n’est pas moi. » La voix est fluette, aérienne. Rien ne semble indiquer l’horreur qui se tapit sous l’apparente pureté, et pourtant. « C’est vous. » Les mots résonnent à travers Fort Céleste, se répète sur la pierre en un écho surréaliste comme pour sonner le glas aux accusations. L’éclat de ses yeux pâles perce à peine sous l’ombre de sa capuche, vient se planter dans ceux de l’homme où se reflète la colère. Peut-être aussi un fond d’impuissance. « Ces gens en sont réduits à ceci parce que vous avez lâchement abandonné les responsabilité qui sont vôtres. Parce que vous n’avez pas su vous battre pour préserver ce que vous aviez. Mais il est plus simple de rejeter la faute sur autrui ou le Créateur, n’est-ce pas ? »

Elle disparaît pour réapparaître plus loin sur le rebord d’une fenêtre brisée. Ses yeux suivent en contrebas les mouvements incertains de ces hommes et femmes pour lesquels elle ne ressent rien si ce n’est un vide immense. Elle pourrait se débarrasser aisément d’eux en un claquement de doigt, mais elle pressent qu’ils peuvent encore avoir leur utilité. « Je m’interroge. Où croyez-vous que la route que vous suivez actuellement va vous mener ? » La foule s’amasse en contrebas, s’agglutine à l’entrée et dans la cours. D’obscures plaintes murmurées ou geintes sont les seuls sons qui sortent de leur bouche et de cette cohorte dérangeante. Marianis se tourne vers l’ombre de l’Inquisiteur dans une lenteur calculée, un large sourire émanant de sous sa capuche. « Sûrement pas vers la sortie en tout cas. Ni vers votre salut. » Sur la pierre se répercute au loin les bruits mats d’individus montant les marches avec lenteur et difficulté. Venir ici n’était que de trouve une accalmie temporaire. Mais heureusement, il est possible de grimper plus haut encore.

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le Mer 7 Juin - 22:44


noirs songes, blanche chimèreles sangsues oniriques s'embusquent au revers des lumières
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Chimères vampiriques et alouvies de sa carne à lui, c'est la sensation qui lui torsade les boyaux et les ombres qui planent au-dessus de son crâne. Pourtant accoutumé, tout au long de cette décade à se flanquer du titre d'Inquisiteur, à cette épée de Damoclès de laquelle il faut se méfier, voilà que les nerfs se fêlent. Le miasme de l'ignominie chantriste lui fait froncer les naseaux et fulminer le cerveau, il ne peut croire à pareille déviation des mœurs, quand bien même la Chantrie aime à avoir ses propres interprétations. Ne serait-ce que Marius et ses féroces Chercheurs de la Vérité, ces pieux n'auraient point laissé tel sacrilège être mené. Pourtant, ce sont bien les griefs de ceux qui se sentent trahis et indûment châtiés qui font écho dans la cour de Fort Céleste, de plus en plus rauques, de plus en plus abondants. Comment aurait-il pu, lui-même, être à ce point frappé de cécité pour ne rien voir du déroulement de cette œuvre aussi macabre soit-elle ? Impossible. Le mot ricoche aux quatre coins de l'esprit, se nielle douloureusement dans l'encéphale pour mieux suinter au cœur. Impossible.
Mais le clairon de la silhouette de lui susurrer cette laide véracité, de contredire ce qu'il se tue à vouloir penser. L'eurythmie pilonne davantage lorsque cette simulacre de démone l'incrimine comme étant le responsable de cette sanction de masse, les cervicales grincent, car la caboche opine spontanément et négativement en guise de prime réponse. Prunelles et affliction béantes alors qu'il contemple le ressac d'Apaisés se frayer un sentier, il replonge dans l'auto-persuasion.
« Non... c'est faux... » Les commissures labiales s'évasent avec rage, il attrape son crâne entre ses paluches crispées, martyr de l'ondée verbale que lui inflige son interlocutrice. « La ferme... » Implore t-il à l'aube du discours. « La ferme !! » Enjoint-il à son point d'orgue à l'instar d'un cabot à l'orée de mordre.

Le flot se poursuit mais il n'en désire plus miette, il ne se sent pas de vivre avec l'envergure de cette culpabilité.
« Qu'êtes-vous pour ainsi juger mes actes ?! » Clabaude le clebs meurtri en faisant volte-face vers l'endroit où la succube s'est juchée, tous crocs sortis, venin postillonné. « Le Créateur m'en est témoin ils sont chardons à mon cœur ! L'abnégation est une faiblesse, mais la mort aussi ! » Et c'est en tas dans un charnier qu'on aurait retrouvé l 'Inquisition et ses beaux rangs s'il n'en avait pas de ses mains lardé les armoiries. Elle ne comprend pas. Comme tous ceux qui le toisent et dédaignent son choix.
Les doléances mortifères se faisant plus pressantes, Gwenaël quête intuitivement pour une échappatoire. Il s'élance et emprunte derechef des escaliers qui le font grimper d'un nouvel étage, dans lequel il espère pouvoir se réfugier. Une fois dans la pièce, il se barricade sans tarder, faisant choir tables et tabourets pour bloquer l'huis – comme si l'idée pouvait lui être en quoi que ce soit salvatrice. Ses pas le conduisent ensuite jusqu'à une épaisse poutre à laquelle il s'arc-boute, la sueur perlant à son front et à ses tempes comme si la lave des Tréfonds se trouvait à proximité. Quant à Elle, il la sait toujours là.
« Qui êtes-vous diablesse ? » L'interrogation est un soupir algide, c'est qu'au revers de son irascibilité et des mâchoires qui claquent, il craindrait presque son identité. L'aura de l'intéressée dégueule un « quelque chose » qui gèle l'ichor, elle lui semble... inexplicablement patibulaire. « Laissez-moi en paix... N'ai-je pas suffisamment de mon faix sans que vous ne veniez persifler ? »

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le Dim 11 Juin - 9:45

Marianis & Gwenaël
⚜ Noirs songes, blanche chimère ⚜

 
La fuite n’est qu’une illusion, la lueur d’espoir des fous et des ignares. Penser échapper à un Rêveur au sein d’un songe duquel il n’est que la marionnette pour laquelle elle a façonné ces lieux et ces visages à l’agonie est vain. Seul être perdu au milieu de ce tableau désolant, il ne peut qu’y suivre le chemin qu’elle a tracé pour lui tout en haut de cette tour – parfait perchoir pour constater les ravages de ce monde forgé avec la peur et les cauchemars. Confrontation et mise au pied du mur, nulle autre échappatoire n’est admise si ce n’est une chute mortelle en contrebas. « Vous fuyez à nouveau. N’êtes-vous donc pas las ? Vous avez beau vous dresser sur vos deux jambes, ce n’est point la fuite qui vous fera avancer. » Sa démarche légère et souple lui donne un mouvement presque surnaturel dans cet endroit où les lois physiques du monde n’existent que pour ceux qui ignorent comment s’en affranchir. Elle, elle est ici. Mais aussi là-bas. Partout à la fois. N’importe où Gwenaël ira dans ses songes dont il n’est pas maître, seulement le visiteur contraint de suivre un chemin qu’il n’a pas choisi, qu’il en soit conscient ou pas.

« Je porte bien des noms. Bien des visages également. Lequel souhaitez-vous voir ? » Elle s’amuse de la situation et cela transparaît à l’intonation de sa voix. Tout ceci n’est qu’un jeu. Mais dans son esprit chaotique, les jeux n’ont pas la candeur de l’enfance. Les jeux sont d’un sérieux mortel, machinations auxquelles elle consacre rigueur et méthode bien que la jouissance ne soit jamais très loin. « Peut-on vraiment parler de persiflage lorsqu’on ne cherche qu’à confronter autrui avec la réalité ? Laissez-moi vous dire une bonne chose, Inquisiteur… » Ce dernier mot se répercute sur les parois de pierre comme pour marquer son esprit. La silhouette diaphane se révèle être immaculée à mesure qu’elle se rapproche à pas lents de l’homme qui a déjà tant enduré, et qu’elle harcèle pourtant jusque dans ses rêves. Les gémissements se rapprochent, les patoches viennent s’écraser contre la porte barricadée et une litanie assourdissante débute. « Je ne saurais être votre ennemie, quoique vous en pensiez. Je ne suis là que pour vous relever et vous aider à ouvrir les yeux, peu importe la manière qu’il faudra employer pour parvenir à ce but. Vous ne pouvez demeurer si égoïste et là, à vous morfondre du fardeau qui est vôtre. A le laisser sombrer dans l’oubli et l’opium. Vous avez un devoir envers les vôtres. L’absence de titre ne saurait vous en absoudre. » Elle s’est approchée si près qu’elle n’aurait qu’à tendre le bras pour le toucher, pour effleurer son visage de ses doigts fins et délicats. Une caresse qui ne serait que froid glacial léchant la peau, telle la créature surnaturelle qu’elle sait être dans ces lieux, un rôle qui lui sied bien. « Rappelez-vous à notre bon souvenir à tous, et dîtes-moi celui que vous êtes réellement. »

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le Lun 12 Juin - 12:25


noirs songes, blanche chimèreles sangsues oniriques s'embusquent au revers des lumières
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Las, qu'il peut l'être. Ballant à la corde du condamné sous les prunelles sardoniques des détracteurs et des impuissants. Recru de cette cabale alors qu'il n'est coupable que d'obligeance envers son prochain, avec ou sans aura mystique, criminel de vouloir être un onguent sur les plaies putrescentes de ce fichu microcosme. La bonté ne paie pas toujours, s'est-il niellé profond dans la cervelle, et à défaut de pouvoir aider l'indigent, il ne peut non plus se résoudre à l'embourber dans des ennuis qui risqueraient de le mener droit au gibet. Entre regrets et remords, il ne sait quel surin le larde le plus douloureusement. Lui qui songeait obtenir un iota d'accalmie une fois sa démission annoncée au tout Thédas, après tant d'années à jouer le calice de la veuve, de l'orphelin et de l'infortuné, le Créateur semble ourdir bien d'autres choses à son sujet.

La détresse dans les yeux, il contemple avec un blême effroi cette créature anthropomorphe qui flotte plus qu'elle ne marche, pense t-il apercevoir. Durant une fraction de seconde, il s'interroge : est-ce possible que, cuvant dans une encoignure sans plausibilité de se défendre, il ait été la proie d'un démon ? D'un spectre de l'Immatériel désormais dans son esprit, un tourmenteur se pourléchant les babines face à ce met de choix, cet Inquisiteur n'ayant point tout perdu de ses accointances cardinales au contraire de sa volonté d'agir. La conjecture lui glace les veinures, tandis que la drôlesse se délasse de sa carcasse sans daigner se présenter. Pis encore, elle fait pilonner son titre déchu contre les parois de tout Fort Céleste, jusque dans les moindres recoins de son encéphale et de son myocarde. Chaque mot qu'articule ce phonème diaphane lui suçote un peu plus de sa vitalité déjà malingre, il serre les mandibules et s'agriche à son déni.
« Arrêtez... » Acculé entre la sylphide et la menace qui rauque au revers de l'huis, il se redresse et darde des calots au paroxysme du méfiant sur cette dernière... qui lui miaule sa sympathie, et son desiderata de le remettre dans le droit chemin duquel il a pernicieusement obvié. Une volition qui le laisse coi, et à laquelle il peine accorder vraisemblance, quand bien même ses propos se fichent en plein dans son âme. Il recule de quelques pas, exsangue et pantelant. « Cessez là... » Il secoue le chef. « Je sais... je sais que je suis devenu indigne de ce qu'un jour je fus... Mais à quoi bon s'échiner à sauver des gens si c'est pour les retrouver macchabées dans le charnier ou spoliés de volonté au service de la Chantrie ? En les aidant je les condamne... j'ai essayé, si ardemment, croyez-moi... » Ardemment, il est vrai, mais peut-être pas suffisamment. Dans l'abîme de son être, quelque part, il le sait.

Ses foulées l'éloignent encore, jusqu'à ce que son râble ne cogne contre la barricade de fortune qu'il a de ses paluches improvisée. A peine stoppé, le bois vocifère soudain, la porte se retrouve éventrée et les mains sycophantes d'emprisonner Gwenaël de toute part. Il feule et s'accroche au chambranle pour empêcher les martyrs de l'emporter, luttant de tout son soûl, écume aux lippes et hargne dans la peau. Il quête du regard pour son estoc, qu'il distingue à deux coudées de là, sur le sol. Incapable de la récupérer de lui-même, il n'a d'autre choix que de vouer tout son intérêt à la sibylline ondine.
« Mon épée... ! » Ou quoi que ce soit – n'importe quoi ! « Faites quelque chose... ! »

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le Mar 27 Juin - 21:47

Marianis & Gwenaël
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C’est le glas qui retentit, l’épée de Damoclès qui s’abat alors que le bois craque et que la porte s’écroule comme un château de cartes. Bruit assourdissant et plaintes qui bombardent la pièce et se répercutent en un écho inquiétant. Les anonymes emplissent l’espace comme autant de victimes venues exiger une raison, un sens à leur malheur. C’est avec un désintérêt feint qu’elle les regarde entourer celui qui marchait autrefois parmi les grands de ce monde, pour être aujourd’hui réduit à plus bas que terre. Faussement étonnée, elle offre des yeux ronds à l’Inquisiteur d’un autre temps : « Vous trancheriez dans le vif, même si vous avez possiblement connu certains d’entre eux ? » Malgré l’innocente question, sa silhouette se penche sur l’arme qu’elle agrippe de ses mains délicates. Des mains – que l’on pense à tort – faites pour rester pures et dévouées à la bienveillance qu’elles ont pourtant bafoué maintes fois.

La lame racle le sol alors qu’elle la tient négligemment – arme de rustre pour celle qu’elle est – mais un outil salutaire pour l’homme aux mains avec la plèbe des illuminés. Elle s’avance d’un pas souple et tranquille pour fendre la masse grouillante, l’épée toujours sagement à ses côtés. Mais ce n’est point celle-ci qui lui trace un chemin jusqu’à Gwenaël. Son passage embrasse ceux ayant le malheur de la toucher ou de l’approcher de trop près – victimes hurlantes prenant la fuite dans une douleur peu enviable. Le feu consume, le feu dévore et la fait parvenir jusqu’à l’homme dont elle s’enferme dans un cercle de flamme tracé au sol, sous les plaintes rugissantes. « Prenez-la. Un peu d’exercice ne saurait vous faire du mal. Depuis combien de temps n’avez-vous plus manié une arme ? Je gage que vous devez avoir le poignet un peu trop indolent. » Elle lui offre la poignée, un sourire moqueur aux lèvres. « C’est pour vous qu’ils sont là, c’est à vous de les affronter. » Paroles au sens caché, demie vérité. Après tout, n’a-t-elle pas fait que profiter de la situation afin de le conduire là où elle le souhaitait ? Si la forteresse est son œuvre, on ne peut en dire de même pour la horde des martyrs dont elle n’a fait qu’exacerber le réalisme. Elle n’a fait que se glisser au sein d’un cauchemar qui se jouait déjà avant son arrivée, quoique celle-ci ait fortement bien coïncider. La véritable épreuve est juste après, cachée dans les recoins du rêve.

« Soyez prêt. » Le feu les encerclant s’étouffe sans laisser la moindre marque au sol, signe évident de sa nature surnaturel. Elle s’écarte pour mieux laisser la horde s’en prendre à nouveau à Gwenaël, armé cette fois-ci. Au moins les chances sont-elles plus équilibrés, encore faut-il qu’il n’ait pas tous perdu de l’habileté qu’on lui vantait autrefois.


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le Lun 3 Juil - 16:54


noirs songes, blanche chimèreles sangsues oniriques s'embusquent au revers des lumières
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Les marbrures gonflent sous la blême carnation, l'effort est considérable pour empêcher les spectres râleurs de l'emporter dans leur houle luciférienne. Les biceps s'ankylosent et les mandibules se contracturent , les tympans souffrent et frémissent de ces plaintes gutturales que gerbent les goitres des démons. Semblable à la Corruption, il lui semble que les ténèbres le gagnent, telle une gangrène qui le rendra ladre. Ses affects en loques n'en seront que plus heureux, que leur laid et putrescent aspect puisse se voir en dehors. Gwenaël n'a jamais su mentir, de toute façon, trop intègre pour s'embusquer derrière les mystifications, ses ressacs de sentiments réussissant toujours à percer son exosquelette pour faire ostentation. Mine exsangue et haleine aux relents de mauvaise gueuze, c'est au final tout ce qu'il est au dedans. Que dire à présent, qu'entonner alors qu'il se trouve aux prises avec les martyrs de sa propre bêtise ? Il ne peut tenir, il le sent, ses phalanges glissent sur le chambranle et sa cage thoracique manque de rompre sous l'extrême tension des paluches qui l'agrichent. L'une d'entre elles le prend à la gorge, une seconde lui larde la gueule de ses serres et manque de l'éborgner. Le râle crève entre les cordes vocales, tandis que l'ondine fantomale s'étonne faussement de son vouloir.

C'est elle qui le glane à l'orée de la perte, alors qu'une puissance ignée le caresse sans même le blesser, là où elle dévore la carne désoeuvrée des Apaisés. Enfin libéré de ses liens viciés, le quidam respire, des filets écarlates perlant au dextre de sa face. Un instant pour rassembler ses esprits au tintamarre des ennemis embrasés, puis il lève les prunelles sur celle qu'il croit Esprit, apparition divine mais non moins digne de méfiance. L'indicible bergère, telle qu'il la voit, lui concède le fer de sa contre-attaque. L'égaré ne devine que trop bien l'orientation de ses mots, ces doux mots qui galvanisent subito corps et raison. Aussi sa poigne saisit-elle le manche de son estoc, dont il contemple la lame trop longtemps restée vierge depuis la disparition de l'Inquisition. L'échine se fait droite et la musculature se bande, avant même qu'elle ne l'annonce, le voilà prêt à y aller de son répondant. L'entraînement manque, mais les réminiscences se font phosphorescentes dans le fuligineux de son esprit – l'on n'omet pas toute une vie de baroud pour quelques semaines d'abnégation. L'intuition guide la posture, et quand bien même la pupille regrette la vision des amis et accointances qu'il s'apprête à pourfendre, mieux vaut la mort à la sempiternelle hypnose de cet infâme rite de contrôle.

Le bretteur rugit lorsque se présente le premier opposant, si tôt talonné par une légion d'homologues tous plus alouvis les uns que les autres. Et l'épée de fendre l'air aussi sûrement que la hache du bourreau, étêtant l'enhardi, parée à déjà embrocher le second. La valse des guerriers est toujours ancrée dans la moelle, niellée dans l'os à l'instar de glyphes sur la carcasse devenue fantoche. Marionnette aux mains de l'instinct, celui de préservation, qui taille dans la chair sans crainte de se faire maculer du vermeil des veines. Il ne sait combien d'entre eux passent sur son fil meurtrier, il ne fait que pourfendre inlassablement, expiant graduellement son péché de faiblesse – cet abandon que d'aucuns louent, que d'autres dénoncent. Au point d'orgue de maints châtiments, l'accalmie. Frêle, car déjà dans les corridors et dans toute la citadelle, font écho les lamentations du prochain ressac. L'adonis, tout de sang chamarré, reprend son souffle non sans vaciller et se retenir à un meuble rescapé. Sur sa langue, l'âcre sapidité du précieux ichor, et la rage qui pulse jusque dans les micro-veinures de ses calots.
« J'entends... j'entends ce qui fut et doit être fait. » Halète t-il, résigné, une fois encore, face au fatum qui ne cesse de le hanter. « Pourrai-je me relever, je ne le crois... et si d'aventure cela se passe, dites-moi, vous qui semblez savoir... » Sa litanie va à cette lactescente chimère qu'il ne regarde. « Ai-je seulement une chance ? »

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Vous qui avez écrit qu’il n’y a plus en terre, voyez qui tient l’épieu ou échauffe l’enferre ? Mon aveugle fureur, voyez qui sont ces doigts d’albâtre ensanglantés, marquez bien le carquois, l’arc et le dard meurtrier, et le coup qui m’atterre ϟ The Inquisitor.
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▲ LOCALISATION : Kirkwall, fer de lance des apostats et de tous les martyrs de la prétendue Chantrie.

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le Ven 14 Juil - 23:51

Marianis & Gwenaël
⚜ Noirs songes, blanche chimère ⚜

 
Une danse de mort. Des corps qui s’entassent, happés par l’acier et un implacable instinct de survie qui refait surface, enfoui pendant trop longtemps sous la boisson et les remords. Un spectacle s’offrant à ses yeux clairs dont elle ne loupe aucun instant, sentant la satisfaction se répandre tout doucement en elle comme une chaleur s’éveillant doucement au sein de ses entrailles. A cet instant, elle le sait. Elle sait qu’elle a enfin réussi à éveiller quelque chose au sein de l’ancien Inquisiteur. A raviver les braises d’un feu qui brûlait autrefois tel un brasier ardent. Un sens du devoir si cher aux hommes de son espèce. Le point d’ancrage pour en faire sa marionnette face à la Chantrie sudiste, avant d’éveiller en lui la volonté de vengeance et d’affirmation de son rôle et de son autorité. L’Inquisition – l’instrument de la Chantrie de ces hérétiques – sera leur propre perte.

Puis la tourmente retombe et le silence se fait, libérateur après l’incessante litanie incompréhensible des martyrs. Une délivrance pour lui, peut-être. Pour Marianis également, mais pourvue d’un tout autre sens : ses oreilles commençaient à s’agacer de tout ce raffut. Et le constat tombe, empreint de résignation. La flamme est encore frêle, susceptible de s’éteindre à tout moment, soufflée sans la moindre peine. Alors la demoiselle s’approche de l’homme qui fut autrefois guerrier de renom. Elle s’approche de cette démarche à la fois douce et étrangement fluide pour se planter juste devant les yeux du guerrier, sa capuche glissant en arrière pour dévoiler son visage parfaitement immaculé. Des yeux bleus, presque diaphane cherchent ceux de Gwenaël, en quête d’un contact d’âme à âme. La grâce de son visage proche de la perfection lui donne des airs de poupée délicate, fragile. Et pourtant c’est bien d’elle dont les flammes ont émanés quelques instants auparavant, laissant supposer une fragilité qui n’est qu’apparente. « Vous devez croire. Pas en un dieu, mais en vous-même. C’est ainsi que vous saurez surmonter les maints obstacles qui vous attendent. Vous aurez votre chance, sachez seulement la saisir à l’instant opportun. »

La pierre gronde puis tremble autour d’eux, et l’air devient lourd. Un son abominable emplit l’espace, surnaturel, inhumain. Mais la jeune demoiselle ne cille pas face au guerrier, peu soucieuse du danger à venir. Elle scrute le visage de Gwenaël quand sur le sien ne transparaît absolument rien, figure de marbre s’il en est. « Vous ne serez pas seul dans votre quête. N’en doutez pas. » Un autre mugissement strident éclate, celui-ci semble se rapprocher. Quelle créature est capable d’émettre un tel son, peu d’individus sont encore en vie pour pouvoir le dire. Un simulacre de sourire vient relever la commissure de ses lèvres, alors que ses prunelles ne lâchent toujours pas celui qui fut l’Inquisiteur. « Mais je crois que le temps n’est pas encore venu pour vous d’affronter l’incarnation de vos peurs. Il est trop tôt pour cela, ne croyez-vous pas ? » Du haut de leur perchoir de pierre, on peut alors apercevoir une masse grouillante se déplaçant dans la direction du fort. Un démon de la peur.


⇜ code by bat'phanie ⇝

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le Mer 19 Juil - 22:37


noirs songes, blanche chimèreles sangsues oniriques s'embusquent au revers des lumières
***

Ses gemmes hyalines de se relever comme devant un divin berger, il ne perd rien de l'approche de l'opalescente nymphe qui demeure encore maintenant, une énigme. La capuche qui ne la rendait que plus fuligineuse encore finit par choir, levant le voile sur une physionomie féerique, magnétique au plausible, presque ceinte d'une nimbe aveuglante. La créature subjugue, et Gwenaël jure, pareille apsara ne peut être issue que de ses songes. Tant de vénusté et de mysticisme qui ankylosent, tellement, qu'il n'ose y croire, n'ose y prêter confiance. Nonobstant les événements, il ne sait de quel côté de l'échiquier elle tangue, et lui ? Lui, il n'est qu'un humain parmi d'autres, trop mortel et trop lambda pour être familier à ce qui échappe à l'entendement usuel. Il écoute la voix lui tisser une perspective, une échappatoire inespérée dans son existence galvaudée. Un chant de sirène qui vibre à ses tympans, et il veut y croire, à cette prophétie qui lui redonnerait espoir. Sur sa rétine s'ébauche les esquisses d'une Inquisition ressuscitée de ses cendres, un fantasme interdit qu'il effleure aujourd'hui du bout de la phalange. Puis, l'atmosphère se gâte, il furète dans les environs avec un air interloqué, sans savoir que faire de ce soudain revirement. Le rauquement est puissant, d'un augure aussi mauvais que l'essor d'un corbeau. Il ne revient sur le visage poupon qu'au point d'orgue de sa tirade, et son œil de vriller sur la masse informe qui se projette au loin. La seule vision du cauchemar ambulant suffit à enserrer son myocarde, un instant, plus rien ne fonctionne dans ses voies respiratoires. Tout s'arrête. Tout s'estompe. Violemment.

Il s'époumone, et choit lamentablement de la caisse lui servant de couche de fortune. Son échine heurte le sol et le voici à se vautrer dans la paille qui s'agglutine à son front en sueur. Gwenaël se redresse de moitié, campé sur ses rotules telle une mangouste en alerte. Il lorgne à droite, il lorgne à gauche, et sa subite migraine le rappelle à tout ce breuvage ingurgité la veille. Dans un râle, il se frotte la caboche, comprend et se soulage de savoir que tout cela n'était qu'un mauvais rêve. Baroque chimère qui lui laisse les traits tirés.


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