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23 MAI 2017 - OUVERTURE DU FORUM
(univers Dragon Age, un siècle après les jeux)
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Ainsi naquit le monstre

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Marianis Caelina
L'Enfer Blanc
▲ MESSAGES : 499
▲ OCCUPATION : Apprentie et ambassadrice de l'Archonte de Tévinter.
▲ COMPÉTENCES ET ARMES : Un sceptre élégant, immaculé, surmonté d'un saphir. Rêveuse initiée aux magies entropique et spirituelle. Affinité au feu, métamorphose en corbeau.
▲ LOCALISATION : Empire Tévintide ou en vadrouille dans Thédas.
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Sam 15 Juil - 17:38


Ainsi naquit le monstre
Marianis & Aquila




Elle ne connaissait rien d’autre que cette cage, et la vue s’offrant à elle derrière les barreaux. Paysage parfois changeant mais souvent figé. Un coin du grand salon où la famille de ses maîtres venait se délasser et se rassembler. Le centre de la bibliothèque, tel un curieux spécimen à étudier. L’immense salle de réception où l’on organisait de temps à autre de fastueuses soirées où étaler ses richesses. Le genre d’événement dont les nobles raffolent – qu’importe qu’ils soient de Tévinter, d’Orlaïs ou d’ailleurs, ce sont tous les mêmes – afin de pavaner et s’afficher en charmante compagnie. Exhiber son pouvoir aux yeux de tous, en gagner plus, toujours plus. Et les jeux incessants de pouvoir, les intrigues politiques dont certaines étaient nées au sein même de cette immense salle suintant le luxe de tous ses murs et tapisseries hors de prix.

Elle ne connaissait rien d’autre à part ceci, et quelques vagues souvenirs de la rue. Vie de misère, vie de rien. Les jeunes années de sa vie passées à n’être qu’une petite chose repoussée par la chair de sa chair, l’enfant que l’on cache honteusement à la vue des regards, pour avoir commis le simple crime de naître en étant différente des autres. Condamnée avant même d’être sortie de l’innocence. Ses parents, des pauvres de l’Empire, l’ont vendu à cette riche famille qui l’a gardé comme un animal de compagnie pendant des années. Une somme rondelette pour l’être exotique qu’ils ont vu en elle, et la voilà devenue esclave. Ou plus précisément animal de compagnie, petite chose dénuée de droits et du statut d’être humain, tout juste bonne à être exhibée dans les riches salons et réceptions mondaines organisés par ses maîtres. Enfant seule, peut-on s’étonner que l’être qu’elle est aujourd’hui soit dénué de la moindre forme de compassion, alors qu’elle a grandi en étant privée de celle-ci ? Mais un jour, tel un brutal déclic de l’esprit, tout ceci prit fin.

C’était un soir d’hiver. Une autre réception de plus, cette fois-ci afin de s’attirer les faveurs des plus grands de l’Empire, ses maîtres toujours plus boulimiques d’influence et de prestige. Elle n’en était que l’un des nombreux divertissements en cette soirée d’exception, où le faste s’étalait du sol au plafond. Dalles de marbre, tapisseries brodées d’or, plafond ciselés et peint. Un tel étalement de richesse que cela en devenait de mauvais goût. Ses maîtres pouvaient se le permettre, brillants commerçants de l’Empire. Pour l’occasion, on l’avait revêtue d’une robe à dentelle aussi immaculée que ses longs cheveux lui arrivant au creux des reins, soigneusement brossés pour l’occasion. Une poupée de porcelaine, c’était ainsi que la décrivait la plupart des convives, alors qu’elle gardait obstinément la tête baissée, le visage figé dans un masque d’indifférence, de non-vie. Immobile, tel que l’aurait été une véritable poupée. Créature inquiétante, à s’en demander si elle n’en était pas réellement une, si elle était bien en vie. Aux interrogations et aux regards curieux des invités, elle ne répondait par aucun signe indiquant qu’elle les entendait ou était conscience d’une quelconque manière. « Qu’ils se taisent enfin. Qu’ils me délaissent pour que je puisse goûter à la paix, toute relative soit-elle. » pensait-elle haut et fort sous son petit crâne bien coiffé.

Mais il est bien connu que les enfants sont les êtres les plus infâmes entre eux. Alors qu’elle s’obstinait à paraître inintéressante aux yeux de tous pour qu’on se lasse d’elle, qu’on la laisse en paix dans sa prison semblable à une grande cage à oiseaux, un groupe d’enfants se mit en tête de la faire réagir d’une manière ou d’une autre.

« T’es quoi au juste ? T’es humaine ?
- Mais non Anne, regarde-là. On dirait une petite vieille avec ses cheveux blancs ! Comme ta grand-mère, mais sans les rides.
- Si ça se trouve, c’est un mage qui l’a créé avec sa magie !
- Quoi ? Pff, n’importe quoi, c’est trop tordu ! Moi j’dis que ses parents ont dû pensé qu’elle avait le hoquet quand elle est née, alors ils ont voulu lui faire peur pour que ça parte. Sauf qu’elle a tellement eu peur qu’elle en est restée toute pâle !
- Mais ça aussi c’est nul, comme histoire ! »

Leurs mots glissèrent sur son masque d’impassibilité, rien de plus que de vulgaires bruits parasites provenant de loin. Les enfants finirent par s’en rendre compte et décidèrent d’adopter une autre tactique, comme on vient cruellement titiller la queue d’un lézard ou arracher les ailes d’une mouche à cet âge. Enfants rois, gâtés pourris, habitués à ce qu’on leur cède leurs caprices, ils n’acceptaient pas que l’albinos ne leur prête aucune attention. Pas plus qu’elle n’en prêterait à d’insignifiants cloportes. Ils sortirent de son champs de vision et elle les oublia presque aussitôt. Avant de sentir la pointe d’un couteau s’enfoncer de quelques millimètres à l’arrière de son mollet. Stupeur, elle sursauta, provoquant les rires des enfants qu’elle fusilla du regard en se tournant vers eux.

« Ah bah t’es pas juste une poupée finalement, t’es vivante !
- Dis, tu voudrais pas danser pour nous ?
- Oui, allez, danse !
- Danse ! Sinon, attention… Pic-pic-pic ! »

Encerclant la cage, elle n’avait pas la moindre possibilité d’échapper aux lames que brandissaient les autres enfants, tentant en vain de se mettre au centre de la cage et de les éviter. C’est un deuxième trait rouge qui se traça sur son autre jambe. Puis un autre sur son pied. Et encore un autre, puis un énième sous les ricanements des enfants provoquant sa fureur. Des années qu’on la maintenait ainsi en cage, des années qu’elle avait le loisir d’observer ses maîtres et leurs convives vivre sans manquer de rien, quand on la nourrissait à peine. Quand on la délaissait dans la cave et avec ses excréments lorsque la lassitude prenaient ses maîtres, de la même manière qu’on aurait rangé dans un placard un objet pour qu’il y prenne la poussière, puis se décider à le ressortir quelque temps plus tard. C’est un feu qui couvait en elle depuis toutes ces années, une boule de rage impuissante qui se forma en son sein telle une tumeur impossible à déloger. Mais depuis quelques temps, la colère frémissait d’une manière différente, sans qu’elle ne puisse se l’expliquer. Elle crépitait, gagnait jusqu’à ses mains comme si elle voulait sortir. Mais rien d’autre. Rien, jusqu’à ce soir.

Alors que la colère et la recherche d’un semblant de justice l’amenèrent à surmonter le tranchant des couteaux pour se rapprocher des barreaux, elle saisit au visage l’un des enfants – le plus âgé et plutôt en passe de devenir un jeune adulte – celui ayant eu la brillante idée d’encourager les autres à la harceler de la pointe de leurs couteaux. La peau de son crâne commença à fondre sous son contact, le gamin laissant échapper un hurlement atroce, tandis qu’un ruban de flamme se répandit autour de la demoiselle pour venir frapper les autres enfants autour de la cage. Quand elle lâcha sa prise et que sa victime tomba en arrière, un silence assourdissant régnait dans la salle de réception.


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FLEUR GRACILE
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