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23 MAI 2017 - OUVERTURE DU FORUM
(univers Dragon Age, un siècle après les jeux)
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facing the enemy (nyghann)

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Nyghann Cieth
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Dim 18 Juin - 22:28
Nyghann… évite les compliments. S'il te plait.

« Pourquoi ? Tous les compliments sont bons à prendre, non? »

Tous ces peigne-culs de riche d'Orlaïs incapable de se satisfaire de la moindre petite chose. Où était donc le plaisir de la vie, celui qui donnait encore le pouvoir à une personne de savourer ne serait-ce qu'un sourire ? Plus les minutes passaient et moins Nyghann se sentait à sa place dans cette demeure. Et pourtant elle continue de sourire, elle se force, juste pour lui. S'emparant de son couteau, d'un geste machinale et mal élevé, elle vient se curer les dents avec la lame, ignorant l'échange entre Calienne et son oncle, se fichant éperdument d'avoir ruiné une robe hors de prix. Ce n'est qu'un bout de tissu après tout, rien d'irremplaçable.

Et donc… après que mon oncle vous a sauvée de l’Abomination… vous êtes devenus… proches ?

Nyghann se fige dans son geste alors que l'azure de ses yeux glisse jusqu'à la silhouette mignonnette de l'orlé sienne. Il n'y a plus la moindre lueur d'amusement dans les yeux de l'elfe, comme si sa candeur avait soudainement fui.

C’est juste que votre amitié est tellement singulière. Une elfe dalatienne qui se lie à un Chercheur de la Vérité, on ne peut trouver cela que dans un livre. 

Plus les mots sifflaient hors de petite bouche et plus Nyghann avait subitement envie de l'étrangler. Certes, elle avait donné son accord pour les questions, mais à aucun moment elle ne s'était attendu à cela. Sous le regard désapprobateur de son père et celui surpris de Marius, Calienne renchérit pourtant.

Mais père, oncle Marius ne ramène jamais personne à la maison, encore moins une femme… ni une elfe.

« Vous devenez insultante, mademoiselle de Ghislain. »

Siffle soudainement Nyghann, reposant le couteau d'un geste lent. Elle ignore la présence du duc alors que ses yeux se font froids, austère. Elle aurait presque pu foudroyer la jeune fille sur sa chaise si elle avait pu. L'horrible pimbêche à générer en elle une vague de dégoût prononcé et c'est avec sévérité que la garde l'observe. Car oui, cette fois outre les froufrous qui ornent sa silhouette sylphide, c'est bien de ce gabarit dont elle se revêt. Et son aura n'en semble que plus lourde, plus imposante.

« Mais soit, puisque vous semblez avoir l’irrépressible besoin de combler votre curiosité... je vais vous conter l'histoire qui me lie à votre oncle. Cette abomination que vous avez mentionnée... Il s'agissait de ma mère. Dites-moi, avez-vous déjà vu quelque pratiquer la magie du sang ? Je suppose que non, en bonne rentière que vous êtes, vous n'avez probablement pas dû voir grande chose autre que les tapisseries de cette demeure et la couleur des jupons de vos parents. »

Se permet Nyghann sur un ton glacial alors que son regard assassin ne quitte pas le faciès poupin de la nièce de Marius. Oh elle risquait sans doute très gros mais la colère qui grondait en son sein lui faisait oublier la menace qui pesait sur ses épaules.

« Votre oncle m'a sauvé de ma propre mère alors même que je l'ai vu se changer en monstre... Alors si pour vous cette amitié est digne d'un livre, tant mieux. Mais la réalité n'est pas aussi rose que celle de vos lectures douteuses, Calienne. Je dois la vie à Marius, mais pas seulement... Il ne m'a pas juste protégé, il m'a ouvert les yeux sur ce monde et sur ce que j'étais vraiment. Il a été une source d'inspiration, il m'a fait réaliser que peu importe que nous soyons Hommes, Nains ou Elfes, la seule chose qui compte c'est la force de nos convictions. Sans Marius, je n'aurais jamais rejoint la garde des ombres... Et c'est parce qu'il a lui-même fait le choix de sacrifier sa vie, de se mettre en danger pour sauver la mienne, que j'ai décidé d'en faire autant. Je ne suis peut-être qu'une elfe, une mage... Mais j’œuvre chaque jour depuis des années pour que d'autres restent à l’abri. Pendant que vous discutez chiffons et dentelles, je rampe dans les tréfonds, je tue des abominations... Alors navré si la vérité vous blesse mais j'ai trop de respect pour vote oncle pour réclamer de lui autre chose que l'amitié sincère qui nous unit. Et parce que cette amitié est le plus beau cadeau qu'il pouvait m'offrir en plus de l'avenir sur lequel il m'a guidé, je lui dois plus que des battements de cils et des oeillades énamourées. Je vous rappelle donc, mademoiselle de Ghislain, bien que votre père ait eu la générosité de l'accueillir sous son toit, je n'en reste pas moins un membre de la garde des ombres et j'attends de vous que m'offriez le respect qui me revient de droit. Je suis Garde senior et j'exige d'être traité avec l'égard qui convient à mon rang. »

La voix de l'Elfe se meurt doucement. Dans son corsage, sa poitrine se gonfle, se tend sous une intense inspiration. C'était la première fois depuis longtemps qu'elle parlait si clairement de son lien avec Marius. Alors qu'un silence pesant et tendu s'installe dans la salle de repas, Nyghann relève le visage, dardant son regard clair sur le Duc et murmure.

« Sire ? Ai-je votre permission pour quitter votre table ? J'aimerais profiter de votre jardin si vous m'en donnez le droit. Je crois qu'un peu d'air frais me ferait le plus grand bien. »
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Lun 19 Juin - 1:15
Si l’expression de Marius s’était tout d’un coup paralysée face aux questions déplacées de sa nièce, elle n’avait rien à envier au visage soudainement figé de la jeune elfe assise à côté de lui. Et malgré l’avertissement caché que le Duc avait adressé à sa fille sous couvert d’un amusement feint, celle-ci continua à s’engager dans la brèche ouverte par la surprise ahurie du Chercheur et de la Garde. Mais là, par ses derniers mots, elle était allée trop loin, beaucoup trop loin. L’impudence dont elle fit preuve frappa le cadet de Ghislain de plein fouet, au point où il fronça immédiatement les sourcils, la foudroyant du regard par cette remarque qui outrepassait toute bienséance. Comment ça, « il ne ramenait jamais de femme à la maison » ? Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire, à cette petite peste trop gâtée ? Mais le pire fut sans doutes le fait de rappeler, avec ce petit air condescendant, la condition elfique de leur invitée.

Calienne, de par son rang et sa prime jeunesse, n’était habituée qu’aux dorures de sa demeure ici, à Ghislain, ou à celle de Val Royaux. Et partout où elle allait, suivait une myriade de serviteurs elfes, prêts à répondre au moindre de ses caprices. Elle n’avait jamais été dans la saleté d’un bas-cloître, elle n’avait jamais été confrontée à la rudesse de la vie des Dalatiens qui voguaient avec leurs caravelles de plaines en plaines et de forêts en forêts. Marius songea que dans son esprit étriqué de petite duchesse, un elfe n’était bon qu’à servir et à se taire, certainement pas à faire une bonne conversation ni à nouer une franche amitié. C’était à se demander ce que son frère et sa belle-sœur avaient raté dans son éducation… Le Seigneur-Chercheur jeta par ailleurs un œil discret à l’encontre de Laurent qui, bien que gardant un masque impassible, commençait à brûler d’une aura bien plus sévère concernant les écarts de sa fille. Oui, les nobles orlésiens faisaient de l’hypocrisie et du cynisme un jeu et un mode de vie mais, justement, si d’aventure on avait à sa table une personne aux origines déplaisantes, il était fort discourtois et maladroit de montrer sa désapprobation de manière aussi directe.

Mais avant que le père ou l’oncle ait pu remettre à sa place la jeune fille, d’une manière ou d’une autre, c’était Nyghann qui avait pris les devants. Le changement de ton et d’assurance qu’elle avait pris était d’un contraste saisissant par rapport à son comportement jusqu’ici. Durant un instant, Marius lui-même éprouva la crainte qu’elle aussi n’aille trop loin en s’en prenant à la gamine effrontée. Ses doigts s’étaient encore davantage crispés sur ses couverts à mesure que son amie s’emportait dans sa vague d’éloquence. Néanmoins, ce qu’elle avouait là, elle ne l’avait jamais aussi explicitement révélé au Chercheur. Au fond de lui, un petit pincement serra son cœur, touché par cet encensement qu’il n’aurait jamais demandé de sa part et qu’il pensait ne pas mériter de toute manière. Certes, à ses yeux, il avait mis sa vie en danger pour la sauver des griffes de son Abomination de mère. Mais en tant que Chercheur, c’était simplement son devoir qu’il avait accompli ce jour-là, en évitant qu’un bain de sang ne soit perpétré au sein du clan Dalatien. Et avec l’âme du Chevalier qu’il avait malgré tout gardée, il lui aurait été de toute façon impossible de détourner son chemin. Marius n’était pas particulièrement modeste mais venant de son amie, il estimait que tous ces compliments étaient bien trop généreux à son égard.

Quant à Calienne, son visage se décomposa peu à peu sous les attaques verbales et animées de la jeune elfe. Elle passa d’une mine innocemment enjouée à une froideur qui brilla jusque dans ses yeux clairs, un masque acide recouvrant son minois habituellement si jovial et poupin. Manifestement, Nyghann ne s’était pas faite une amie, mais que cela pouvait-il bien lui faire ? Marius aurait été bien incapable de le lui reprocher. De toute manière, elle avait raison : elle était avant tout un membre éminent de la Garde des Ombres au vu de son rang de Garde Senior. Cela ne signifiait sans doutes rien pour une jeune fille loin des cruautés de la vie, cependant. Mais le Seigneur-Chercheur ne put que hocher doucement la tête en guise d’approbation à la conclusion de l’elfe. Même Laurent observait sa fille d’un œil dur, quant à son épouse, elle se contenta d’incliner légèrement la tête en direction de leur hôte. Ses mots n’étaient sans doutes pas faciles à entendre et à accepter et peu de parents aimaient qu’on critique aussi durement leurs enfants, cependant, cela s’était avéré nécessaire, d’une manière ou d’une autre.

Le Duc lissa sa moustache tandis qu’il répondait poliment à Nyghann : « Vous êtes une invitée de marque, non une prisonnière. Vous êtes libre d’aller à votre guise, et je suis certain que la fraicheur des fontaines vous fera du bien. » Du coin de l’œil, Marius observa son amie se redresser de sa chaise, avant de tourner légèrement la tête en direction de son frère. D’un simple regard, ils se comprirent mutuellement, fort d’une complicité qui s’était forgée au fil des ans, aussi étrange pouvait-elle paraître, entre l’ainé et le cadet de leur lignée. « Permets-moi de t’accompagner. », proposa-t-il posément à son amie tout en se levant aussi. L’accompagnant jusqu’à la sortie de la pièce sans un mot, il se retourna à moitié une fois dans le couloir, pour apercevoir son frère s’adresser à Calienne, sans pour autant connaître le contenu de son discours. Les couloirs déserts firent monter l’écho de leur pas jusqu’à ce qu’ils parviennent aux jardins dont les senteurs diverses s’évaporaient à présent dans la nuit tombée. Le pas flegmatique, les mains croisées dans son dos, Marius observa çà et là les arrangements faiblement éclairés. « Remettre Calienne à sa place… c’est la meilleure chose que j’ai vue depuis longtemps. », finit-il par commenter avec un sourire en coin sincère. « Mais… quant au reste, je ne pensais pas… enfin, je n’aurais pas cru t’avoir marquée à ce point. J’ai simplement fait ce qu’il fallait… mon devoir, en somme. »

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Nyghann Cieth
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Lun 19 Juin - 21:39
Elle craint le regard du Duc mais plus encore sa réaction.
Alors qu'elle se lève, Nyghann aspire plus que tout au calme, à la paix. Les jardins lui semblent l'endroit parfait pour cela et quand l’aîné Ghislain lui donne sa bénédiction, sans la moindre forme de reproche, l'elfe s'en va soulager. Mais pas sans Marius qui affirme vouloir l'accompagner. Par politesse ou bien pour des remontrances ? Elle doute sincèrement que sa petite joute verbale avec Calienne ne soit bien accueillie. Et pourtant, personne n'a relevé, même pas la mère de la concernée. Même pas son père qui aurait pu se sentir insulté par ce mépris soudain envers son enfant, sa chair et son sang. Au fond, c'est comme un soulagement pour tout le monde. Sauf pour Nyghann en qui le doute persiste. Du haut de ses talons et de ses jupons, c'est sans moufter qu'elle suit Marius jusqu'au jardin. S'offre alors la voûte céleste, les lumières des feus d'éclairages et l'un des nombreux bassins qui offrent la fraîcheur d'une eau pure.

Remettre Calienne à sa place… c’est la meilleure chose que j’ai vue depuis longtemps.

« Ta vie doit être bien morne, dans ce cas. »

Rétorque simplement l'elfe avant de se laisser choir sur le bord du bassin. Se contorsionnant, elle crochète le laçage de son corset et tire dessus, relâchant sensiblement la bride de soie qui l'enserre comme un étau. En moins de temps qu'il n'en faut, sa poitrine retrouve la place qu'il faut et l'air soudainement expirer lui semble être la meilleure chose d'un monde. Une inspiration, une expiration et c'est toute l'angoisse et la tension du repas qui semble retomber. La jeune femme soupir avant de pivoter doucement, observant les poissons tout juste visiblement dans la pénombre de la nuit. Les torches éclairent juste ce qu'il faut et lentement, l'elfe plonge la main dans l'eau froide, dessinant des arabesques dans l'onde.

Mais… quant au reste, je ne pensais pas… enfin, je n’aurais pas cru t’avoir marquée à ce point. J’ai simplement fait ce qu’il fallait… mon devoir, en somme.

« Cela te semble si... incongrue, je pensais pourtant que c'était une évidence. »

Le silence de la nuit retombe mollement. C'est presque pesant d'avoir à se confier, d'avoir à parler de cela avec Marius. Lui qui a eu un impacte si fort sur sa vie, en dix années, ils n'avaient jamais évoqué ce sujet. Pour Nyghann si peu familière avec les confidences, si peu ouverte, c'était une véritable épreuve. Son regard se fait fuyant, s'égare sur la beauté des jardins alors que sa voix s'élève à nouveau, paisible mais brisée.

« Tu m'as appris que l'humanité n'était pas une question d'ethnie... C'est un mode de vie, c'est une façon de penser. Je suis un elfe, mais le jour où tu m'as sauvé la vie, tu m'as montré ce que c'était qu'être humain. Je n'ai jamais vu en toi la moindre once d'irrespect à mon égard, tu ne m'as jamais mis à l'écart alors même que tu avais toutes les raisons du monde de le faire. »

Malgré elle, Nyghann affiche un pâle sourire alors que son visage se baisse, ses doigts courant sur la dentelle cousue à la soie qui la recouvre. La gêne la gagne et c'est tout son être qui se tend, plus fort que jamais. Plus encore que lorsqu'elle affronte les horreurs des tréfonds.

« Tu as fait de quoi quelqu'un de meilleur Marius. Tu m'as appris le sens du devoir, tu m'as montré ce qu'était le sacrifice... C'est une facette de toi que j'ai toujours aimé. C'est peut-être naïf, cela semble peut-être idiot mais... Cette bonté en toi, c'est sans doute ce qui m'a sauvé, plus que ton épée. »
Elle lève les yeux, affrontant le regard de Marius. « J'ai toujours imaginé que tu pouvais être fier de mon choix, d'avoir rejoint la garde des ombres... Je veux juste que tu sache que... Je ne regrette pas la vie que je mène. Je m'y épanouis en grande partie grâce à toi. »

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Mar 20 Juin - 23:44
Marius observa sans mot dire la jeune elfe se laisser tomber devant le bassin à la pierre finement ouvragée, la laissa se mettre plus à l’aise après ce dîner qu’il avait deviné éprouvant. Un sourire à la fois triste et sincère vint orner les lèvres du Seigneur-Chercheur qui se devait de répliquer : « Oh non, loin de là. Mais lorsqu’il s’agit d’occire des Abominations, de juger les agissements parfois inhumains des Templiers ou d’enquêter sur ce qui s’apparente parfois aux noirs desseins des uns ou des autres, ce ne sont pas vraiment des choses que je qualifierais de “bien”, encore moins de “meilleure chose vue depuis longtemps”. » Même en restant sagement à Val Royaux, à portée d’oreille de la Divine et dans les hautes sphères de la Chantrie, Marius ne risquait pas de s’ennuyer et se demandait parfois comment il faisait pour ne pas devenir totalement paranoïaque dans ce monde où se tramaient complots sur complots, même dans les jardins les plus paisibles et innocents. Et s’il en venait à bout, le Seigneur-Chercheur n’en attendait ni gloire, ni remerciement. C’était après tout la fonction des Chercheurs de la Vérité. Alors oui, quand on se mettait presque à le vénérer pour avoir simplement accompli sa mission, il trouvait cela quelque peu incongru.

Le cadet de Ghislain sentit ses traits se détendre en une expression plus rieuse, qui retrouvait les airs quelque peu narquois et chevaleresques d’une jeunesse encore vive lorsque Nyghann l’avait connu il y a dix ans. « Cela le serait sûrement moins, si tout le monde me louait pour la bravoure du preux chevalier que je suis. » Un sourire entendu et un haussement de sourcil complice conclurent ses dires. Il semblait présentement entouré d’une aura qui tranchait étrangement avec la sévérité qui s’échappait habituellement de son expression, depuis qu’il s’était hissé à la fonction de Seigneur-Chercheur. Toutefois, il retrouva bien vite la gravité qui le caractérisait, considérant en silence les aveux de son amie. Le regard perdu vers l’onde tremblante du bassin, le noble orlésien songea qu’il n’avait jamais vraiment réfléchi à ce qu’elle disait là. En tant qu’enfant de Duc, il avait méprisé ce qui lui était inférieur. Puis, en tant que Chevalier, il avait prêté serment de protéger l’empire, pas simplement des forteresses inaccessibles, mais aussi les habitants d’Orlaïs, du plus petit paysan à l’Empereur. Enfin, en tant que Chercheur, il s’était débarrassé de toute idée préconçue pour ne juger que les faits et agir en conséquence.

Les doigts glissés entre le cuir de sa tenue et la ceinture qui retenait la dague qu’il portait, Marius baissa le regard, une ombre de doute passant rapidement devant ses prunelles claires. Elle complimentait la part du Chercheur qu’elle connaissait et ne semblait pas se douter de la facette plus sombre, plus impitoyable, qu’il portait également. Cette facette qui le rendait capable de prendre des décisions difficiles, incluant celles qui comptaient une pile de cadavres fumants, d’œuvrer dans l’ombre jusqu’à atteindre ses objectifs que les années le poussaient à croire totalement désintéressés et n’exister que pour le bien commun. « Hé bien… hum, de rien, alors. », se contenta-t-il de répondre. « Je suis heureux de t’avoir permis de trouver un but à ton existence, et si tu en es satisfaite, alors moi aussi. » D’un geste tendre, il pressa doucement l’épaule de la jeune femme, avant d’entendre au loin l’écho d’un pas décidé et de se retourner pour apercevoir la venue de son frère. Celui-ci avait son masque impassible en guise de visage et, en s’échangeant un regard, Marius comprit qu’il avait deux mots à dire à son invitée. Il vaudrait sans doutes mieux les laisser seuls, la petite elfe ne risquait rien, sauf peut-être à être foudroyée par le regard perçant du Duc.

« Marius, puis-je emprunter ton amie un instant ? » Le Seigneur-Chercheur acquiesça et lança un œil encourageant en direction de Nyghann. Quoi que Laurent ait à dire, ça ne pouvait pas être si terrible, surtout pour une Garde des Ombres habituée à tuer de l’engeance dans les Tréfonds. « Bien sûr. Nous aurons tout le loisir de discuter pendant mon séjour, Laurent. » Il les salua tous deux et disparut dans les ombres du jardin avant de rejoindre ses quartiers. Quant à Laurent, il garda le silence pendant un long instant, un voile pesant recouvrant alors l’elfe et le Duc. Observant les profondeurs de la nuit, il finit par se retourner vers Nyghann pour la jauger de haut en bas, l’œil froid et la moustache sévère. « Il va sans dire que ce n’était certainement pas votre rôle de reprocher aussi ouvertement le comportement de ma fille. En Orlaïs, nous tenons beaucoup aux convenances et nous préférons, comme dire… laver notre linge sale en privé. Je vous concède cependant qu’elle a oublié à qui elle s’adressait et j’espère que ses mots ne vous ont pas causé préjudice. Je considère que vous êtes une convive de marque, non seulement de par votre rang au sein de la Garde des Ombres, mais surtout du fait de l’affection que vous porte mon frère. »
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Nyghann Cieth
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Mer 21 Juin - 11:26
Hé bien… hum, de rien, alors. Je suis heureux de t’avoir permis de trouver un but à ton existence, et si tu en es satisfaite, alors moi aussi.

C'est la douche froide. Marius aurait pu lui coller la tête dans le bassin pour la forcer à attraper un poisson avec les dents, que cela aurait été moins difficulté à accuser. Nyghann qui avait déjà ce mal atroce à se confier, voyait ses confidences à peine soulevées. Mais qu'avait-elle espéré, au juste ? Qu'il en face de même, qu'il lui dise combien elle avait impacté sur sa vie ? Mais l'elfe savait que c'était faux, elle n'avait rien changé à la vie de Marius et rien qu'à sa façon de s'exprimer, elle venait même à douter de la soi-disant amitié. Il était donc satisfait... Qu'elle soit satisfaite. Bien, les choses étaient très claires à présent. La jeune femme baisse le visage, détourne le regard alors que la main du chercheur presse son épaule. L'envie violente de le repousser lui ronge les tripes mais bien vite, c'est finalement la présence du Duc qui met fin à cet instant gênant.

_  Marius, puis-je emprunter ton amie un instant ?
_ Bien sûr. Nous aurons tout le loisir de discuter pendant mon séjour, Laurent. 


Marius la salut rapidement, Nyghann se contente d'un hochement de tête au regard fuyant. Non, elle est déjà trop occupée à darder les yeux sur qui observe le sombre horizon avant de la fixer elle avec sévérité. La jeune femme rentre doucement les épaules et détourne le visage, pivotant son corps pour glisser à nouveau sa main dans le bassin, effleurant les poissons curieux qui semblent attendre de quoi se remplir la panse plutôt que des cajoleries.

 Il va sans dire que ce n’était certainement pas votre rôle de reprocher aussi ouvertement le comportement de ma fille. En Orlaïs, nous tenons beaucoup aux convenances et nous préférons, comme dire… laver notre linge sale en privé.

« Je sais, je m'en excuse. Je sais aussi que votre fille ne pensait pas à mal, je n'aurais pas dû me mettre en colère.»

Marmonne Nyghann dont le cœur bat la chamade de colère et de frustration ... Malgré tout elle ne laisse rien passer, jugule ces mauvaises émotions qui circulent en elle comme un poison. Après tout, c'était à Calienne qu'elle en voulait, pas au Duc.

Je vous concède cependant qu’elle a oublié à qui elle s’adressait et j’espère que ses mots ne vous ont pas causé préjudice.

« J'ai connu pire que cela, vous savez... Ce n'est qu'une jeune fille curieuse, mais elle a bon cœur tout de même. Une qualité rare de nos jours... »

Je considère que vous êtes une convive de marque, non seulement de par votre rang au sein de la Garde des Ombres, mais surtout du fait de l’affection que vous porte mon frère. 

Nyghann relève le visage, elle semble plus pâle encore que d'ordinaire alors que ses lèvres charnues se pinent dans une moue de déception. Elle soupir doucement et d'un rire étouffé et désabusé, elle secoue la tête d'un geste négatif avant de répondre, une once de tristesse dans la voix.

« Je ne crois pas que... Marius me porte une quelconque forme d'affection. Il me respecte, ça oui.. Mais cela s'arrête là. Et la vérité c'est que j'ai été sotte de croire que votre frère, puisse être un ami. Ce n'est pas un... un... » Elle cherche les mots. « Un privilège ? Un privilège, oui... hm... Ce n'est pas privilège auquel je peux accéder. Ni même convoiter.»

Le regard rongé par l'émotion, brillant dans la pénombre, Nyghann offre un sourire forcé et triste au Duc. Elle semble désemparée, triste, rien qui ne vaille avec son habituelle nonchalance. Sa force de caractère sauvage c'est envolé, elle n'est plus que cette enfant effrayée par sa mère que Marius avait connue dix ans plus tôt. Comme si rien n'avait changé finalement.

« Calienne a été blessante, mais elle disait la vérité. Marius est un grand homme, un humain qui voue sa vie à aider les gens de ce monde. Moi, je suis une elfe qu'il a sauvé in-extrémiste, je suis juste la chose qui s'est trouvé entre lui et mon abomination de mère. » Une larme roule sur sa joue, loin des regards, loin de la dureté de la garde, l'elfe craque simplement, fixant le seigneur avec peine, la voix tremblante. « La vérité c'est que je ne suis rien... J'ai toujours voulu ressembler à Marius mais je ne serais qu'une ombre qu'il traîne derrière lui comme un boulet. Et cette pensée... Cette pensée... me brise le cœur. » Sa voix se brise dans un sanglot.
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Mer 21 Juin - 17:23
La moustache du Duc roula d’un air à la fois songeur et satisfait de la réponse de la jeune elfe. A vrai dire, lorsque son frère et elle s’étaient éclipsés de la salle où s’était déroulé le dîner, Laurent et son épouse n’avaient pas tardé à remettre les choses au clair avec leur dernière enfant. Elle était certes jeune et parfois, sur certains aspects, encore assez innocente, il était clair que son entrée dans le Grand Jeu tendait à la changer, à la modeler peu à peu en petite vipère manipulatrice et prête à beaucoup pour apprendre ce qu’elle souhaitait savoir. Et bien qu’elle était la cadette, donc bien moins exposée aux enjeux politiques complexes et sournois que ses ainés, force était de constater qu’elle apprenait vite… Etre ainsi remise à sa place par une femme qu’elle pensait du commun, donc inférieure, avait dû lui laisser un goût fort amer dans la bouche, songea le Duc qui, lui, avait constaté le rouge qui avait piqué les joues de sa fille et le blanc de ses yeux briller de larmes qu’elle avait ravalées avec rage.

Laurent passa outre la réflexion qui le taraudait à propos de sa fille, sachant que ce n’était absolument pas bienséant pour un père d’avouer ainsi les défauts de ses enfants, mais il s’avéra relativement étonné de la soudaine tristesse qui étreignait la jeune femme qu’il avait pourtant trouvée piquante. Sans oublier qu’il s’agissait d’une Garde des Ombre… Nyghann était loin d’être une petite princesse qui pouvait être chagrinée pour la première frustration. « Allons… », rétorqua-t-il d’une voix plus douce, voyant bien qu’elle semblait assez désemparée, bien qu’il en ignorait la raison exacte. « Je suis certain que vous vous méprenez à ce sujet. Marius est certes quelqu’un d’assez… discret sur ses relations et sa vie privée, mais je le connais suffisamment bien pour pouvoir vous dire que son amitié à votre égard est sincère. » Le Duc se lissa un instant un côté de la moustache, un air songeur accroché sur son visage, l’ombre de la compassion passant dans son regard alors qu’une larme glissait tristement sur la joue de l’elfe.

Laurent pencha légèrement la tête sur le côté, se demandant bien ce que la jeune femme et son cadet avaient pu se dire pour qu’il la trouve dans un tel état. Doucement, il lui tendit un mouchoir brodé pour qu’elle puisse sécher en toute convenance ces vilaines larmes. « Vous n’êtes pas rien, garde senior Nyghann. Vous existez tant par vos actes que par le regard qu’on porte sur vous. Peu importe que certains vous jaugent mal, soyez simplement vous-même. Je pense que c’est de cette manière que mon frère vous apprécie le plus. » Parce que Marius appréciait l’honnêteté et les gens vrais, et la quête de vérité de tout Chercheur tendait à montrer que la droiture ou la franchise étaient des qualités en passe de disparaître. « Il a simplement du mal à vous le montrer, je suppose. Après tout, ses fonctions doivent faire de lui quelqu’un… d’impartial. » Le Duc conclut par un sourire réconfortant avant de la saluer d’un léger signe de tête, pour tourner les talons et lui offrir un instant de solitude qui lui ferait sûrement du bien.

Pendant ce temps, dans ses quartiers, Marius se tenait assis sur les genoux, fessier sur ses talons nus et mains posées sur ses cuisses, face à de larges bougies qui brûlaient doucement de leur frêle flamme, pleurant la cire chaude qui dégoulinait sur les côtés. Les yeux mi-clos, il semblait absorbé par l’observation de la lueur dansante des bougies. Tous les soirs, peu importait s’il se trouvait à camper dans la vallée la plus perdue de Thédas, ou à Val-Royaux dans ses quartiers proches de la Chantrie, le Seigneur-Chercheur s’accordait une pause méditative déconnectée des rouages du temps et de la réalité. A vrai dire, c’était à ces rares instants de paix où il se consacrait normalement à la prière ou, à défaut de répéter dans l’infinité et sans conviction les cantiques consacrés, il se recueillait simplement pour se couper de ses pensées. Marius n’était pas particulièrement à l’aise au milieu d’une foule qui chantait le cantique de la Lumière d’une même voix dans la Grande Cathédrale ; il était plutôt un homme qui vivait sa foi dans l’intimité. Et il fallait croire que ce soir-là, le noble orlésien n’y parvenait tout simplement pas, bien trop troublé et préoccupé par les mots de Nyghann.

Sa joue tiqua quand il songea que sa réaction avait été… particulièrement impersonnelle et froide. Indigne de l’amitié qu’il portait à la jeune elfe. Mais qu’aurait-il pu seulement dire qui ne montrait pas comme ces révélations avaient perturbé tout ce qu’il croyait ou voyait de la Garde senior ? C’était un Chercheur, et en vouant son existence aux préceptes de son ordre ainsi que de la Chantrie, l’attachement n’était non pas prohibé, mais peu en adéquation avec ses fonctions, ses obligations. « Le Voile ne lui réservera nulle incertitude, pas plus qu’elle ne redoutera la mort, car le Créateur sera son flambeau et son bouclier, ses fondations et son épée… », murmura-t-il sans même s’en rendre compte, profitant de la douceur d’une brise entrée par la porte grande ouverte donnant sur le balcon.

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Mer 21 Juin - 19:38
Je suis certain que vous vous méprenez à ce sujet. Marius est certes quelqu’un d’assez… discret sur ses relations et sa vie privée, mais je le connais suffisamment bien pour pouvoir vous dire que son amitié à votre égard est sincère. 

Malgré le visage sévère, les traits abîmés par le temps, il y avait en ce Duc quelque chose de fascinant. Pour elle qui n'avait jamais eu de père, Nyghann se sentait d'autant plus gêner de recevoir les conseils de cet homme qui semblait lui donner plus de valeur qu'elle n'en avait réellement.

« Peut-être, mais qui sait ce qui se passer dans sa tête, ou pire, dans son cœur... Marius a toujours gardé une certaine forme de distance et pour être honnête, moi encore plus. »

Malgré ses larmes, la jeune femme reçoit le mouchoir dont elle s'empare d'un geste hésitant. Entre ses doigts la soie est douce, glissant contre son derme qui trahit le travail manuel, l’acharnement à maîtriser le fouet. Elle n'a pas les mains d'une princesse, assurément mais bien celle d'une fille du peuple qui œuvre jusqu'à en avoir des cloques et qui se saigne pour les basses besogne. Mais c'est sa vie et c'est ainsi qu'elle l'aime.

Vous n’êtes pas rien, garde senior Nyghann. Vous existez tant par vos actes que par le regard qu’on porte sur vous. Peu importe que certains vous jaugent mal, soyez simplement vous-même. Je pense que c’est de cette manière que mon frère vous apprécie le plus. Il a simplement du mal à vous le montrer, je suppose. Après tout, ses fonctions doivent faire de lui quelqu’un… d’impartial.

Relevant le visage, l'elfe plonge son regard larmoyant et d'une clarté incroyable, dans celui du Duc. Il était bien le premier à lui dire ce genre de mot, le premier à le penser, si ce n'est Marius lui-même mais qui restait inlassablement enfermé dans un silence, plus pesant à chaque instant passé ensemble. Lentement, Nyghann se rapproche du Duc avant de soudainement passer ses bras autour de lui, pressant sa joue contre son épaule. L'étreinte est culottée mais brève, particulièrement maladroite et aussi vite l'a-t-elle serré dans les bras que la garde relâche sa prise sur le Duc avant de se lever du bord du bassin.

« Merci. »

Se contente de souffler l'elfe, évitant soigneusement le regard de son confident à la moustache mémorable. Elle essuie ses joues à l'aide du mouchoir puis le plie avant de le déposer doucement près de Laurent et sans un mot de plus, s'éloigne à grande enjambée. Il n'y a rien de plus à dire et puis, elle non plus n'avait jamais été douée avec les mots et en bon père qu'il avait l'air d'être, Duc saurait indéniablement se contenter de cette étreinte aussi inconvenante puisse-t-elle être.

◈ ◈ ◈

Elle tire le tissu du lit, le lève devant son visage. La voilà débarrassé de cette horrible robe qu'on lui impose une chemise de nuit. Nue, Nyghann esquisse une grimace de dégoût face à la tenue de nuit en soie et en coton ourlé de fils d'or et de dentelle. Certes, c'était joli mais... pas vraiment son style. Et puis ce lit-là... Levant le nez, la jeune femme observe l'immensité du lit orlésien qui trône dans la pièce jusqu'au plafond. Elle observe les dorures, les visages représentés et frémit rien qu'à sentir leurs regards vides dardé sur elle. N'avait-on pas idée de créer une telle décoration ? Rapidement, elle enfile la chemise de nuit, ajustant le tissu sur son corps et hausse les épaules. Non loin dans le miroir, elle voit son reflet et retient une nouvelle grimace avant de geindre simplement.

« Aeurk... »

De l'air. Loin de ce lit, loin de ce miroir qui ne cessait de lui renvoyer son reflet. Nyghann n'était pas assez narcissique pour supporter cela. Alors qu'elle ouvre la porte-fenêtre qui donne au balcon, elle s'y engouffre, fouetter par le vent de cette soirée tout juste entamée. L'elfe inspire longuement, cheveux au vent et observe l'immensité du domaine Ghislain qui s'étend sous ses yeux.

Le Voile ne lui réservera nulle incertitude, pas plus qu’elle ne redoutera la mort, car le Créateur sera son flambeau et son bouclier, ses fondations et son épée…

Son faciès pivote et ses yeux clairs se posent sur le balcon adjacent. C'est Marius qui est là, tourmenté par ses propres pensées. Sans le moindre remords, Nyghann le coupe dans sa prière, dans son cantique pour chantonner à son tour, agitant à la main devant son visage, ennuyé.

« Mais qui se repent, qui garde sa foi entière, malgré les ténèbres du monde, qui traite les faibles sans veulerie ni dédain, mais respecte la loi, et les oeuvres du Créateur, celle-là connaîtra... »

L'elfe s'approche du bord du balcon avant d'y appuyer sa hanche, ses doigts jouant avec une mèche de ses longs cheveux sombres, trop lisse. Trop propre. Elle esquisse un sourire taquin, ne lâchant pas son comparse du regard.

« Blablabla... cela dit je dois admettre que ce passage te correspond bien. Toi, protecteur de la veuve et de l'orphelin... Je me suis toujours demandé... C'est par compassion ou bien par pitié ? Que tu m'as sauvé, que tu m'as gardé près de toi ? »

Et le sourire disparaît. Le visage de Nyghann se ferme soudain, elle toise le chercheur d'un regard presque féroce, comme elle l'avait fait avec Calienne lors du repas. Visiblement rancunière, les paroles du Duc n'avaient pas été suffisante pour tenir éloigné la jeune femme de sa propre rancoeur.

« Tu aurais préféré que je reste loin de toi, n'est-ce pas ?»

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Mer 21 Juin - 21:51
Une voix familière qui retentit à l’extérieur, derrière lui, sortit brusquement Marius de son recueillement contemplatif. L’état de surprise passé, ses épaules retombèrent, se voûtèrent dans un soupir tandis qu’il appuya son dos contre le vantail de l’ouverture vers la terrasse. Se penchant sur le côté et pivotant la tête en direction de la voix ennuyée, le Seigneur-Chercheur aperçut effectivement du coin de l’œil Nyghann sur le balcon voisin. S’il y avait bien une chose qui horripilait le cadet de Ghislain, c’était qu’on dérange sa séance quotidienne de réflexion mystique. « … la pureté bénite du Créateur. », compléta-t-il en grognant, une expression pincée s’abattant sur ses traits. Heureusement qu’il était un homme tolérant sur la question religieuse et ouvert sur les croyances étrangères, parce qu’avec la désinvolture que la jeune femme affichait sans le moindre remord, le premier andrastien un tant soit peu chevronné aurait hurlé au blasphème. « C’est curieux que tu connaisses si bien le Cantique… tu t’es convertie ? », lança-t-il d’un ton cynique. Non, décidément, c’était une mauvaise chose de l’extraire de ses prières.

La nuque de Marius retrouva sa position normale tandis qu’il retournait la tête en direction des bougies en fermant les yeux, peu enthousiasmé par la question acide de la jeune elfe. Ne pouvait-elle donc se rentrer dans le crâne qu’il n’avait été que l’instrument du devoir, qu’il n’avait fait que ce pour quoi on l’avait forgé ? Les jambes ankylosées, il releva un genou jusqu’à avoir le pied au sol, et se releva d’une poussée avant de faire quelques pas raides sur le balcon, puis s’appuya des deux poings fermés sur le garde-corps qui donnait vue sur l’horizon et les terres étendues de sa famille. Les jointures écrasées contre la pierre froide, le Seigneur-Chercheur dardait son regard d’acier sur le lointain. Si celui-ci semblait connu pour arborer l’armure rutilante des Chercheurs de la vérité, il se cachait en dessous une autre, invisible, une carapace plus difficile encore à transpercer : celle d’un esprit qui avait connu brièvement l’Apaisement et la disparition de toute émotion, pour n’être concentré que sur la dévotion qui caractérisait son Ordre.

Pourtant, ce fut avec un éclat de peine mêlée de colère qu’il releva brusquement les yeux vers l’elfe qui par ses mots, l’avait frappé comme un fouet, croisant alors son regard noyé par la rancœur. Comment pouvait-elle penser une chose pareille ? Les lèvres du Seigneur-Chercheur se tordirent en une expression hésitante. « Je ne sais pas. », finit-il par dire en se séparant de la balustrade. Il s’approcha de Nyghann jusqu’au bord de sa terrasse et appuya son épaule contre le mur. « C’est ce qui aurait été attendu de moi : te garder au loin après t’avoir remise en sûreté. Mais je ne l’ai pas fait. » Il avait exposé cela comme un fait. Un fait auquel on ne pouvait trouver de cause absolue. « Il y a de ces choses qu’on ne peut s’expliquer. Ça ne veut pas dire qu’on les regrette. », ajouta-t-il en la fixant sans ciller, son œil bleu détaillant la jeune elfe qui se trouvait là dans une tenue encore plus étrange que la robe au corset du diner, par rapport à ce qu’on lui connaissait.

« J’étais là le jour voulu, à l’endroit voulu. J’ai fait ce pour quoi j’ai été formé : tuer une Abomination avant qu’elle ne provoque une catastrophe, peu importe que cela soit dans une ville, en pleine campagne ou dans un clan elfique. Quand prévenir le mal ne suffit plus, il faut l’éradiquer et c’est le rôle de mon Ordre. Peut-être que cela a été écrit, ou peut-être pas… » Les destinées pouvaient-elles seulement être prédites alors que la Chantrie clamait que le Créateur s’était détourné de sa création ? Marius plissa un instant les yeux, les bras croisés sur son torse, avant de reprendre, un air songeur et plongé dans le passé plaqué sur le visage : « Et puis, tu étais juste là, au milieu de tout ce chaos, avec tes grands yeux bleus brillants et effarés, si différente de tes pairs, tant à l’opposé de ce qui avait été ta mère. Comment aurais-je pu rester insensible à cela sans renier toute empathie ? Comment aurais-je pu m’empêcher de te montrer que le monde ne se limitait pas à l’horreur que tu avais connue ? » Un sourire affligé se dessina lentement sur ses lippes : de la compassion ou de la pitié, il ne saurait que choisir. Ni l’un ni l’autre, sans doutes. Un lien qui s’était tissé sans crier gare, et qu’on ne pouvait expliquer.

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Nyghann Cieth
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Mer 21 Juin - 23:12
C’est curieux que tu connaisses si bien le Cantique… tu t’es convertie ?

« Certainement pas. Je passe juste trop de temps avec les humains. »

En réalité, elle ne côtoyait même plus de d'humain que d'elfes ou de nains. C'était presque risible quand on y pensait. Et puis combien de ses paires avait-elle tenendu à prier de la sorte à l'inébranlable ? Plus encore d'humains, lorsqu'elle avait parcouru Orlaïs et Ferelden avant de s'engager dans la garde ?

« Et pour qui me prends-tu ? Je suis une mage, Marius. Mon pouvoir réside dans mon savoir... »


Accuse Nyghann froidement, croisant les bras sur sa maigre poitrine dont les formes se dessinent au travers du fin tissu de soie de la chemise de nuit. En silence, elle observe le seigneur-chercher qui se relève, pieds nus sur la pierre du balcon. Il a toujours cette retenue, tellement à l'inverse de la nonchalance de sa comparse. Trop droit, trop altier. C'est tout juste s'il respire, s'il vit pleinement. Nyghann n'avait jamais compris cette attitude que certain rêvait, que ce soit pour la bienséance ou à cause de la foi. Lui, c'était pour les deux. Et pourtant, elle aurait donné n'importe quoi pour le voir oublier ne serait-ce qu'un instant, cette tension qui émanait de tout son corps. Juste qu'il se laisse aller, rien qu'une fois. Avec ou sans elle.

 J’étais là le jour voulu, à l’endroit voulu. J’ai fait ce pour quoi j’ai été formé : tuer une Abomination avant qu’elle ne provoque une catastrophe, peu importe que cela soit dans une ville, en pleine campagne ou dans un clan elfique. Quand prévenir le mal ne suffit plus, il faut l’éradiquer et c’est le rôle de mon Ordre. Peut-être que cela a été écrit, ou peut-être pas…

«  À qui crois-tu parler ? Je suis garde senior, Marius ! C'est aussi mon travail, ma raison d'être, que de débusquer et tuer les engeances ! Prends garde à tes mots seigneur-chercheur, je ne supporterais pas un affront de plus. »

Siffle Nyghann avec une violence rare dans la voix, l’autorité au bout des lèvres alors que ses yeux, plus perçant que jamais, toisent son ami. Il semble y avoir comme un fossé entre eux, cette tension palpable fait de regret et de non-dit. Cela les creuse, les ronge. Tordus, souillés, leur amitié n'en est que plus étouffé. Alors qu'elle décroise les bras, l'elfe s'approche du bord du balcon, à la voilà si proche de lui à nouveau, le vent fouettant son visage, plaquant la soie contre les courbes élancées de son corps. Et elle toise, encore, plus tendu que lui, finalement.

Et puis, tu étais juste là, au milieu de tout ce chaos, avec tes grands yeux bleus brillants et effarés, si différente de tes pairs, tant à l’opposé de ce qui avait été ta mère. Comment aurais-je pu rester insensible à cela sans renier toute empathie ? Comment aurais-je pu m’empêcher de te montrer que le monde ne se limitait pas à l’horreur que tu avais connue ?

Les traits de son visage se détendent et l'expression de son faciès se fait plus tendre. Nyghann n'a plus vraiment le cœur au conflit, plus vraiment la foi à lui en vouloir. Parce qu'il est son ami . Parce qu'il est sans doute un peu plus que cela. Qu'est-il au final ? Si ce n'est celui qui lui a montré la voie de la lumière.

« Juste parce que je t'aie semblé différente ? »

Elle ne croyait croyais pas. Mais elle se souvenait de ce premier regard échangé, dans ses yeux à lui elle y avait vu l'épuisement face à l'horrible vérité, face à l'ignoble magie capable de gangrener. Elle y avait vu la bravoure d'un chevalier, son courage et la fatigue. Quant à lui, ce qu'il avait dû voir... la surprise, la peur, l'horreur. Nyghann prend appuie sur la pierre du balcon, son corps se hisse et rapidement, elle grimpe sur cette large rambarde de pierre pour venir s'y asseoir, jambes dans le vide. Plus proche encore de son balcon à lui, plus proche encore de Marius qui s'était approché, elle tend la main. Et il est là, à portée de doigts. Il aurait été facile de le toucher, d'effleurer sa joue mais sa menotte ne fait que dessiner le contour de sa mâchoire carrée, sans parvenir à le toucher. Elle n'a pas le droit. Nyghann se l'interdit depuis dix ans. Le souffle court, la jeune femme laisse sa main retomber mollement sur sa cuisse alors que sa voix, brisée par l'émotion, résonne faiblement.

« Sans toi, ce monde serait bien plus fade... sans toi, je serais l'exacte réplique de ma mère... Sans toi, je ne saurais même pas ce qui est bien. Sans toi, je ne serais rien... »

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Jeu 22 Juin - 1:12
Les yeux de Marius roulèrent dans leurs orbites dans un mouvement agacé. Pour tout dire, le Seigneur-Chercheur en avait côtoyé des mages, et force était de constater que certains étaient plus stupides que des balais. Des imbéciles, il y en avait partout, alors être mage n’impliquait pas d’avoir la connaissance. « Un jour, je te donnerai un livre pour que tu apprennes l’ironie. », rétorqua-t-il sur le même ton qu’elle. C’était qu’il ne se laissait pas démonter aisément, le Seigneur-Chercheur. Surtout si on en venait aux menaces, comme présentement Nyghann qui s’emportait alors que Marius ne l’avait jamais connue ainsi. Il sentit ses lèvres se pincer pendant une seconde, avant qu’un ricanement caverneux ne s’échappe de ses lèvres : sinon quoi ? Elle comptait lui jeter un sort ? Elle risquait d’être déçue en voyant sa magie être déviée. Ou se changer en araignée pour tenter de le dévorer ou de le mordre de ses crochets ? Cette réflexion lui fit hausser un sourcil et son regard dévia en contrebas pour apercevoir les silhouettes en armure des gardes du Duc qui patrouillaient. Il reporta ensuite son attention sur la jeune elfe pour la jauger, un sourire moqueur apparaissant fugacement sur ses lèvres avant de disparaître.

Le noble orlésien n’avait cependant pas l’intention d’accabler la jeune femme de ses griefs, au contraire, il n’en avait pas terminé avec ce qu’il comptait lui dire. Aussi avait-il retrouvé une expression plus calme, plus paisible, et un ton plus doux pour ses quelques mots à propos de leur première rencontre. Des mots qui semblèrent faire leur effet sur l’humeur massacrante et agaçante de Nyghann, même si elle n’avait pas encore l’air tout à fait convaincu. Mais que voulait-elle donc de plus ? Le Seigneur-Chercheur sentit son cœur se serrer. « Ça… et d’autres choses sans doutes. », lâcha-t-il dans un souffle, pas certain pour autant de vouloir aborder cette question. Après tout, lui était un Chercheur de la vérité, et elle une mage, alors… Leur amitié était déjà, en un sens, non pas contre-nature mais plutôt inaccoutumée. Marius s’était toujours défendu d’y ajouter la moindre proximité supplémentaire ou plus ambiguë même si Nyghann ne l’aidait en rien quand elle apparaissait toute nue en pleine nature.

Marius fronça légèrement les sourcils en voyant son amie jouer les équilibristes en s’asseyant au bord du garde-corps de pierre pour se rapprocher de son balcon. Ses traits se figèrent, sa mâchoire se contracta en observant la main de la jeune elfe approcher de son visage. Le souffle court, il s’attendit à sentir les doigts fins de Nyghann contre sa joue, ignorant quelle nouvelle stratégie elle expérimentait là pour le faire rager. Mais finalement, le contact ne se fit pas, et il regarda avec une lueur un peu surprise la main de la jeune femme retomber mollement, comme par lassitude ou tristesse, ou bien qu’une barrière invisible l’avait empêchée d’aller plus loin. Le Seigneur-Chercheur resta cependant cloué par ce qu’elle finit par dire, si bien qu’au bout de plusieurs secondes d’un silence pesant, il baissa le visage pour masquer ce trouble qui à nouveau faisait surface. Il ne l’avouerait jamais mais en vérité, ça le mettait un peu mal à l’aise. Trop de considération, trop de compliments, même ses chevilles n’arrivaient plus à suivre.

Dans un soupir, il releva les yeux sur la magicienne. « Ne dis pas ça… », marmonna-t-il en secouant légèrement la tête. Elle n’avait pas besoin de lui pour être quelqu’un. Il n’était pas un héros. Du moins, il n’en avait pas l’impression. « Bon d’accord, si je n’existais pas, il faudrait m’inventer, mais tout de même. », finit-il par ajouter avec le sourire narquois et arrogant des chevaliers à l’égo surdimensionné. Laurent serait sûrement d’accord avec lui. Mais de là à être une idole, non vraiment, c’était un peu dérangeant, dans le sens où son amitié avec Nyghann devenait un rapport inégal où elle se mettait volontairement inférieure à lui. « Tu as toujours été quelqu’un en devenir, même sans m’avoir connu, tu n’en as juste pas conscience. Tu me surestimes, Nyghann. Tu me regardes à travers un vitrail doré qui ne reflète pas la vérité. », grommela-t-il simplement, hésitant un instant. Au point où ils en étaient… Le Seigneur-Chercheur tendit lentement sa main vers la jeune elfe, paume ouverte vers le ciel, invitation à se hisser jusqu’à son balcon pour mettre fin à cette barrière érigée entre eux. « Viens. Tu me fais peur à te dandiner au bord de ce mur, et ça me ferait de la peine de devoir ramasser tes restes en contrebas. »

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Jeu 22 Juin - 21:32
Bon d’accord, si je n’existais pas, il faudrait m’inventer, mais tout de même.

À travers la mélancolie de l'instant, il y a le rire de Nyghann. Ce son qui tranche avec l'angoisse, qui rime avec l'espérance. Celui de la joie profonde, de l'amusement. Son sourire brise la froideur de ses traits alors que son azuré se fait rieur.

« J'ai l'impression d'entendre Calienne ! »

Ricane l'elfe, sans le moindre remords, courber sous l'effet du rire. Voilà bien une autre chose qui lui valait son adoration pour Marius. Ces quelques instants de sérénité, cet humour vaseux mais agréable. L'innocence de leur lien, rien d'autre. Alors qu'elle agite les jambes dans le vide, la jeune femme sourire, frêle sourire ourlant les lèvres. Elle sentait mieux à présent, juste pour avoir ri quelques secondes.

Tu as toujours été quelqu’un en devenir, même sans m’avoir connu, tu n’en as juste pas conscience. Tu me surestimes, Nyghann. Tu me regardes à travers un vitrail doré qui ne reflète pas la vérité.

« Mais si cela n'avait pas été toi, qui m'aurait montré la voie ? Ta modestie ne te mènera nulle part, Chercheur. »

Taquine tendrement la garde alors qu'elle garde cette attitude enjouée, presque enfantine. C'est finalement la main tendue vers elle qui la fait cesser de sourire, elle regarde les doigts de Marius, tendus comme une promesse de réconfort. Un réconfort qu'elle ne pouvait s'octroyer, pas même espérer.

Viens. Tu me fais peur à te dandiner au bord de ce mur, et ça me ferait de la peine de devoir ramasser tes restes en contrebas. 

Alors qu'elle relève le visage, Nyghann darde ses yeux clair et intense sur son comparse avant d'avoir un nouveau sourire qui étire ses lèvres charnues. Mais sans tendresse cette fois, ce n'est que le mai ce qui fige ses traits graciles. Elle redresse soudainement, marchant le long de la rambarde, bras écarter.

« Ce serait dommage en effet... Tu as peur Marius ? Dis-moi... Et si je fais ça ?»

Et sans prévenir, alors qu'elle joue les funambule, la jeune femme tend soudainement une jambe au-dessus du vide, se penchant dangereusement. Sans peur mais pas sans reproche, l'odieuse mage ricane, se jouant de son comparse avant de finalement, saisir la main tendue vers elle. Vive, agile, elle passe d'un balcon à l'autre, d'un bond. Elle a tout d'une fière gazelle et pour une fois, elle a la grâce qui l'accompagne. Dans un rire taquin elle pose pieds à terre, l'élan la forçant à se lover contre l'humain contre qui elle se réceptionne.

« Souris, tu vas avoir des rides... Plus que tu n'en as déjà. »

Yeux dans les yeux, il serait facile, là, de se laisser avoir par la tentation. Une tentation qui s'acharne sur eux depuis dix ans déjà. C'était long, beaucoup trop... Et cela continuerait. Nyghann refuse de faiblir face à ces beaux yeux bleus orageux,. Elle recule doucement, sourire forcé aux lèvres, presque triste... Et sa main lâche la sienne. Ce serait une erreur, si elle osait. Alors qu'elle tourne le dos à Marius, elle se pare à nouveau de cette nonchalance pour s'engouffrer par la porte-fenêtre ouverte. Elle entre sa chambre, observe l'endroit similaire à celle qui lui a été confier pour la nuit.

« Pourquoi vos lits sont-ils si grands ?»

Soupir t-elle avant de sauter sur le lit Orlésien à la taille démesurée. Sur le dos, elle regarde le baldaquin rouge et or, les dorures décoratives avant de souffler à nouveau, curieuse et perplexe.

« Si un jour je meurs... Est-ce que tu seras triste ?»


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Sam 24 Juin - 18:05
Le Seigneur-Chercheur haussa un sourcil amusé par la comparaison avec Calienne. En même temps, il s'agissait de sa nièce, non ? Toute ressemblance physique ou caractérielle était totalement fortuite, songea-t-il non sans une certaine pointe d'ironie. Tout comme son sens exacerbé de la modestie. Non, Marius n'étais pas quelqu'un de discret concernant ses très nombreuses qualités, bien au contraire, entre sa noble naissance et ascendance et son rang important au sein de l'organisation étendue de la Chantrie, toutefois avec Nyghann, présentement, il était incapable de reconnaître une telle implication dans le devenir de la jeune garde. Il haussa les épaules en un geste quelque peu altier en répliquant : « Qui sait ? Les voies du Créateur sont impénétrables. Je n'ai aucune modestie, mais même avec toute mon arrogance, je ne saurais m'attribuer tout le mérite dont tu me loues. » Et malgré tout, le voilà qui lui tendait la main pour la rejoindre, pour se réconcilier aussi.

Le regard du cadet Ghislain se fit plus ombrageux lorsque la jeune femme se relevait sur la rambarde pour lui offrir un numéro d'équilibriste qui n'était pas du tout à son goût. Sa bouche se tordit en une grimace boudeuse, la main toujours tendue et immobile vers elle. Non seulement il détestait quand on se moquait ouvertement de lui, mais en plus il n'aurait pas supporté qu'il arrive le moindre problème à Nyghann alors qu'elle logeait sous son toit. Ses traits se crispèrent en une expression à la fois mécontente et sévère lorsqu'elle se joua de lui en s'amusant soudainement avec le danger, alors qu'il la connaissait parfois assez maladroite. Mais finalement, elle se saisit enfin de la main du noble orlésien, dont les doigts se nouèrent aux siens pour la réceptionner à ses côtés, avec ce mélange saisissant de force et d'affection altruiste caractéristique d'un chevalier volant au secours d'une demoiselle en danger. Mais au moment où ils se retrouvèrent presque l'un contre l'autre, le regard métallique de Marius plongé dans celui, clair, de la jeune mage, les doigts du Chercheur se desserrèrent légèrement pour en effleurer discrètement le derme.

Un sourire en coin affecté se dessina sur les lèvres du cadet de Ghislain, presque vexé qu'on lui mentionne la présence du moindre défaut de vieillesse. « Parce que tu trouves que j'ai des rides ? » Non évidemment, il ne s'agissait jamais que d'un pli soucieux causé par une affaire délicate. Continuant à fixer Nyghann, dont le visage n'avait jamais été si proche du sien, un voile gêné les enveloppa doucement, jusqu'au moment où la jeune femme rompit leur contact étrange. Retrouvant ses esprits, Marius fronça quelque peu les sourcils, étudiant son propre trouble avec malaise. Dix ans qu'ils se connaissaient, dix ans qu'une amitié durable s'était forgée, ce n'était pas le moment de tout briser par un coup de tête stupide digne d'un petit jeunot de vingt ans. Le Seigneur-Chercheur se retourna pour observer les mouvements de Nyghann. Ses pas s'engouffrèrent dans ceux de son amie jusqu'à l'entrée de ses appartements, et il constata son expression dubitative, qu'il partagea, à vrai dire, au moment où elle lui posa la question la plus déstabilisante et bizarre qu'il aurait pu imaginer. En fait... non, Marius n'aurait même pas pu imaginer une remarque pareille.

Alors, à question bizarre, réponse adaptée, avec en prime un petit sourire narquois lorsque le Chercheur s'approcha également du lit qu'il trouvait parfaitement normal, tant au niveau de ses dimensions que de sa décoration. « Je crois que tu préfères ne pas le savoir... » Marius ayant grandi au sein d'une famille extrêmement aisée financièrement parlant, il ne s'était jamais posé de questions quant à la taille d'un pauvre lit. N'était-ce pas standard ? Oh, bien sûr que non, et avec les années passées chez les chevaliers orlésiens puis dans l'Ordre des Chercheurs, il avait connu... l'étroitesse et la rudesse de draps qui n'étaient pas tissés en fil de soie. Le Ghislain prit place à côté de Nyghann, se laissa choir sur le bord du lit, la tête tournée vers elle, les traits plus détendus où passait une expression plus tendre. Expression qui disparut en se figeant en un air choqué à la question plus que sinistre de son amie. Le Seigneur Chercheur en resta d'abord coi. Mais où cherchait-elle donc ces interrogations ? « Evidemment... J'aurai toutes les raisons de l'être. », lâcha-t-il après avoir réussi à retrouver l'usage de la parole. Marius se laissa tomber en arrière pour se reposer sur son coude, sur le côté, observant la jeune femme étendue juste à côté de lui. « Comment pourrais-tu en douter ? »

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Nyghann Cieth
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Dim 25 Juin - 19:22
L'expression de Marius n'étonna pas sa comparse malgré la question absurde qui venait de lui être posé. Évidemment qu'il se souciait d'elle, évidemment qu'il serait triste... Pourtant, Nyghann avait ce besoin presque viscérale de l'entendre de sa bouche. Le savoir était une chose, l'entendre en était une autre. Après tout, il avait refusé de répondre plus tôt lorsqu'elle lui avait demandé s'il était fier de ce qu'elle était devenu.. Peut-être arriverait-elle à lui arraché un mot doux ou deux ? Piètre espoir.

Évidemment... J'aurai toutes les raisons de l'être. Comment pourrais-tu en douter ?

Alors qu'il s'est installé sur le lit à ses côté, l'elfe esquisse un léger sourire, plus doux que ces habituels rictus malicieux. Lentement, elle tourne sur elle-même, s'allongeant sur le flanc et continue de fixer l'humain.

« Eh bien... Tu aurais toutes les raisons de ne pas t'en soucier, en réalité. Je n'en reste pas moins une elfe qui a subitement émerger dans ta vie, que tu as accepter auprès de toi sans raisons valables... Tu es le Seigneur-chercheur, Marius... Tu as bien mieux à faire que de te soucier de moi. »

Nyghann soupir doucement, tend la main dans un nouveau geste hésitant. Il est là, toujours plus proche. Une fois encore il serait facile de le toucher, de se l'approprier. Mais il y a toujours cette répulsion à cette idée et alors que la jeune femme baisse les yeux, son bras s'affaisse une fois encore. Et une fois de plus, elle ne le touche pas, se contentant de leur vague proximité.

« Tu sais pour l'Appel, n'est-ce pas ? »

Murmure la dalatienne, sur le ton de la confidence. Oui, Marius savait beaucoup de chose, c'était sans doute là son principale talent. Ou peut-être pas, après tout, c'était un homme doué dans bien des domaines.

« Je me suis toujours demandé ce qu'il adviendrait le jour où... ça arriverait.  »

Nyghann soupir, redresse le buste et s'assoit sur le lit, tranquillement. Lentement elle ramène ses genoux contre sa poitrine, entourant ses jambes de ses bras et durant un court instant, elle redevient cette petite elfe pleine d'innocence que l'Orlésien à connu dix ans plus tôt.

« Je n'espère pas que tu sois triste, évidemment mais... je ne sais pas. Parfois j'ai l'impression de ne compter que pour toi... Et d'autre fois, pas du tout. C'est dur de te suivre, tu sais ? C'est dur de savoir ce que tu pense, ce que tu ressent... Tu es toujours si fermé... »

Finalement, elle se laisse tomber sur le lit, geignant d'inconfort face à ses propres pensées révélées à voix haute. C'était très gênant, une fois de plus. Ce n'était pas dans leurs habitudes de communiquer, encore moins de se confier de la sorte. Une amitié forte mais basé sur tellement de non-dits. C'est à se demander comment ils avaient fait pour tenir sir longtemps, pour ne pas voir ce lien voler en éclat. Il était déjà si fragile, ce lien, fort de tout ce qui les séparait, tout ce qui les dissociait.

« Pourquoi tu ne m'as pas répondu tout à l'heure ? Tu sais, si tu n'es pas fier de moi, je peux l'entendre Marius. Je préfère une vérité douloureuse à ton silence. »

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Lun 26 Juin - 21:39
Qu’il était cruel de constater à quel point Nyghann avait raison en énonçant toutes les raisons qui mettaient en évidence que leur amitié n’avait rien de commun ni de logique. Mais les sentiments et les émotions avaient-elles seulement la moindre once de rationalité ? Tout les séparait : leurs origines sociales et raciales, leur éducation, leur histoire, leur culture. Et pourtant, au lieu de s’en détourner après avoir fait son devoir, Marius l’avait acceptée dans sa vie, il l’y avait introduite en lui offrant une place si particulière dont les limites s’étaient flouées. Il avait toujours songé que leurs différences faisaient la force de leur lien, parce que malgré tout, ils parvenaient à se comprendre et à s’entendre. Le regard du Seigneur-Chercheur se perdit vers le fond de la pièce, les lèvres serrées sur ce qu’il aurait dû dire à cet instant-là, voire depuis longtemps déjà.

L’air songeur qui avait détendu les traits de Marius disparut à la simple évocation de ce que les gardes des ombres nommaient l’Appel. Les Chercheurs étant sensés savoir ce qui se tramait sur Thédas pour éviter que le monde ne cède au chaos, le noble orlésien s’était naturellement intéressé à la question. Les origines de la Garde remontaient à si loin que beaucoup avait sans doutes oublié jusqu’à quel point ces femmes et ces hommes sacrifiaient leur vie pour protéger les autres de l’Enclin. Un voile sombre s’abattit sur les yeux de Marius lorsqu’il les porta brusquement vers son amie. « Je sais, oui… Est-ce qu’on t’avait dit avant que… ? » Avant qu’elle ne s’engage. Que disait-on aux recrues de la Garde des Ombres avant de les accepter au sein de leurs rangs ? Quels secrets étaient tus au même titre que ceux des Chercheurs ? Dès qu’il avait appris que Nyghann s’était engagée sur cette voie qui ne menait que vers la mort dans les Tréfonds, le noble orlésien n’avait pu qu’enfermer le choc qu’il avait ressenti, quelque part, loin dans le fond de son esprit.

Le Seigneur-Chercheur observa la créature elfique qui lui tournait le dos et dont les courbes étaient à peine masquées par la soie fine qui la recouvrait. Il eût été si tentant de s’en approcher et chasser les inquiétudes de la jeune femme en caressant ses bras nus, le derme adouci par les bons soins du bain. Au lieu de quoi, Marius se redressa légèrement sur son coude, les sourcils froncés sur la remarque ô combien brûlante de Nyghann. Et dire qu’il avait fini par oublier ce que c’était, de se montrer tel qu’il était, d’être sincère dans ses gestes comme dans ses mots. « Je suis désolé. Je suppose que ce doit être assez commun chez les Chercheurs… Notre entrainement se termine sur une année coupée du monde et des distractions extérieures et intérieures. On se sépare des mouvements chaotiques de l’univers, mais aussi de nos émotions. Tout ce qui compte au terme de cette veille, c’est le devoir d’un Chercheur et la dévotion qui nous anime pour accomplir ce devoir. »

Il se tut un instant, se refusant à partager la moindre information sur l’Apaisement et le rituel qui s’ensuivait pour les Chercheurs. Non pas qu’il ne faisait confiance à son amie, mais il ne souhaitait pas la charger de ce fardeau supplémentaire et dont elle n’avait pas besoin. Marius se rassit et se glissa à côté de la jeune femme, avant de reprendre : « A cause de ça, il m’est assez facile de mettre de côté ce que je ressens, même sans que ce soit volontaire. Je suis navré si tu l’as perçu comme de la froideur de ma part. Je ne me le permettrais pas. Pas à ton égard. » A ses mots, il tourna les yeux vers Nyghann, l’œil inquiet de percevoir sur son visage la moindre once de colère. « Et puis, tu sais, en tant que Seigneur-Chercheur, je n’ai affaire qu’à des personnalités qui inspirent la méfiance ou qui transpirent le mensonge. Certains – ou certaines – s’imaginent sans doutes pouvoir obtenir des faveurs de la Chantrie, voire de ma famille, en se trouvant dans mes petits papiers. Mais toi, tu es désintéressée, tu ne recherches ni la richesse, ni la renommée, ni le pouvoir. Tu es sincère, et tu ne vois pas en moi le Seigneur-Chercheur, mais simplement l’homme que je suis. Alors… j’ai toutes les raisons pour t’apprécier à ta juste valeur et me soucier de ce que tu deviens. »

Le noble orlésien venait de dire en l’espace de quelques instants tout ce qu’il aurait pu dire il y a si longtemps. C’était à en avoir le vertige, d’autant qu’il en avait sans doutes trop dit. Mais pas tout non plus, comme à son habitude, incapable d’être réellement ouvert et complètement sincère, non seulement envers Nyghann mais aussi lui-même. Cependant, la jeune femme voulait des réponses, elle voulait briser le silence qui était comme une armure. On ne pouvait guère lui en vouloir… Marius soupira. « Je ne peux te reprocher d’avoir trouvé ta voie comme j’ai eu la chance de trouver la mienne. Mais… quand j’ai appris que tu étais devenue Garde… j’ai pensé à l’Appel, aux sacrifices que ça implique, à la vie que tu allais mener, aux années auxquelles tu avais renoncé alors que tu étais encore si jeune. Et le fait de savoir que tu as fait ça à cause de moi… » Elle aurait pu mener une vie plus saine, plus sauve, plus loin du danger, de la mort, des affres de la corruption, sauf que non, et c’était de sa faute.

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Nyghann Cieth
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Lun 26 Juin - 23:17
Je sais, oui… Est-ce qu’on t’avait dit avant que… ?

Pendant un instant, la jeun elfe hésite à répondre. Son regard se perd dans celui de son ami et sa réponse se fait par un haussement d'épaules.

« Cela a-t-il vraiment une importance ? Tu te demande si j'aurais quand même accepté en sachant ? Eh bien... la réponse est oui, je l'aurais fait tout de même. »

Entre ses doigts, les mèches de cheveux sombres glissent. Alors que Nyghann semble calme, presque apaisée malgré sa tourmente intérieur, elle baisse le regard, observant le décor de la chambre du riche Orlésien. C'était vraiment étrange que d'être ici avec lui, dans la pénombre d'une chambre en pleine soirée. C'était contre cette bienséance auquel Marius tenait tant. En silence, elle l'écoute parler de sa veille, de cette année en tant qu'apaiser. Une étrange qui sonne comme quelque chose d'étrange pour la garde de l'ombre. Ironique pour quelqu'un qui avait accepter de boire le sang d'une engeance et accepter l'idée d'en devenir une à son tour, au moment venu.

« Je me suis toujours demandé ce qui pouvait se passer dans la tête d'un apaisé... »

Mais déjà, Marius s'excuse pour l'impression de froideur qu'il a offert plus tôt dans la soirée. A son tour il semble plus libre de parler, se prêt au jeu de la confidence.. Et quelle confidence ! Il se lâche, le seigneur-chercheur, ouvrant son cœur et ses pensées à sa comparse comme jamais encore il ne l'a fait. Lentement, la dalatienne se redresse, soutenant son regard alors qu'elle l'écoute attentivement. Voilà longtemps qu'elle attendait de pouvoir entendre tout ça... Et maintenant qu'elle l'entendait ? Elle en éprouvait une vaste culpabilité.

Certains – ou certaines – s’imaginent sans doutes pouvoir obtenir des faveurs de la Chantrie, voire de ma famille, en se trouvant dans mes petits papiers. Mais toi, tu es désintéressée, tu ne recherches ni la richesse, ni la renommée, ni le pouvoir. Tu es sincère, et tu ne vois pas en moi le Seigneur-Chercheur, mais simplement l’homme que je suis. Alors… j’ai toutes les raisons pour t’apprécier à ta juste valeur et me soucier de ce que tu deviens.


« Je n'ai pas été élevé avec la notion de richesse.. pas celle-là tout du moins. Ne compte que la richesse de l'esprit et celle du cœur... Deux qualité dont tu es pourvu Marius. Ce n'est pas d'un Seigneur-chercheur dont j'ai besoin, pas d'or, pas d'une puissante renommée... j'ai besoin d'un ami. Il en a toujours été ainsi. Et en ce sens, tu m'as comblé au delà de toute mesure. »


Je ne peux te reprocher d’avoir trouvé ta voie comme j’ai eu la chance de trouver la mienne. Mais… quand j’ai appris que tu étais devenue Garde… j’ai pensé à l’Appel, aux sacrifices que ça implique, à la vie que tu allais mener, aux années auxquelles tu avais renoncé alors que tu étais encore si jeune. Et le fait de savoir que tu as fait ça à cause de moi…

Et le silence retombe, lourd comme le plomb. Dans la chambre, l'air semble soudainement surcharger d'une atmosphère étrange. L'elfe reste muette, fixant le faciès tendu de son comparse. Elle lit en lui une forme de tristesse, de désespoir presque. Jamais elle ne l'aurait soupçonner d'avoir penser à tout cela, d'en éprouver une inquiétude si forte. D'un geste lent, Nyghann tend la main et cette fois, les jointures de ses doigts effleurent doucement le carré de la mâchoire de l'humain dans une caresse douce. Beaucoup trop douce. Une torture en réalité, pour elle qui s'interdisait presque tout contact avec lui.

« Mais à quoi bon une vie longue, si celle-ci ne nous apporte rien ? Oui, je mourrais sans doute bien trop vite Marius, mais je le ferais en sauvant des vies, dont la tienne probablement . Je ne l'ai pas fait à cause de toi mais pour toi. C'est une nuance qui a toute son importance... Je te le devais, mon ami. Je te le dois toujours. C'est une dette de vie que j'ai envers toi et je sais que le seul moyen de la régler, sera par un sacrifice aussi grand que le tien. »

La jeune femme se penche doucement, approchant ses lèvres du front de Marius. Si l'envie d'en embrasser le derme la démange, elle se ravise à la dernière seconde et dans un soupir douloureux, Nyghan se contente de presser son front contre le sien.

« Je suis désolé... »


Dans un dernier soupir, elle se recule, se lève du lit et d'un pas rapide et presque gracile, se faufile par la porte fenêtre. Elle fuit, Nyghann. Elle fuit la frustration, la déception, l'angoisse. Elle ne supporte pas les mots de Marius, la peine qu'elle lui cause alors même qu'elle pensait n'aspirer en lui que la fierté.

◈ ◈ ◈

Elle se tourne, se retourne. Dans un profond soupir de lassitude, l'elfe observe le baldaquin au dessus d'elle. C'est trop confortable, trop spacieux, bien trop joli... Tout est fait pour l'empêcher de dormir. Son corps a été travaillé par la dureté des paillasses, à me^me le sol. Par le froid, parfois la faim et même la soif. Pourtant ce n'est pas ce qui la gêne le plus depuis des heures... L'anxiété la ronge comme un poison alors que les paroles du Seigneur-chercheur tournent en rond dans son esprit. Tentation, culpabilité, tentation, culpabilité... Maelstrom émotionnel qui la ravage, la bouffe comme une gangrène. Agacée et ce plus de raison, Nyghann repousse la couverture et s'extirpe de sa couche pour venir ouvrir la porte fenêtre. Elle frisonne au contacte de l'air trop frais de la nuit puis passe d'un balcon à l'autre avec la détente d'un félin. Le pas léger et silencieux, elle s'approche de la porte-fenêtre de la chambre de Marius. Ouverte, encore... Elle s'y engouffre doucement et s'approche du lit sur la pointe de ses petits pieds. Il est là, sagement endormit, si paisible... Assoupit, il semble bien plus serein que d'ordinaire et durant un instant, Nyghann l'envie pour cette impression de paix intense qui semble le bercer dans son sommeil.

Lentement, l'elfe pose un genoux sur le lit et voûte l'échine, se penchant au dessus de l'humain. Elle l'observe, sa main venant effleurer ses cheveux court, redessinant les contours de sa mâchoire. Elle n'a rien à faire ici, elle le sait... Et pourtant la dalatienne ne peut s'empêcher de s'éterniser, de l'observer avec une attention tout particulière. Toutes ces années de perdues à se tenir éloigné, à retenir ses gestes, ses mots et même ses pensées. Comment pouvait-on s'infliger pareil torture psychologique et émotionnel ? Par respect pour lui, sans doute. Dans le lourd silence de la nuit, Nyghann se penche, glissant une mèche de ses longs cheveux derrière ses oreilles. Ses lèvres, lentement, se posent avec une tendresse particulière sur celle du Ghislain. C'est une caresse douce, lente qu'elle savoure dans un soupir de désir. Il dort et sans gêne, elle a profiter de cet instant de faiblesse.

A contre cœur Nyghann se lève du lit, abandonnant la carcasse de l'humain derrière elle et c'est le cœur lourd qu'elle marche jusqu'au balcon, une main plaqué sur sa bouche aux lèvres rougies. Qu'avait-elle fait là ? Qu'avait-elle espéré en risant toutes les barrières qu'elle avait si durement battit toutes ces années ? Et la confiance de Marius, alors ? Elle préfère chasser cela de son esprit et dans un geste stressé, nerveux, l'elfe agrippe les pans de sa chemise de nuit avant de la relever, la faisant glisser contre les courbes pour s'en débarrasser. Et c'est nue, à nouveau, qu'elle s'offre à la nuit avant de s'approcher de la rambarde du balcon. Un dernier coup d'oeil sur le domaine Ghislain et dans un craquement douloureux, son geignement se change en un piaillement aiguë. Bras et jambes rapetissent, le derme s'emplume et le faciès s'étire. En un rien, l'elfe à laisser place à un gros hiboux qui prend son envole dans la seconde même où les ailes se sont ouvert. Un énième piaillement, comme un adieu, résonne lors que d'un battement d'aile, l'oiseau disparaît dans la nuit.

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