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Ainsi naquit le monstre

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Marianis Caelina
L'Enfer Blanc
▲ MESSAGES : 618
▲ OCCUPATION : Apprentie et ambassadrice de l'Archonte de Tévinter.
▲ COMPÉTENCES ET ARMES : Un sceptre élégant, immaculé, surmonté d'un saphir. Rêveuse initiée aux magies entropique et spirituelle. Affinité au feu, métamorphose en corbeau.
▲ LOCALISATION : Empire Tévintide ou en vadrouille dans Thédas.
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Sam 15 Juil - 17:38


Ainsi naquit le monstre
Marianis & Aquila




Elle ne connaissait rien d’autre que cette cage, et la vue s’offrant à elle derrière les barreaux. Paysage parfois changeant mais souvent figé. Un coin du grand salon où la famille de ses maîtres venait se délasser et se rassembler. Le centre de la bibliothèque, tel un curieux spécimen à étudier. L’immense salle de réception où l’on organisait de temps à autre de fastueuses soirées où étaler ses richesses. Le genre d’événement dont les nobles raffolent – qu’importe qu’ils soient de Tévinter, d’Orlaïs ou d’ailleurs, ce sont tous les mêmes – afin de pavaner et s’afficher en charmante compagnie. Exhiber son pouvoir aux yeux de tous, en gagner plus, toujours plus. Et les jeux incessants de pouvoir, les intrigues politiques dont certaines étaient nées au sein même de cette immense salle suintant le luxe de tous ses murs et tapisseries hors de prix.

Elle ne connaissait rien d’autre à part ceci, et quelques vagues souvenirs de la rue. Vie de misère, vie de rien. Les jeunes années de sa vie passées à n’être qu’une petite chose repoussée par la chair de sa chair, l’enfant que l’on cache honteusement à la vue des regards, pour avoir commis le simple crime de naître en étant différente des autres. Condamnée avant même d’être sortie de l’innocence. Ses parents, des pauvres de l’Empire, l’ont vendu à cette riche famille qui l’a gardé comme un animal de compagnie pendant des années. Une somme rondelette pour l’être exotique qu’ils ont vu en elle, et la voilà devenue esclave. Ou plus précisément animal de compagnie, petite chose dénuée de droits et du statut d’être humain, tout juste bonne à être exhibée dans les riches salons et réceptions mondaines organisés par ses maîtres. Enfant seule, peut-on s’étonner que l’être qu’elle est aujourd’hui soit dénué de la moindre forme de compassion, alors qu’elle a grandi en étant privée de celle-ci ? Mais un jour, tel un brutal déclic de l’esprit, tout ceci prit fin.

C’était un soir d’hiver. Une autre réception de plus, cette fois-ci afin de s’attirer les faveurs des plus grands de l’Empire, ses maîtres toujours plus boulimiques d’influence et de prestige. Elle n’en était que l’un des nombreux divertissements en cette soirée d’exception, où le faste s’étalait du sol au plafond. Dalles de marbre, tapisseries brodées d’or, plafond ciselés et peint. Un tel étalement de richesse que cela en devenait de mauvais goût. Ses maîtres pouvaient se le permettre, brillants commerçants de l’Empire. Pour l’occasion, on l’avait revêtue d’une robe à dentelle aussi immaculée que ses longs cheveux lui arrivant au creux des reins, soigneusement brossés pour l’occasion. Une poupée de porcelaine, c’était ainsi que la décrivait la plupart des convives, alors qu’elle gardait obstinément la tête baissée, le visage figé dans un masque d’indifférence, de non-vie. Immobile, tel que l’aurait été une véritable poupée. Créature inquiétante, à s’en demander si elle n’en était pas réellement une, si elle était bien en vie. Aux interrogations et aux regards curieux des invités, elle ne répondait par aucun signe indiquant qu’elle les entendait ou était conscience d’une quelconque manière. « Qu’ils se taisent enfin. Qu’ils me délaissent pour que je puisse goûter à la paix, toute relative soit-elle. » pensait-elle haut et fort sous son petit crâne bien coiffé.

Mais il est bien connu que les enfants sont les êtres les plus infâmes entre eux. Alors qu’elle s’obstinait à paraître inintéressante aux yeux de tous pour qu’on se lasse d’elle, qu’on la laisse en paix dans sa prison semblable à une grande cage à oiseaux, un groupe d’enfants se mit en tête de la faire réagir d’une manière ou d’une autre.

« T’es quoi au juste ? T’es humaine ?
- Mais non Anne, regarde-là. On dirait une petite vieille avec ses cheveux blancs ! Comme ta grand-mère, mais sans les rides.
- Si ça se trouve, c’est un mage qui l’a créé avec sa magie !
- Quoi ? Pff, n’importe quoi, c’est trop tordu ! Moi j’dis que ses parents ont dû pensé qu’elle avait le hoquet quand elle est née, alors ils ont voulu lui faire peur pour que ça parte. Sauf qu’elle a tellement eu peur qu’elle en est restée toute pâle !
- Mais ça aussi c’est nul, comme histoire ! »

Leurs mots glissèrent sur son masque d’impassibilité, rien de plus que de vulgaires bruits parasites provenant de loin. Les enfants finirent par s’en rendre compte et décidèrent d’adopter une autre tactique, comme on vient cruellement titiller la queue d’un lézard ou arracher les ailes d’une mouche à cet âge. Enfants rois, gâtés pourris, habitués à ce qu’on leur cède leurs caprices, ils n’acceptaient pas que l’albinos ne leur prête aucune attention. Pas plus qu’elle n’en prêterait à d’insignifiants cloportes. Ils sortirent de son champs de vision et elle les oublia presque aussitôt. Avant de sentir la pointe d’un couteau s’enfoncer de quelques millimètres à l’arrière de son mollet. Stupeur, elle sursauta, provoquant les rires des enfants qu’elle fusilla du regard en se tournant vers eux.

« Ah bah t’es pas juste une poupée finalement, t’es vivante !
- Dis, tu voudrais pas danser pour nous ?
- Oui, allez, danse !
- Danse ! Sinon, attention… Pic-pic-pic ! »

Encerclant la cage, elle n’avait pas la moindre possibilité d’échapper aux lames que brandissaient les autres enfants, tentant en vain de se mettre au centre de la cage et de les éviter. C’est un deuxième trait rouge qui se traça sur son autre jambe. Puis un autre sur son pied. Et encore un autre, puis un énième sous les ricanements des enfants provoquant sa fureur. Des années qu’on la maintenait ainsi en cage, des années qu’elle avait le loisir d’observer ses maîtres et leurs convives vivre sans manquer de rien, quand on la nourrissait à peine. Quand on la délaissait dans la cave et avec ses excréments lorsque la lassitude prenaient ses maîtres, de la même manière qu’on aurait rangé dans un placard un objet pour qu’il y prenne la poussière, puis se décider à le ressortir quelque temps plus tard. C’est un feu qui couvait en elle depuis toutes ces années, une boule de rage impuissante qui se forma en son sein telle une tumeur impossible à déloger. Mais depuis quelques temps, la colère frémissait d’une manière différente, sans qu’elle ne puisse se l’expliquer. Elle crépitait, gagnait jusqu’à ses mains comme si elle voulait sortir. Mais rien d’autre. Rien, jusqu’à ce soir.

Alors que la colère et la recherche d’un semblant de justice l’amenèrent à surmonter le tranchant des couteaux pour se rapprocher des barreaux, elle saisit au visage l’un des enfants – le plus âgé et plutôt en passe de devenir un jeune adulte – celui ayant eu la brillante idée d’encourager les autres à la harceler de la pointe de leurs couteaux. La peau de son crâne commença à fondre sous son contact, le gamin laissant échapper un hurlement atroce, tandis qu’un ruban de flamme se répandit autour de la demoiselle pour venir frapper les autres enfants autour de la cage. Quand elle lâcha sa prise et que sa victime tomba en arrière, un silence assourdissant régnait dans la salle de réception.


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Stained heart

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Lun 24 Juil - 17:17
Une réception de plus. Cet étrange mélange d'une joute oratoire et d'une parade nuptiale, d'un étalage de fortune, d'une démonstration de goûts et de raffinements ; ce maëlstrom humain où se créent, se développent et s'achèvent complots et alliances, machinations et projets, des plus mesquins aux plus ambitieux. Ses condisciples les plus studieux n'y voient que des distractions et des futilités indignes de leur attention, une perte de temps dérisoire en regard de l'étude des arcanes. Erreur, compréhensible, mais naïve. A Tévintide, le pouvoir d'un Magister ne réside pas seulement dans sa manipulation des courants mystiques, sa connaissance de l'Immatériel ou ses affinités avec les aspects les plus sombres. Il se nourrit aussi de son influence, de ses réseaux et de ses clients, de ceux qui lui sont redevables et de celles qui partage ses intérêts. Il repose autant sur l'Humain que sur le Mage. Voilà pourquoi elle ne saurait esquiver celle-là, tenue par l'une des riches familles de Tévinter. Promesse de retrouvailles d'avec le gratin nobiliaire de Tévintide, celui auquel elle s'efforce de se mêler depuis son départ, depuis qu'elle s'est retrouvée seule à arpenter ce monde. Il n'y a qu'une voie pour qu'elle y survive, de corps et d'esprit, une seule échappée : continuer l'ascension. L'Archonte a commencé à la remarquer, elle le sait, elle l'a entendu. Mais il est encore trop tôt, bien trop tôt pour se reposer sur ses lauriers. L'attention ne vaut pas la sélection.

Alors elle se mêle à la foule, bigarrée, bruyante et agitée. Sa tenue ne se démarque pas, d'une élégance et d'un luxe suffisant pour convenir à l'étiquette, sans y déroger par excès ou par défaut. Trop, et elle courrait le risque d'être perçue comme l'ambitieuse acharnée qu'elle est réellement, une erreur fatale, un mouvement trop précoce. Trop peu, et elle se verrait reprocher son faux pas jusqu'à la fin de ses jours. Elle colle à la mode de la saison, sans chercher à la précéder. Élégante, sans être provocatrice. D'autres s'en chargent à sa place, à commencer par les maîtres des lieux. De leurs tenues trop chargées, trop lourdement ornées ; de l'opulence excessive de l'endroit, du sol au plafond sans ignorer les murs et leurs ornementations ; de la nourriture trop grasse, trop sucrée, chargée de tellement de saveurs qu'elles s'annihilent, luttent et se neutralisent ou se chevauchent, sans la moindre harmonie culinaire. "Je n'ai pas de raffinement, mais j'ai de l'argent.". La réception toute entière semble proclamer haut et fort cette tirade.

Un instant, un détail insolite attire son regard, alors qu'elle converse avec une Magister plus âgée, s'efforçant d'ignorer les regards appréciateurs qu'elle laisse glisser sur sa croupe. Une cage. Une bête sauvage, dans cette salle ? Voilà qui serait étonnement audacieux de leur part ! Un mouvement de foule lui permet enfin d'entrevoir l'occupant, ou l'occupante, elle serait bien en peine de le dire ... Une silhouette humanoïde, pâle, blafarde, des vêtements d'une teinte si similaire qu'ils en sont imperceptibles ... Elle lâche un profond soupir, attirant l'attention de son interlocutrice. Celle-ci se penche pour suivre le regard d'Aquila et lève les yeux au plafond, une moue consternée sur son visage à peine ridé.

- Ce spectacle est d'un vulgaire ...

Aquila ne peut qu’acquiescer alors qu'elle essaye de comprendre la raison de cette exposition. De cette distance, elle ne peut rien discerner de remarquable, si ce n'est la teinte, blanche, immaculée.

- Ne me dites pas que notre estimé hôte ne l'expose que pour sa blancheur ?

Un petit rire résonne, cristallin.

- Et à quoi vous attendiez-vous d'autre de sa part, Magister Caelina ? Cette ... débauche éhontée qui nous entoure montre bien le peu de goût que l'on est en droit d'attendre de mon cousin.

Les deux femmes partagent un sourire complice. Il y a une nuance un peu plus chaleureuse, si ce terme pouvait être appliqué à une expression Tévintide, dans l'expression de son aînée. Une étincelle pas si désagréable que cela, constate Aquila en riant doucement in petto. Elle l'étudie un bref instant du regard, cherchant à déterminer ce qui pourrait motiver cette consœur à la réputation de prudence, presque conservatrice, à la contacter ainsi. De multiples hypothèses, des spéculations à l'infini, mais qu'il est délicat de trancher avec son réseau d'informateurs encore balbutiant. Une seule solution, aussi séduisante que dangereuse ... à l'image de son interlocutrice, réalise-t-elle : jouer son jeu, se livrer à cette danse si particulière que chaque Magister se doit de suivre lorsqu'il interagit avec l'un des siens.

- Je suis ravie que le Créateur, dans sa grande sagesse, aie jugé bon d'en faire grâce aux autres branches de sa lignée, Magister Tesciurei.

Avant de se détourner, elle aperçoit la cohorte puérile qui s'assemble autour de la cage. Elle sait déjà le spectacle désolant qui ne manquera de se tenir, elle y a déjà assisté à de multiples reprises, sur des esclaves, des roturiers de bas rang, les faibles et les vulnérables. Les enfants ont cette ... faiblesse de  ne pas savoir refréner leurs plus bas instincts, de s'y livrer en public sans gêne ni honte. Au moins avec l'âge, acquièrent-ils suffisamment de bon sens et de contrôle pour s'y livrer derrière des portes closes, à défaut de les supprimer. Elle éprouve un net sentiment de dégoût, dénué de toute pitié à l'égard de l'objet de leur attention. Ainsi va Thédas ...

- Mais reprenons où nous en étions, Magister Caelina, si cela vous sied. Je dois confesser ma curiosité sur les derniers développements de vos études entropiques dont vous avez fait l'annonce hier ...

Les deux femmes s'éloignent, plongée dans une conversation sur les raffinements de la branche entropique. Rapidement, Aquila relègue la cage, son occupante et ses tourments dans les oubliettes de sa mémoire. Il y a tellement plus important dans son existence, comme cette alliée potentielle qu'elle s'efforce de jauger, cette boisson qu'elle scrute prudemment à la recherche de poison, ces conversations qu'elle écoute d'une oreille distraite.

Alors l'impensable se produit. Personne ne saurait se méprendre sur ce bruit, celui de flammes qui rongent la chair, qui embrasent un être. Ces cris de souffrance si caractéristiques. Pas à Tévinter. Tous s'interrompent, dans l'instant. Il ne s'en faut de peu pour que la situation dégénère. Déjà, des dagues ont surgi, des incantations et des sortilèges se préparent, alors que chacun cherche à se protéger d'une attaque, d'une embuscade, à identifier la source de l'attaque. L'esprit figé un bref instant, le corps déjà occupé à la préparation d'un sort, Aquila réalise immédiatement l'origine de l'incident, son point de départ. La cage. Les enfants autour. Elle s'y précipite, entraînant sa consœur à sa suite. Alors que la foule recommence à bruisser de murmures intrigués, que les regards convergent vers la cage et sa captive, elle s'agenouille sur les corps geignants au sol. Ce n'est pas l'altruisme qui la pousse à l'action, mais l'intérêt, la réalisation d'une incroyable opportunité. Il est presque trop tard pour l'un d'eux, calciné, la chair ravagée par le feu, noircie et fondue par endroits. Les autres morveux souffrent de brûlures sévères, dangereuses mais pas létales, si elles sont soignées à temps. Mobilisant ses maigres connaissances en Création, elle s'arrange pour apaiser leur douleur, en attendant l'arrivée de guérisseurs plus compétent. Elle les entend déjà cavaler, se frayer un chemin à travers la foule : eux, les gardes, et la famille du maître des lieux.

Elle époussette la robe en se relevant, indifférente aux regards qui se posent sur elle. Bien sûr que la plupart la connaissent, au moins de vue. On ne réalise pas une ascension aussi rapide sans attirer la curiosité. Mais ce qui lui importe, en l'instant, c'est celle à l'origine de toute ce raffut. La captive. Une mage potentielle. Quelle ironie. Cet idiot n'aurait pu trouver pire spécimen à exposer ainsi, à la merci de tous les tourmenteurs juvéniles ... Plutôt impressionnant, pour une novice sans formation, le résultat. Un potentiel prometteur, gâché par la naissance. Survivre à une telle incartade semble peu probable, hélas. Elle s'apprête à se détourner, mais capte e dans le regard de cette créature quelque chose qui l'interloque. Il y a de la colère, de la rage, bien sûr, mais au-delà ... un néant, un vide, insondable et pourtant chargé d'une nuance impossible à définir. Elle ne peut réprimer un frisson, léger. Cette fille, cette gamine est ... unique. Elle le sent. Peut-elle vraiment se permettre de ...

Oui.

Un mouvement, à côté d'elle. Un homme charge, hurlant, une dague à la main. Sa direction, la cage. Il n'est pas une menace. Mais elle réagit en un quelques instants. D'un sort, elle l'entrave, le fait lâcher son couteau. Le père d'une des victimes, sans aucun doute. Injurieux, il se débat. D'une voix claire, résonnant à la ronde, suffisante pour couvrir les murmures de la foule, elle s'exclame :

- Vous vous oubliez, messire. Je comprends votre douleur, mais n'oubliez pas qu'elle est la propriété de notre hôte. Et il est de son droit seul de décider du châtiment à lui appliquer. Sauf si vous souhaitez lui faire affront ...

Si cela peine à calmer l'entravé, ce discours suffit du moins à décourager d'autres tentatives. Dans l'instant, Aquila porte la bouche à l'oreille de sa consœur.

- Peut-être devriez-vous conseiller à votre cousin de la mettre à l'abri, le temps qu'il décide ce qu'il convient de faire d'elle. Je redoute que si d'autres venaient à l'occire, la famille du garçonnet en viendrait aux lames ...

- Conseil avisé, mais croyez bien que j'escomptais le faire, ma chère. Mais votre attention à l'égard de cette ... créature me surprend. Je n'ose imaginer que vos goûts soient si ... particuliers ?

Aquila ne peut réprimer un gloussement devant le ridicule de l'affirmation. Du reste, il s'agit du meilleur moyen de réfuter de telles allégations.

- Ne soyez pas ridicule. Vous savez bien que mes inclinations ne sont pas aussi déviantes. Mais je ne peux cacher qu'elle m'intrigue. Aussi, si vous pouviez convaincre votre cousin de l'épargner le temps que je l'étudie d'un peu plus prêt, je vous en serais grandement reconnaissante.

- Et jusqu'où irait votre reconnaissance, je me le demande ?

- Qui sait ? Mais soyez assurée d'une chose. Je règle toujours mes dettes, d'une façon ou d'une autre.

Une moue songeuse se dessine sur les traits de l'aînée. Aquila ne peut réprimer un nouveau frisson. Elle vient d'élever considérablement la mise, et les risques encourus. D'une simple conversation, certes imprégnée de nuances variées et de sous-entendus multiples, elles sont passées à une négociation, une transaction à l'impromptue, presque en aveugle. Elle en sait peu sur cette Magister, au final, et se placer en position de dette pourrait lui coûter très cher, et pas qu'en monétaire. Elle se morigène. Elle doit avoir confiance en elle, en ses ressources, en ses capacités, en son instinct. Il y a là un coup à jouer. Elle le sent.

- Très bien. Je vais essayer de lui faire entendre raison. J'espère qu'il sera encore suffisamment sobre ...

De longues minutes. De très longues minutes, à observer la conversation entre le maître des lieux enfin arrivé, remonté au possible, et sa cousine non moins obstinée. Un peu d'alcool l'aide à apaiser son angoisse, alors qu'elle ne peut capter le moindre écho de leur conversation murmurée à l'écart. L'agacement de l'un va croissant, jusqu'à ce que la Magister claque des talons au sol, le coupant net dans son élan. L'embarras et la gêne sont affichées clairement sur son visage. Peu de temps après, des gardes viennent embarquer la cage et l'évacuer par une porte de service, ravivant la clameur de la foule. Alors seulement Aquila relâche son emprise sur l'homme à terre et rejoint le côté de sa consœur.

- Il a accepté. Mais faites vite, Magister Caelina. Il est réellement furieux. Votre ... spécimen a occis le fils d'un de ses partenaires commerciaux, après tout.

Une enfilade de couloirs à la suite d'une paire de gardes et une série d'escaliers plus tard, et la voilà dans la pièce, la cave plutôt, où la cage a été entreposée. C'est bien elle. Un peu brusquée par le transport, mais pas de traces de maltraitance ultérieure à l'embrasement. Bien.

- Sortez. Tous.

Aucun garde n'ose protester. A Tévinter, qui serait assez fou pour contester la volonté d'un Magister, parmi les roturiers. Alors seulement elle se détend et contemple la silhouette encagée, cherchant à croiser son regard.

- C'est un sacré spectacle que tu nous as offert là-bas, ma petite. Impressionnant, mais pas très sage ...

Sans faire plus de manières, elle s'assied à même le sol.

- Est-ce que tu me comprends ?

Sans attendre de réponse, elle enchaîne immédiatement.

- Ils veulent tous ta mort, là-haut. Pour certains, c'est personnel, pour d'autres, non. Les esclaves ne sont pas censés tuer les maîtres, c'est comme ça. Et je suis la seule qui pourrait avoir un intérêt à te garder en vie, te sortir de cette cage où tu moisiras jusqu'à ton exécution, ou pire. Intéressée ?

La question est d'une importance cruciale. Elle ne recherche pas une esclave, quelqu'un qu'elle devra surveiller à chaque instant, à chaque minute, pour protéger ses arrières. Quel intérêt ? Les menaces de ses concitoyens sont amplement suffisantes. Si son instinct est bon, elle peut trouver autre chose, ici même. Quelque chose de bien plus précieux. Encore faut-il le consentement de l'albinos. Préambule indispensable.
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