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23 MAI 2017 - OUVERTURE DU FORUM
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L'inquisition, ce privilège maternel (Mère et fille Caelina)

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▲ MESSAGES : 26
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Lun 10 Juil - 21:57
Seuls les forts peuvent se permettre de paraître faibles.

Elle médite cette phrase alors qu'elle patiente dans son fauteuil favori, dans cette pièce à laquelle si peu ont accès. Ni sa chambre, ni son bureau, ni sa bibliothèque privée. Un havre de paix, une pièce au mobilier et à la décoration si épurée, minimaliste. Des murs de teintes sombres, bleues, violettes et grises, à peine illuminées d'un éclairage tamisé, diffus. Quelques livres qui s'entassent sur une table, variant selon les lectures et les intérêts du temps. Et le siège, bien sûr. Un meuble extrêmement confortable, usé par l'usage et patiné par le temps, de bois si commun et de tissus si ordinaire. Tout l'inverse de ce trône, si inconfortable et luxueux, sur lequel son séant se doit de reposer régulièrement, bien trop souvent à son goût. Devrait-elle y voir une métaphore simpliste du poids du pouvoir ? Un ouvrage quelconque soutenait cette thèse, roman dénué de tout réalisme, l'histoire d'un monarque dont le siège était inconfortable à dessein. Risible. Tout détenteur de l'autorité un tantinet compétent remarquera aisément la charge qu'elle représente, si ce n'est avant de la désirer, du moins après l'avoir acquise. Quant aux idiots et aux aveugles ... ceux-là ne l'exercent que rarement, renversés ou dépossédés de sa substance. Un sort mérité.

Cet aphorisme la fascine. Si simpliste, si mensonger, et pourtant, il recèle une part de vérité. Seuls ceux qui possèdent la force d'affronter les menaces peuvent s'autoriser à être perçus comme faibles. Qu'ils abaissent leur garde dans l'optique d'un piège, d'une machination, ou par sincérité, ou pour toute autre raison. Mais pourtant ... qu'est-ce donc que le pouvoir, l'autorité, si ce n'est de paraître fort ? D'en convaincre les autres, à tort ou à raison ? Nul ne peut se maintenir sur son piédestal, son trône, son podium, s'il ne persuade la foule, la plèbe, ses adversaires, de son droit, contestable ou non, de s'y tenir. En définitive, personne ne saurait se permettre de paraître faible trop longtemps. Tout est une question de mesure ...

La ponctualité, politesse des rois. Un autre aphorisme qui lui traverse l'esprit. Pourvu que sa pupille ne s'avise pas d'être à la traîne. Dans son propre intérêt. Une sentence de plus à manier avec précaution. S'il est vrai qu'un monarque se doit de donner l'exemple en la matière, le pouvoir, une fois de plus, permet de s'affranchir de cette contrainte, à l'occasion. Mais toute puissance est relative, et si cette chère Marianis n'en manque pas, elle doit encore s'incliner devant l'Archonte, comme les autres. Pour combien de temps ? Voilà une question fascinante. Des années, nombreuses, avant qu'elle ne se révèle être une menace digne d'attention, une rivale potentielle. Une décennie, sans doute. D'autres l'auraient sûrement fauchée d'emblée. Les idiots. Certains, plus avisés, auraient attendu le dernier instant. Stupide. Elle ne saurait se maintenir pour l'éternité. D'autres ont essayé, et échoué. Femmes et hommes se jugent à l'aune de ce qu'ils laissent derrière eux, successeurs inclus ... Mais elle ne lui facilitera pas la tâche, tant dans son intérêt, égoïste et naturel, que celui de Tévinter ...

*Les minutes trottent, Marianis, j'espère que tu galopes ...*

Un retard entraînera une punition, un châtiment mesuré mais inévitable. C'est ainsi. Qu'importe l'affection qu'elle lui porte. Les leçons s'enchaînent et ne s'arrêteront qu'à la déchéance de l'une d'elles. Quoi de plus normal lorsqu'on aspire à l'ascension, au plus hautes sphères des arcanes, à régner sur la plus glorieuse nation de Thédas ? La faiblesse n'est pas de mise, les erreurs dangereuses, toujours coûteuses. L'avertissement résonne à son oreille, une voix usée par les décennies et les luttes. Tout a un prix, tout se paye en ce bas monde, Aquila. Mais aurait-elle pu emprunter un autre chemin ? Une question irrésolue, et qui ne le sera sans doute jamais. Pourquoi s'en ouvrir ? Nul ne saurait y apporter de réponse suffisante, pas même cette fille d'âme, à défaut de sang, à laquelle elle a dit beaucoup. Pas par crainte d'exposer ses faiblesses, quelle idée stupide. Marianis doit déjà les connaître, elle n'en fait pas mystère. Mais parce que personne ne  saurait résoudre ce problème-là. Nul ne saurait défaire ce que les années ont fait, sauf peut-être le Créateur, et il s'en est toujours bien gardé ... Enfin la porte s'ouvre dans un grincement, et elle rassemble en un éclair des bribes de son pouvoir. Prête à le déchaîner. Bien sûr, nul ne saurait avoir accès à cette salle sans en connaître l'emplacement exact, déverrouiller l'antichambre et franchir le barrage de gardes d'une dévotion sans failles, mais ... L'impossible n'est pas de son monde. Même devant le visage si familier de sa pupille, elle n'abaisse pas sa garde. Paranoïa est mère de sûreté.

- Tout juste à l'heure, ma fille. Tu as su répondre à temps à une convocation si inattendue, presque cavalière de ma part, et je t'en félicite. Le message n'était pas très explicite, mais tu dois te douter de la raison de ta présence ici, n'est-ce-pas ?

Un accueil affable, une voix sereine, tranquille. De la main, elle lui désigne une pile de coussins posés à même le sol. Elle-même s'écarte à regret de son fauteuil pour en tirer une poignée et s'installer dessus. Au même niveau que sa pupille. Certes, l'apparat, la symbolique de la différence de perchoir a ses atouts, mais pas en ce lieu, en cet instant. Ici doit prévaloir la relation la plus pure de maître à disciple, dans son essence même. Non d'égale à égale, mais de passeuse à receveuse, faite de continuité et d'espoir, de promesses qui ne demandent qu'à être achevées, peut-être, un jour. Pas de hiérarchie basique et simpliste.

- Alors, Marianis, pourquoi cet acte ? J'espère que tu es prête à m'expliquer les raisons d'une conduite si ... audacieuse ?

Le ton est badin, le timbre doux et amical, le sourire charmant. Et pourtant, déjà, la leçon a commencé. Une première inquisition, primaire, guère plus qu'un échauffement. L'élève ne devrait pas tomber dans ce piège-là, mais un rappel n'est jamais superflu ...
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