late night nightmare - aguilar

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le Lun 28 Aoû - 17:32


late night nightmare   

C'était la même chose, tout les soirs depuis l'Union; Fenara avait l'impression de sombrer dans la folie. Elle n'avait plus aucun contrôle sur ses rêves, sur son royaume; l'engeance la suivait jusque là-bas, non contente d'avoir teinté son sang, elle avait aussi teinté son don, et la jeune elfe n'avait personne pour comprendre cela. Ces rêves, où apparaissaient créatures tordues, mortifiées, dénaturées, sous l'égide de l'Archidémon. Les gardes murmurent que c'est normal, un enclin se prépare, qu'il ne faut pas s'inquiéter plus que ça, ce ne sont que des cauchemars. Mais quand on est appelé par l'immatériel dès que l'on ferme les yeux, les cauchemars sont dangereux; les émotions fortes qu'ils propagent sont des portes ouvertes aux esprits, et tous n'ont pas des intentions bienheureuses. Fenara n'a pas pour plans de terminer possédée, aussi se prive-t-elle de dormir, se coupe-t-elle de sa seule distraction dans le monde gris de la Garde des Ombres. Elle reste seule avec ses pensées, les échos des morts qu'elle a vue, des gestes qu'elle a fait, dans le besoin. Elle entend ce que l'ont murmure sur elle entre les murs de Fort Bastel, qu'elle n'a pas de cœur, que par deux fois elle a utilisé les corps d'autres recrues pour se donner de la puissance magique; elle lit les "monstre" sur les lèvres, les rumeurs portées sur l'ensemble des dalatiens, portés comme êtres dénués de sentiments. Et ça lui fait terriblement mal. Car c'est faux; elle affiche un visage dur, balance son dédain comme du poison, alors qu'il n'est que bouclier. Les morts, elle les voit encore vivre devant ses yeux, combien même les détestait-elle, les corps qui disparaissent de sa main, elle en sent le goût amer dans sa bouche, et le frisson de la peur de la mort qui approche, qui lui crie d'agir, en oubliant ce que d'autres peuvent penser, lui semble être parfois justification bien faible. Alors elle se renferme, plus encore. La Garde devait devenir une famille, elle devient une ennemie, et Fenara a l'impression d'avoir échoué sur ce qu'elle devait accomplir.

Tout cela, couplé à la fatigue de sa privation de sommeil volontaire, aux entrainements épuisants en prévision de l'Enclin et à l'humeur morose font que Fenara est épuisée, autant physiquement que mentalement, mangeant aussi peu qu'elle ne dort, restant isolée de même ceux qui semblent ne pas lui porter tout les maux du monde. La nuit étant tombée, elle regarde le ciel par l'une des fenêtres de Fort Bastel; elle n'a presque plus d'herbes pour empêcher les rêves, alors elle prend le défi de ne pas dormir pour économiser le mélange; mais elle va perdre et s'enfoncer dans le sommeil. Le rêve débute normalement, une forêt, les siens, la langue des elvhens si délicatement chantée; une comptine qui la berce, puis l'instrument a une fausse note, tout déraille, les elfes qui lui apparaissaient se changent en cadavres, ceux des deux frères shems qu'elle a fait disparaître après la mort, puis en engeances, et elle, elle tombe dans les tréfonds, sans s'arrêter, alors que des phrases et des cris se mélangent;
" Dirth ma, harellan. Ma banal enasalin." Non c'est faux, elle n'échouera pas, crie-t-elle après de la voix invisible avant d'heurter le sol; le fond des tréfonds, l'Archidémon, ce dragon immense et corrompu qui la surplombe; et les deux recrues mortes qui apparaissent, encore et encore, leurs blessures fatales dégoulinant de sang et qui murmurent, en chœur, dans une langue qu'ils ne doivent pas parler "Ir emah'la shal! " tu as désacralisé nos tombes; cela résonne en elle, alors que les engeances apparaissent et qu'elle se noie dans leur foule; puis l'une d'entre elle, qui prend le visage dénaturé de son père arrive et lui fait boire de force son sang; elle tousse, s'étouffe avec, meurt. C'est là que son regard croise celui d'une autre personne, qui ne semble pas à sa place. Aguilar. Il n'a rien à faire là; elle ne meurt pas vraiment, c'est un rêve. Et aussitôt la réalité la rattrape et le réveil se fait.

Fenara, éveillée, cherche ses marques, essuie rageusement les larmes qui coulent de ses yeux et se recule, à même le sol. En face d'elle un Aguilar qui semble également sortir du sommeil. Comment, pourquoi ?
"Tu n'avais pas le droit !" Elle a l'impression que son intimité a été violée, qu'on a forcé son âme. C'est la première fois qu'une personne s'invite ainsi dans ses rêves, sans qu'elle le sente. Les autres rêveurs qu'elle a croisé, elle les sent arriver, elle a le temps de cacher ce qui doit l'être, ici elle a été prise par surprise par une personne qui n'est même pas mage. "Tu ne diras rien ! Ne m'approche plus !" D'un geste rageur de la main pour chasser Aguilar, et essayer de se redresser, des flammes s'échappent, légèrement de sa paume, rien de dangereux, mais significatif de sa colère, ou douleur, alors que les flammes des torches sur les murs se rallument ou se font plus vives. Heureusement qu'ils sont dans une zone désertée de Fort Bastel, sinon elle aurait réveillé tout le monde. "Tout ça c'est de votre faute !" Elle ne revient pas sur un vouvoiement, non, elle incombe à Aguilar tout le mal qu'elle ressent depuis son arrivée chez les Gardes; c'est injuste, il n'a pas été le pire envers elle, mais il l'a ignorée alors qu'ils avaient vécu ensemble des choses qui traumatisent, il s'était laissé aller, elle le savait, l'avait entendu, et n'avait même pas prit la peine d'aller vérifier si elle qui n'avait jamais rien vécu de tel, allait bien. Egoïste, tout les shems l'étaient. Et Fenara elle, avait la colère qui flambait au bout des doigts et les nerfs plus qu'à vifs.




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le Lun 28 Aoû - 19:11


LATE NIGHT NIGHTMARE (FT. FENARA)
I'm holding on your rope, got me ten feet off the ground ••• L'Union est passée. Sa convalescence est terminée. Pourtant, Aguilar n'a toujours pas eu le courage de se retrouver en tête à tête avec la jeune elfe. Il évite Fenara comme la peste depuis cette fameuse mission dans les Tréfonds, se comportant tel un couard, un égoïste ne valant pas mieux que les enfoirés qui le rejetaient lorsqu'il était à sa place ; plusieurs années auparavant. Alors certes, il s'est senti soulagé en constatant que la Belavahn avait survécu mais il se sentait tout autant coupable. Fautif de l'avoir délaissée sans explications en raison de ses propres craintes. L'indifférence affichée comme lors de la mort de Leeroy l'aurait une fois de plus chahuté, lui qui encaissait lourdement la perte de deux amis ; qu'il encaisse toujours plus ou moins même après un mois. Mais Aguilar n'a aucune excuse. Il aurait pu prendre des nouvelles, au moins la rassurer sur cette étape difficile qu'est l'Union ou mieux, la soutenir après cette dure épreuve passée. Il s'en mord les doigts, le mal est fait. Il ne reste plus qu'à rattraper les pots cassés, si cela est encore possible ; demain c'est décidé. En attendant ses pas le mènent en direction d'un coin isolé histoire de faire le tri. Il est peu fier de son comportement ces derniers temps et prêt à tout pour se ressaisir enfin. De nouveau sur pieds, c'est l'occasion idéale, surtout avec Law à ses côtés ; désormais plus qu'en tant que simple ami.

Le Garde Senior se stoppe soudainement en chemin. N'est-ce pas Fenara, étalée sur le sol ? Il s'approche promptement. Instinctivement, dans le doute, il pose une main sur son épaule. La pauvre ne semble pas être en bon état ; rien de tel pour renforcer sa culpabilité. Son cœur se serre légèrement en imaginant le pire avant que tout ne devienne noir. C'est incontrôlable, Aguilar sombre soudain, emporté dans un rêve imprévu qui n'est pas le sien. Si le tout est un peu flou aux premiers abords, il devine que ce sont les cadavres des deux frères décédés qu'il discerne au loin. Puis tout se bouscule à nouveau, bientôt des engeances tandis que résonne à ses oreilles de l'elfique, incompréhensible, face à... Fenara. Victime des créatures, âme en peine, et le Garde incapable de faire quoi que ce soit. Il n'est qu'un indésirable. Un importun découvrant cette scène surréaliste sous ses yeux. Des frissons parcourent toute sa carcasse piégée ; ne pouvant réagir il aimerait crier, au moins parler, mais sa gorge est autant bloquée. La vision finale est horrible. Oppressante, dans un sens, même si elle ne dure pas. Sans comprendre pourquoi, juste après que l'elfe l'ait remarqué, il est éjecté. De retour à la réalité, émergeant avec l'esprit complètement retourné.

Que vient-il de se passer ? Aguilar cligne des yeux et très vite, il est agressé par Fenara qui en soit, a toutes les raisons d'être en colère contre lui. Mais ça n'explique pas tout et ça n'excuse pas les flammes qui apparaissent en signe d'avertissement. La jeune femme est complètement noyée dans sa rage, influant sur les torches à proximité. Si ça continue, elle risque de vraiment mettre le feu à quelque chose. Le voleur se redresse enfin, restant à une distance raisonnable après avoir encaissé les accusations ; visiblement portées à l'égard de la Garde. « Qu'est-ce que c'était ?! » Il cherche des explications, c'est forcé, ce qu'il vient de vivre est fortement troublant. Il se rappelle aussi que ce n'est pas sa priorité, dans l'absolu, vu l'animosité qui déborde chez la dalatienne. « Calme toi ! » Le ton employé n'est pourtant pas le plus approprié, n'aidant en rien Fenara à se calmer. Merde, merde, et merde. Le quidam s'empresse de venir à sa hauteur, lui présentant ses deux mains, s'aidant d'un signe pour l'inviter à reprendre contenance. Il presse finalement celles-ci contre ses épaules bien qu'elle l'ait intimé de ne plus l'approcher ; donc la toucher. « Et contrôle toi, c'est pas vrai !! » Voilà bien la première fois que Aguilar est confronté à la magie aussi directement mais surtout en défense contre celle-ci. Un faux pas et c'est lui qui y laissera des plumes. « Je sais que tu m'en veux mais reprends-toi. » Je veux simplement discuter avec toi.


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le Mar 29 Aoû - 0:29


late night nightmare   

Il ne respectait rien, ni ses demandes, ni son espace vital. Il criait, la touchait, et alors que la fatigue et la colère bouillaient déjà en elle, encore extrêmement perturbée, ce n'était pas une chose à faire. Elle sentait encore les mains rêvées des engeances contre sa peau, l'écho de leurs cris dans ses oreilles, leur étreinte étouffante. Le contact avec Aguilar ravivait ces sensations par encore évanouies, et ce n'était pas forcément la meilleure chose à faire face à une personne tellement sur les nerfs que la magie s'en échappait littéralement. "NE.ME.TOUCHE.PAS" laissa-t-elle filer entre ses dents serrées par la colère. Et alors que les mots partaient, prononcés d'une fureur noire, mais d'une voix basse, déchirée par la puissance des émotions qui traversaient Fenara, elle repoussa Aguilar de ses mains, tout en laissant sortir de ces dernières un rayon d'énergie spirituelle. La magie ne manqua pas sa cible, si proche d'elle, et envoya le garde senior valser dans le couloir. Peut-être avait-ce été inconscient, mais le sort n'avait pas été aussi puissant qu'il aurait pu l'être; la jeune elfe avait déjà tranché des arbres avec, en s’entraînant, et des arbres aux troncs plus épais qu'Aguilar. Mais ça avait été assez pour qu'il se retrouve plus loin, sur le sol.

Sans se calmer, sans prendre réellement conscience qu'elle venait probablement de blesser l'un de ses supposés frères, Fenara se dirigea vers Aguilar. Tremblant, la disparition subite de tant de magie l'ébranlant. Le sort avait été comme un réflexe automatique, et si il n'avait pas été au maximum de la puissance qu'elle aurait pu lui donner, il avait quand même fait s'évaporer une bonne part de sa réserve magique, la disparition de cette dernière soufflant au passage les brasiers qui avaient été rallumés. Il ne restait dans le couloir plus que la lumière de la lune à travers les fenêtres. Une fois arrivée, avec l'énergie colérique d'une furie, elle s'installa à califourchon sur le corps du Garde à probablement à moitié K.O et tira son visage et le haut de son col à elle par son col
. "Ca, c'est ce que je subis depuis que l'Union. Toutes.les.nuits. Dès que je ferme les yeux, c'est ce que je vois, tout le temps" elle fait bouger son étreinte, comme pour appuyer ses mots. Elle relâche le col et frappe le mur de l'un de ses poings. Elle peut sentir le coup résonner dans son bras, et la douleur attaquer chacune de ses jointures. "Et c'est rien, rien comparé à ce qu'on me fait subir ici." Si les cauchemars sont si intenses, ce n'est peut-être pas uniquement car elle est rêveuse, car elle est aussi sous pression en permanence, pression qu'elle se met peut-être d'elle même, mais que les autres n'aident pas à apaiser.

Elle frappe le mur à nouveau
. "Il n'y a rien ici pour moi !" elle frappe encore et encore, et à chaque coup elle égrène quelque chose qui ne va pas avec la Garde. "On m'avait dit que ça serait une famille, que chaque Garde serait mon frère; je ne vois que des ennemis. Les juniors m'ignorent, les recrues crachent dans mon dos, et les seniors ?" elle a un rire amer "les seniors sont les pires. Les guides qui abandonnent. Et j'ai donné ma VIE pour ça" elle baisse la tête, son rire est plus fatigué, presque triste. "Les seuls en qui je peux faire confiance, c'est ceux de mon clan, et je ne peux même pas leur parler comme avant, à cause de ces putains de cauchemars !" c'était peut-être le pire, pour Fenara. Le silence radio de la part de Josifen, ne pas avoir de nouvelles, de lui, de son père, tout ça car elle n'avait que l'Archidémon au bout de la ligne. Et rien que d'y repenser, ses nerfs déjà fragiles lâchaient à nouveau, et les paroles d'Aguilar ainsi que son intrusion, aussi involontaire soit-elle, avaient été les gouttes de trop. "Alors ne me dit pas de me calmer !" Il n'y avait, pour le moment, que la douleur qui traversait son corps, physique, psychique, et la seule issue qu'elle voyait était peut-être la mort. La sienne, celle qu'Aguilar, du monde entier. Et c'est ce qu'elle finirait par achever, une étape ou une autre, si elle restait dans cet état.





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le Mer 30 Aoû - 19:05


LATE NIGHT NIGHTMARE (FT. FENARA)
I'm holding on your rope, got me ten feet off the ground ••• C'est malheureux mais au lieu de réparer les pots cassés, il les abîme un peu plus. Un faux pas après un autre, Aguilar récolte finalement ce qu'il sème ; la tempête. Sa carcasse est soudainement propulsée à travers le couloir. Son bassin heurte péniblement le sol au même titre que son dos. Jamais il n'aurait pu prévoir l'attaque ni la violence de celle-ci, à deux doigts de perdre connaissance ; mais il est encore éveillé juste ce qu'il faut. Il ne sombre pas, il résiste, tente de reprendre ses esprits malgré le brouillard installé. Le pire est ce sifflement strident qui résonne jusqu'à ses oreilles et que seul lui paraît entendre. Est-ce en raison du choc ? Tout est encore flou ; mentalement ainsi que visuellement, alors que la responsable s'approche afin de se mettre à califourchon sur lui. Lui agripper le col. Lui exprimer toute sa frustration, toute sa colère accumulée qu'il ne soupçonnait pas jusqu'à présent. Même à moitié K.O, l'Antivan assimile le message qu'elle lui fait passer ; des images du cauchemar se dessinent encore à l'intérieur de sa caboche, celles des cadavres de Leeroy et Jenkins. Et si dès le départ, le sort de ces derniers avait bel et bien attristé la dalatienne ? Plus qu'il ne le soupçonne. L'organe vital niché à l'intérieur de sa poitrine se tord légèrement, noyé dans les regrets, maudissant son comportement.

Le bourdonnement continue ; d'une seule oreille cette fois-ci. C'est de l'autre qu'il écoute alors, l'amertume l'envahissant. Plus les minutes défilent, plus il se projette en elle, plus il se voit lorsque lui même venait de passer son Union. Et plus il est retourné par l’animosité de Fenara, qui se dévoile sous ses yeux ; elle n'est pas dénuée d'émotions ni complètement blasée. Elle garde simplement tout en elle jusqu'à exploser, n'est-ce pas ? Aguilar cligne machinalement des yeux, recouvrant enfin une partie suffisante de ses esprits pour répondre. « C'est ma faute, ça. » Sa voix résonne assez fort dès le début, bien qu'elle s'amenuise un peu sous les regrets lorsqu'il entame la suite. « C'est ma faute de t'avoir évitée, ignorée, juste parce que notre dernière mission m'est restée en travers de la gorge. Tu n'es pas la responsable. » Une chose est certaine, plus question de la toucher ; le Garde Senior a eu sa dose juste avant. Non, il se contente de dire le fond de sa pensée plus que de l'agresser comme toute à l'heure. « J'ai merdé, mais laisse moi une seconde chance et je te prouverais que t'as bien ta place ici. » Plus que des promesses, il lui faudra agir, soutenir la demoiselle. Son erreur est humaine, après tout.

« Et si t'es encore en colère, défoule-toi, tu peux. Mais fais le plutôt sur les engeances, pas sur tes compagnons. Je... » Mais soudain, il s'arrête net. Quelque chose ne tourne pas rond depuis quelques minutes. Instinctivement, l'une de ses mains glisse jusqu'à son oreille gauche, palpant celle-ci puis claquant ses doigts juste devant. L'écho paraît lointain, bien lointain ; à la limite inexistant. Il fait ensuite la même chose de l'autre côté où tout fonctionne correctement. Son cœur manque un battement ; le tympan est touché et lui, il tombe de haut. « Je n'entends plus... » Comme pour se convaincre que ce n'est qu'un mauvais rêve, que ça va revenir à la normale, il claque à nouveau ses doigts devant l'oreille touchée ; la gauche. L'effort est vain, l'ouïe semble l'avoir abandonné. En cet instant, ou définitivement ?


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le Sam 2 Sep - 22:59


late night nightmare   

Forcément il fallait qu’il soit le héros, le grand homme qui prend la faute, la responsabilité ; l’attitude noble de l’homme maltraité qui reconnaissait ses torts. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Il aurait dû lui faire porter le blâme à elle, s’énerver, l’accuser, la frapper, lui faire du mal. Il aurait pu faire ce que tous les humains lui avaient toujours fait. Mais non, lui se plaisait à être différent. Mais seulement une fois face à ses actes et son comportement. Il l’avait laissée seule, laissant les préjugés courant sur elle gagner sa vision de l’elfe. Et il le regrettait qu’une fois à terre, après que les conséquences de ses actes l’aient envoyé valser. Ses mots n’avaient pas d’écho en Fenara, elle les écoutait, y lisait une certaine sincérité, mais elle n’arrivait pas à y croire. Ils ne semblaient pas palpables. « Tel’Abelas. Tu n’es pas désolé, tu te sens juste coupable. » Lâche-t-elle sèchement, juste avant qu’il n’essaye encore de lui donner des ordres, de guider sa colère. Mais il s’interrompt, l’air confus. Il dit qu’il n’entend plus. Le sort l’a touché de plein fouet, il a été blessé. Peut-être même qu’il en gardera les traces à vie. Celles de son comportement, celles de la douleur d’une autre. Mais les conséquences, c’est Fenara qui les portera. Son sang se gèle presque en elle, la colère est remplacée par la panique, toujours teintée d’un profond désespoir. « Vous ne voudrez plus de moi… » murmure-t-elle presque, réalisant ce qui s’est passé. Elle le libère de son étreinte, retourne entièrement sur le sol, sur ses genoux, à côté, la main sur la bouche, les yeux traversés de milles émotions. Mais les sourcils se froncent alors que son esprit continue en silence ses réflexions. Elle fini par se redresser, en secouant la tête, le visage éclairé par la lune. « Non. Vous n’avez jamais voulu de moi… » Le constat est lâché d’une voix qui se brise, ce n’est plus de la colère, c’est une tristesse immense, celle d’une personne qui voit devant elle la réalité brute et l’échec d’une vie.

Fenara se penche alors et va se saisir, d’une main tremblante de la dague à la hanche d’Aguilar. La lame même peut-être qui a déjà été apposé contre sa peau, brulante, et vient la placer, pointe contre son torse, et va trancher, sèchement. Elle coupe les attaches de la plaque aux symboles de la Garde, qui protège la poitrine. La tenue est neuve, imposée. On lui a retiré ses atours d’apprentie Archiviste pour l’enfoncer dans ces mailles de mages. Fenara se coupe accidentellement plusieurs fois ; aux mains, au corps, appuyant trop maladroitement, sans maîtrise, ni contrôle, ni calme ; mais la plaque fini par se détacher et tomber sur ce sol, en un tintement de métal. Sa tenue est déchirée, malmenée et la jeune elfe ne lâche pas la dague, elle s’éloigne, à reculons, d’Aguilar, du symbole de la Garde des Ombre, de ces griffons, de tout ce qu’elle est supposée être.
« Ça n’a jamais été ma place n’est-ce pas ? » Jamais elle n’aurait dû quitter la forêt et les siens, jamais elle n’aurait dû descendre là où le ciel ne va pas, jamais elle n’aurait dû teinter son sang avec celui des engeances. « ... j’ai échoué… » Sa crainte la plus profonde. Son but était de rejoindre la Garde, d’être dans ses rangs. Elle pouvait certes aller déverser sa colère contre les engeances, comme Aguilar lui avait dit, mais si elle n’était pas des leurs, était-ce réellement une réussite ? Non. Cet échec l’a terrifiait depuis que son but était né, et il se tenait devant elle, palpable. Sa main vient comme un automate poser la lame de la dague sous son cou pâle. Pendant quelques instants, elle peut sentir la froideur du métal contre sa peau, à une pression de la veine. Mais la main est trop faible, le corps ne tient plus, la fatigue, la magie disparue, la tristesse, tout l’emporte. La lame se baisse, et Fenara se laisse glisser contre le mur tandis que les larmes viennent noyer ses yeux. Elle termine contre le sol, les genoux ramenés à elle, la tête posée contre ces derniers, la lame toujours au poing. « Ir abelas… » murmure dans un sanglot silencieux, une excuse destinée à qui peut bien la recevoir.




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le Mer 6 Sep - 20:26


LATE NIGHT NIGHTMARE (FT. FENARA)
I'm holding on your rope, got me ten feet off the ground ••• La cage thoracique du quidam se soulève et se creuse à un rythme peu régulier ; son cerveau est en train de bouillir, en proie à l'inquiétude, ajouté à ceci les dernières paroles de la dalatienne. Tu n’es pas désolé, tu te sens juste coupable. Et si elle n'a pas tord ? N'est-il plus que l'ombre d'un humain égoïste ne cherchant qu'à ravaler ses regrets d'une manière ou d'une autre ? Le sort de Fenara l'importe-il si peu ? Le faciès grimaçant, les prunelles qui s'attardent dans le vide, Aguilar plonge à nouveau plus bas que terre. Enfoncé au fil des minutes, de l'écho des paroles qui résonnent à moitié jusqu'à ses oreilles ; son oreille. La léthargie l'emporte un instant mais l'éveil est prompt et peu agréable : il s'effectue lorsque l'elfe attrape sa dague accrochée à sa hanche. La scène chahute son coeur ; autant en raison de la fierté qu'il porte d'être Garde mais aussi le mal-être de Fenara qui s'accentue peu importe ses efforts. Ses efforts vains et le voilà bien dépossédé de ses moyens. Sa main se lève, hésitante. Aguilar n'ose plus la toucher. « Arrête ! »

Le spectacle est peu plaisant. Il se termine finalement, sans que le Garde Senior n'ait réussi à l'interrompre ; il ravale sa salive en fronçant maintenant les sourcils. Il ne sait pas ce qu'il a foutu. Il ne le sait toujours pas. Oui, le quidam se sent coupable parce qu'il s'est comporté comme les abrutis qui comme elle avant, lui ont donné envie de partir d'ici, de jeter cette vie. Mais autant qu'il s'est offert une seconde chance, il leur en a offerte une. Inutile de lui en faire part dans cet état, pas vrai ? Complètement redressé, titubant légèrement, il fixe intensément Fenara sa lame sous son cou. « Arrête. Je veux pas de toi si tu te comportes comme ça. » Son cas est extrême, perturbant, et Aguilar prend en cet instant énormément sur lui ; calme son sang chaud qui s'agite à l'intérieur de ses veines. La dalatienne s'abstient finalement et tombe au sol, recroquevillée. Sûrement épuisée. Ses pas le mènent alors à sa rencontre en prenant le risque d'être une nouvelle fois blessé ; mais quelle importance. Si il n'arrive pas à sortir Fenara de cette mauvaise passe, comment pourrait-il encore être fier de clamer que la Garde est une grande famille ? Impossible.

Accroupi à sa hauteur, sans prévenir, son poing valse sans équivoque en direction de la jeune elfe. « Ca, c'est pour tout à l'heure. » Et si ce geste paraît bien contradictoire avec ses intentions, il était bien obligé, après une telle blessure qui le marquera très probablement à vie. Son oreille gauche n'est toujours pas plus fonctionnelle depuis le sort magique. Ainsi il lève la voix, tel une personne âgée atteinte de surdité, invitant Fenara à le suivre. « J'abandonne les promesses. Viens, je veux te montrer quelque chose. » Pas plus d'explications mais il ne force pas non plus la demoiselle. Il ne lui reprend pas non plus salement des mains sa dague ; simplement, il la garde à l'oeil. Puis, prenant une grande inspiration, il ajoute : « Personne ne saura pour cet incident. Tu n'en porteras pas la faute. » Il s'en accomodera. Difficillement, peut-être ne le réalise-il pas encore, mais sa bouche restera close. Même si c'est intraitable, même face à Law.


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le Mar 26 Sep - 20:29


late night nightmare   

Le coup est une surprise, une claque dans ses sens, il lui redonne de l'éveil. Elle ne se défend pas, plus l'énergie, la tête ailleurs, perdue dans la douleur et le labyrinthe de ses pensées; elle n'a pas l'impression d'être elle-même; c'est comme si elle s'observait de dehors sans pouvoir rien faire, à se voir agir sans comprendre, sans réelle influence. Elle ne sait pas, elle ne sait plus. Mais il y a une chose qui la ramène au réel; la douleur. Celle de ses coupures accidentelles, celle du coup qu'elle venait de prendre. Ca donnait comme une réalité à la douleur psychique, cette peine physique. Fenara secoua la tête à la réception du coup mais ne répliqua pas; peu importe les injures et son état précédent, elle l'avait en un sens mérité; et ça faisait du bien. En tout cas, ça remettait les idées en place, et l'instant d'une seconde, dans ses mots qui suivaient, elle cru voir un autre, entendre un autre; une peine de coeur vive qu'elle renvoya là d'où elle venait. Ce n'était pas le moment.

Il disait ne pas vouloir d'elle si elle continuait ainsi; l’écho était douloureux, alors Fenara ne se concentrait que sur la signification réelle; cela pouvait autant être d'elle dans la Garde, en réponse à ses propres propos, comme d'elle en tant que relation; mais pas ce type de relation, si les rumeurs disaient vrais. Etait-ce une étrange manière de lui proposer d'être son amie ? Les shems étaient étranges, et elle n'était pas en état d'y réfléchir. Il n'est pas non plus réellement en mesure de la faire envoyer des Gardes, surtout pas après avoir dit qu'il garderait le secret sur ce qu'il lui avait fait. Lui seul sait ce qu'il pense à ce moment là.
"Tout les shems ont cet étrange complexe du héro bienfaiteur ?" elle lâche amère avant de se redresser et de le suivre, finalement.

Elle aussi est pleine de contradiction, elle reste amère, blessée, elle redevient qui elle était avant d'exploser, mais la blessure est toujours ouverte. Pour le suivre elle fait apparaitre une lumière verte dans le creux de sa main, elle n'a pas son bâton avec elle, et ne veut pas user de plus de magie sans; on a vu le résultat, quand bien même elle ne s'excusera pas. Pas encore. Mais elle le suit, à travers les couloirs noirs, et sans trop savoir pourquoi, le coeur ouvert et saignant en elle laisse tomber quelque phrases dans la pudeur de la nuit
"la dernière personne à qui j'ai fait confiance m'a trahie, abandonnée, laissée sans un seul mot. " Ce n'était pas une demande de promesse ou de preuve, elle n'attendait rien de lui, elle n'attendait rien de personne. C'était juste quelque chose qui avait besoin de sortir. "Nyghann était mon amie aussi... " Sans rapport, mais autre vérité qu'elle avait besoin de lâcher, pour ce grand Prince qui prenait sur lui les différents fléaux sans penser aux autres. "Tu ne porte pas le malheur du monde sur tes épaules." Elle était plus calme, plus ouverte, dans une limite toute relative; mais elle avait besoin de parler, au final, et c'était sa manière de le montrer; elle était parfois trop complexe pour elle-même. "Qu'est-ce que je dois voir ?" demanda-t-elle finalement, avant d'en dire trop, avant de laisser son âme blessée balancer plus qu'il ne le fallait.





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le Mer 27 Sep - 11:34


LATE NIGHT NIGHTMARE (FT. FENARA)
I'm holding on your rope, got me ten feet off the ground ••• Le calme après la tempête, enfin, survient ; ou au moins une accalmie très appréciée. Aguilar patiente aux côtés de l'elfe vraisemblablement partante pour le suivre après une réflexion piquante. Il ne relève pas, elle comprendra peut-être lorsqu'ils seront arrivés là où il l’emmène. Ses pas mènent la danse en arpentant les couloirs, sa main gauche effleurant régulièrement son oreille touchée ; pour lui aussi l'amertume est présente mais il n'en parle pas plus en avant. Ravalant ses propres tourments. Et si le silence s'installe promptement, c'est Fenara qui étonnement, le coupe la première en lui avouant une déception vécue. Une trahison de confiance qui lui permet de comprendre sa réticence ainsi que sa colère envers lui. Il répond par un regard, ses pupilles encrées dans les siennes et seulement éclairées par la lumière verte qu'elle émet. Bientôt, c'est une autre révélation qui n'a rien à voir qui parvient jusqu'à ses oreilles ; celle-ci le pousse à détourner les yeux un instant. « J'étais avec elle, dans les Tréfonds, lorsque c'est arrivé. » La mort, encore. Celle d'une amie très proche qui n'était pas que la sienne, et il est bon que Fenara lui remette les pendules en place, finalement. Aguilar reporte parfois un peu trop tout à sa propre personne sans se rendre compte du reste. « Je suis désolé pour toi. Et... Merci. » Pour ceci, il le lui dit, la remercie.

Les deux Gardes s'enfoncent du côté inanimé de Fort Bastel, visiblement en direction d'une tour de guet peu surveillée. Ou plus exactement à ses pieds, Aguilar descendant les marches en invitant toujours l'elfe à le suivre. Comme elle ne sait pas à quoi s'attendre, sa question est justifiée ; cependant l'Antivan ne révèle rien. « Tu verras, on est presque arrivés. » Une fois devant une porte rouillée, lieu en question, son fidèle compagnon canin arrivant de l'extérieur  se précipite avec joie sur lui. Un aboiement résonne puis la gueule ouverte, la langue pendante, le mabari sent presque immédiatement que son maître n'est pas au mieux de sa forme. Il couine légèrement et Aguilar se baisse à sa hauteur, le caressant en espérant le rassurer. « Stein, ne t'en fais pas pour ça. Fenara, voici mon mabari. » Les présentations faites, il se penche une fois encore à la hauteur de Stein, profitant de sa présence pour lui demander de remplir une tâche sur lui. Il ne doute pas que celui-ci saura la mener à bien et sait ce qu'il évoque. « Est-ce que tu peux ramener les brouillons posés sur le bureau de Law ? » Encore un aboiement, et le mabari s'éclipse aussitôt pour ramener les documents.

En attendant, Aguilar ouvre la porte peu solide et entre le premier ; il patiente jusqu'à ce que Fenara pénètre à son tour, allumant une bougie avec ce qui est étalé sur la table de la pièce. Il subsiste également de quoi s'asseoir mais les murs suintent de vieillesse et sont marqués par différentes inscriptions ; une majeure partie laissées par le Garde Senior en question. Sans laisser durer le mystère plus longtemps, il pense bon de livrer une part de son passé à l'elfe. Il espère que ça pourrait l'aider ou même lui faire comprendre pourquoi il s'en veut tant. « C'est ici que je m'isolais quand j'étais encore recrue, et même après que j'ai passé mon union, pendant plusieurs temps. J'y retourne parfois de temps en temps quand j'ai besoin d'être seul. » Il inspire un bon coup, puis énonce son histoire. « J'ai grandi dans les bas-fonds d'Antiva, orphelin, et en plus d'avoir un passif de voleur, j'ai ôté la vie à l'une de mes victimes. Ce n'était qu'un accident mais je suis passé à deux doigts de la mort ; sans Law je ne serais pas ici. Finalement, en voyant comme les autres m'évitaient à cause des ragots qui circulaient à mon sujet, dans la Garde, je me suis replié sur moi-même et j'ai continué à dérober leurs affaires. Je voulais même partir loin d'ici. Et encore une fois, c'est grâce à Law que j'ai été tiré de cette mauvaise passe. Avec son aide, je me suis forgé une nouvelle conduite. » Il laisse quelques secondes s'écouler, épargnant quelques détails concernant son passif ; si les mots se sont faufilés hors de ses lèvres, ils ne sont pas moins douloureux. Néanmoins, depuis le temps, une grosse partie des blessures se sont refermées. Aguilar enchaîne. « Si je te raconte tout ça, ce n'est pas en quête de pitié ou quoi que ce soit du même genre. Je veux juste que tu vois que ce n'est pas impossible de remonter la pente, et pourquoi je m'en voulais tant. » Il n'y a pas de héros parmi les Gardes ; juste des individus en quête de rédemption, pour la plupart.


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le Mer 18 Oct - 12:45


late night nightmare   

Sans savoir réellement le pourquoi du comment, Fenara retrouve un sens du calme, une perte de la haine. Oh la colère est toujours là ; la rancœur aussi. Son ressenti envers Aguilar ne changeait pas réellement ; elle trouvait qu’il en faisait trop, qu’il essayait trop. Il parlait, mais maladroitement. Fenara savait pour Nyghann, elle savait qu’il était là quand c’était arrivé ; il remuait le couteau dans la plaie sans même assumer son incapacité à sauver leur amie commune ; alors ses excuses, il pouvait se les garder ; elles ne changeraient rien. Qui était mort était mort, les regrets ne faisaient jamais revenir à la vie qui l’avait perdue. Parfois même les regrets ne faisaient pas revenir les vivants ayant fuit, en laissant une plaie presque plus béante, un maux qui ne cesserait de saigner, parfois.
Fenara marcha sur les pas d’Aguilar sans rien dire, sans impatience, sans curiosité même, peut-être sans rien sentir ; elle était ailleurs, vide, elle se sentait vide oui. L’abus d’émotions fortes, la puissance magique découlée, le mélange de sentiments. Oh que le vide et le détachement étaient bons à ce moment là, sinon elle aurait peut-être déjà sombré dans la folie. A moins que cela ne fusse déjà le cas ?

Ils descendent dans les coins reclus et profonds de Fort Bastel, abandonnés presque. Et là un aboiement, et un mabari, dans ce qui semble être une sorte de bureau, un coin reclus ; une antre de repos. Le chien, Fenara le connaît ; il est dur après tout de louper Stein à travers la forteresse et comme il est bien souvent accolé à son maître, le lien n’est pas difficile à faire. Peut-être en voyant la relation entre les deux, la jeune dalatienne tire-t-elle son premier vrai et sincère sourire ; il est presque invisible, l’instant d’une seconde ; mais ce qu’elle peut ressentir entre ces deux êtres porte à offrir un répit, de court instant, à son âme barbouillée, malmenée de tout. Mais à peine la rassurante présence canine (est-ce son enfance, sa vie dans la nature qui la rapproche des animaux de tout genre ?) arrivée la voilà repartie ; une mission, dans le bureau du Commander-Garde. Fenara soulève un sourcil, elle ne comprend pas. Elle porte une main sur son épaule, pour masser la légère coupure qu’elle s’y est faite dans son accès de colère, pour maintenir le tissu maltraité par la dague qui commence à chuter. Comme elle hait cet uniforme, pensé, conçu pour les shems. Même les nains en ont des adaptés à leur taille ; les elfes eux n’ont que ceux des shemlens pas très grands ; remontée de colère, qu’elle va taire, encore. Elle a explosé une fois déjà, elle essaye de ne pas le faire à nouveau, mais dépendamment de ce qui va arriver, elle ne peut rien se promettre, pas même à elle-même.

Son état second se brise un instant quand enfin Aguilar s’explique ; il lui raconte son histoire. Quelle importance vraiment ? Cela ne l’intéresse pas ; la triste histoire de l’orphelin qui fait une connerie avant d’être sauvé par un héro envoyé par le destin ; celui de l’homme méprisé par les autres avant de finalement se faire une place est plus intéressante cependant ; qu’essaye-t-il de faire ? De lui dire de suivre le même chemin que lui ? C’est une main tendue ; une chance offerte. Et à cet instant, il y a quelque chose dans les yeux d’Aguilar qui lui donnerait presque envie de le croire, de saisir cette main, d’adopter la Garde, réellement, comme une famille. Mais il gâche tout encore. Remonter la pente, et puis cette fausse excuse, encore. Il s’en voulait. Soit, et alors.
« A quoi ça sert, au fond, de me raconter tout ça, si ce n’est pour apaiser ta conscience de faire subir ce que tu as subit ? » Elle va s’adosser contre un muret, la main toujours au même endroit ; elle observe la pièce, elle sait que si elle y dormait, elle verrait tout ce qu’Aguilar lui avait décrit ; son isolement, sa tristesse, le reste. Elle y verrait aussi le passé, les esprits tourmentés du Fort n’ayant que trop vécu ; mais c’était une autre histoire. Elle eu un soupir, elle était dure avec lui, trop peut-être alors même qu’il tachait de l’aider ; mais n’était-ce pas en réalité car elle rejetait toute tentative d’approche, pour ne pas s’attacher, subir à nouveau la déchirure totale de l’abandon. Ne pas être aimée, ne plus aimer, cela aurait pu être une solution ; et puis ça lui permettait de dissimuler ce chaos profond de son âme quant à son propre sujet, sa propre personne.

« Ir abelas. » L’excuse est froide, glaciale même, cela ne l’empêche pas d’être sincère. «  Je n’ai jamais réellement vécu ou ressenti de malheurs, de tortures, de profonde tristesse, de haines vivaces avant de venir ici ; mon clan de naissance a été massacré par des shems, mais je n’en ai aucun souvenir ; mon père a porté cette plaie, pas moi. Celui où j’ai grandit… » elle eut un petit sourire, triste, mélancolique « tout n’était pas parfait, mais il y avait cet amour, cette compréhension, cette cause commune. J’étais heureuse. » Le passé sonne lourd, triste, véritable. « Puis on m’a laissée. Puis on m'a trahie. Puis j’ai du partir. Poussée par la promesse de retrouver ce que j’avais perdu ; quel échec. Ici rien n’est pour moi, rien n’est pour nous. Tu as peut-être souffert ; mais es-tu réellement capable de comprendre à quel point vous les shems, sans même vous en rendre compte, vous nous dénaturez ? » elle blâmait trop, mais pas que lui, elle avait une autre personne en tête, une autre souffrance trop fraiche, qu’elle essayait de repousser en vain. Pourquoi penser à lui ; pourquoi Aguilar lui évoquait ce dernier ; quelque chose dans le regard peut-être. Ou la simple évocation du passé, qui s’infiltrait et suintait dans la fausse solidité éclatée que Fenara essayait de faire apparaître, revenir, garder, avec ou sans succès.




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Hier à 18:15


LATE NIGHT NIGHTMARE (FT. FENARA)
I'm holding on your rope, got me ten feet off the ground ••• Parfois, Aguilar ferait mieux de se taire ; si ce n'est de ne pas s'étendre plus que nécessaire. Car parfois la personne en face ne partage pas exactement les mêmes valeurs, n'a pas la même vision du monde, et les paroles glissent sur celle-ci sans parvenir à l'atteindre au plus profond. Le Garde espérait pourtant avoir réussi à se faire entendre. Voilà qu'encore une fois, il se heurte à une carapace froide. Automatiquement il soupire aux reproches de Fenara qu'il ne soulève même pas ; ce n'est pas la peine d'insister sur le sujet. Il s'enferme dans un mutisme préférable le temps qu'elle observe le terrain tandis que lui ressasse ses démons du passé avec ce lieu imprégné de... solitude. Oui, c'est surtout ça qui frappe, l'énergie qu'il dégage. Peut-être parce que ses souvenirs sont forts. Sa vision est personnelle. Jetant son attention sur la jeune elfe adossée contre un muret, il se demande à quoi elle pense. Il espère également que Stein ne s'éternisera pas dans sa quête et reviendra au plus vite avec les fameux brouillons demandés. Seule, probablement dernière tentative de la soirée pour convaincre Fenara. Tout le monde mérite une seconde chance. Elle, la Garde, lui.

L'ambiance est de plus en plus pesante jusqu'à ce que de l'elfique ne rompe le silence installé ; évidemment Aguilar ne comprend pas celui-ci. Il en devine néanmoins le sens, si il ne se trompe pas, en se basant sur les paroles qui suivent. Elles ne sont pas colériques mais plus désolées et en racontent surtout plus sur Fenara qui lui fait face. Ne gâchant cette fois-ci rien en excuses inutiles, l'Antivan garde le silence. Seules ses prunelles sont encrées dans les siennes. Il se rapproche par ailleurs et tend son oreille encore valide pour ne rien perdre du récit. Elle évoque un amour suivi d'une trahison... Ainsi que, encore une fois, les dégâts des shems qui s'ajoutent à l'affaire. Les shems, les humains. Aguilar ne parle pas elfique mais lui comme beaucoup de ses semblables connaissent au moins ce terme habituellement employé par les dalatiens. Ce n'est pas la première fois qu'il est qualifié de cette manière par l'un d'entre eux. Et si au début il soupçonnait une pseudo insulte, il n'en est vraisemblablement rien.

Seulement Fenara n'a pas tord, à bien y réfléchir. Aguilar ne réalise simplement pas toute la gravité ni profondeur de l'altération causée par les siens, des terribles maux infligés à la race des elfes. Peut-être parce que dans la Garde, ce n'est plus la race ni les origines de cette personne - laissées derrière qui comptent mais sa dévotion. Mais au final, tout comme le passif de chacun, c'est une belle plaisanterie. Peu oublient, peu renient, malgré la plupart qui recommencent une nouvelle vie. Tout comme les discriminations peuvent toujours survenir dans la Garde. Et la plupart des objets, matériaux ou vêtements sont à l'effigie des humains, en grande majorité. Un fait qui n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd... et non, ce n'est pas de Aguilar dont il s'agit. Celui-ci reste encore silencieux jusqu'à ce que Stein ne revienne à temps avec dans la gueule une liasse de papiers. Même si suite à ça, il donne l'impression d'ignorer Fenara ainsi que ce qu'elle vient de lui dire, il n'en est rien. Le Garde Senior remercie son mabari, attrape le tout qu'il feuillette pour vérifier et réordonner puis s'approche de l'elfe en lui tendant. « Ce n'est pas grand chose, c'est encore en cours, mais je me suis dis que tu aimerais voir ça. » Il est beaucoup moins bavard depuis les reproches ; il espère que ces croquis de nouvelles armures adaptées pour les elfes dans la Garde sauront lui faire plaisir et lui prouver une bonne volonté des "shems". « C'est un ancien camarade Garde que je connaissais assez... Un elfe, Sarren, qui nous avait proposé cette idée. Il n'est malheureusement plus parmi-nous, faute d'avoir déserté. » Son faciès laisse apparaître une grimace à cette évocation. Aguilar ne comprend toujours pas les motivations d'un tel départ. Sarren était pourtant un bon élément.


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