Been here so long in my life like a second skin [ft SHANE Ó BRAONÁIN]

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le Mar 19 Sep - 0:46


     Shane Ó Braonáin

Been here so long in my life
like a second skin

   

"Ton père vient d'enterrer son fil. Et maintenant il doit accepter de voir sa fille, son unique fille, prendre un aller simple pour le cavot familial."

Les sabots martelèrent une nouvelle fois le sol, accompagnant une chevauchée qui semblaient ne plus vouloir en finir. Une chevauchée qu'elle ne faisait que presser à mesure que le fort se révélait. Son corps était au supplice. Ses muscles menaçait de se tétaniser. Sa stabilité n'était en réalité plus qu'une question de mental, de nerf, plutôt que de force. L'énergie lui manquait depuis trop longtemps pour qu'elle puisse encore compter sur elle. Seul demeurait la fatigue. Et pourtant elle demeurait fière sur la monture de son frère. Le menton, redressé, levé. Le corps droit. Elle ne regardait que devant elle. Branwen se refusait à laisser entrevoir le moindre souffrance. Malgré les étirements. Malgré ses phases de repos. Malgré chacun des conseils de Law scrupuleusement appliqué, elle peinait à supporter le voyage. La douleur était à peine tenable, pour la novice qu'elle était. Elle payait durement le prix de son inexpérience. De son manque d'expérience. Les courbatures lacérait son corps, à mesure qu'elle sollicitait tour à tour ses jambes et ses bras. Elles étaient devenu au fil de son voyage de viennes compagnes, qu'elle avait appris à supporter en serrant les dents. Qu'elle se convainquait de pouvoir dominer. Mais elle redoutait presque autant de tomber que de mettre pieds à terre. Elle n'était pas certaine de tenir encore debout face au Thiern.

"Tu t'attendais à quoi ? Qu'il accepte ton choix ? Qu'il accepte de te voir t'engager vers la mort. Mais merde Branwen ! A quoi pensais-tu ?! On n'est pas dans l'une de ces putain de légendes à la con de ta famille ! C'est de ta vie qu'on parle ! C'est ta putain de vie que tu viens de jeter aux orties ! "

L'enterrement avait été une nouvelle épreuve. Une nouvelle blessure, qui ne faisait qu'agrandir celles encore ouvertes de son cœur. Elle pouvait encore sentir les mains de Vast broyait ses épaules à mesure qu'il laissait exploser sa colère. Le temps passé à ses côtés l'avait rendu paternel à son égard, lui avait fait perdre cette distance que les Cadell aurait préféré qu'il garde. Elle était devenu cette fille qu'il n'avait jamais eu. Cette fille qu'il infantilisait avec l'espoir inconscient de la garder un peu plus longtemps. Elle ne doutait ni de son attachement ni de sa volonté de la protéger, d'un monde difficile qu'elle subissait déjà de plein fouet. Mais elle étouffait. Elle mourrait à petit feu dans ce rapport dysfonctionnel qu'il entretenait. Son engagement n'avait rien d'un caprice. Il ne l'ignorait pas. Mais ilé tait difficile pour lui de l'accepter. Cela l'obligeait à prendre conscience de ses erreurs, de ses manquements, de toutes ces choses qu'il aurait pu réellement faire s'il en avait eu le courage. Il avait le goût amer d'avoir échouer. Et c'était vrai. Son égoïsme lui avait fait perdre sa précieuse enfant. Ne lui restait plus que la douloureuse attente qui précéderait son enterrement. Branwen ne vivrait guère longtemps et cela le terrifiait. Alors il laissait exploser sa colère avec l'espoir de la retenir. Mais c'était inutile. Il le savait.

"Ton père. Il commencera par contacter un templier de Gwyren. Ce vieil ivrogne qui venait de temps à autres au domaine, moins pour converser que goûter au vin. Je ne l'ai jamais aimé. Tu le sais., Un profond soupire quitta alors les lèvres de Vast, Je te donnerais le peu que j'en sais.

Branwen ferma brièvement les yeux, pour tenter de chasser ces brides de conversations qui lui revenait. Elle avait besoin de se concentrer, de garder à l'esprit ses objectif. Elle était ici pour proposer un marché, pour prouver sa bonne foi : faire tomber un ennemie commun en échange de cette protection qu'il lui avait promise. Et qu'elle craignait de devoir utiliser bien plus tôt que prévu. Alors elle se remémora la dernière lettre qu'elle avait adressé au Thiern de Gwyren. Il était sa seule porte d'entrée dans la région. Tout ne reposait que sur un simple échange épistolaire. Des morceaux de papiers hasardeux. Si elle voulait que ses promesses deviennent autres choses que simple mot, elle n'avait pas le choix. Qu'Andrasté la protège. Elle ne parvenait encore à décider si c'était le naïveté ou la folie qui lui avait fait accepté pareil invitation.

Branwen avait mis pieds à terre bien avant de parvenir au fort. Guidant sa monture par la bride, ses jambes était encore raide, douloureuse, mais supportable. Marcher lui faisait du bien, lui permettait de détendre ses muscles, mais aussi et surtout d'éviter de se donner en spectacle. Elle avait encore en mémoire sa démarche risible, lorsqu'elle avait mit pied à terre dans la cours de fort Bastel. Chancelante, elle se rapprochait alors bien plus du canard boiteux, que du fier corbeau. Et Bran n'avait pas besoin de ça. Pas alors qu'elle souhaitait faire bonne impression. Renvoyer cette image fier et noble qui avait toujours caractérisait sa famille.

"S'il vous plait ? Je souhaiterais m'entretenir avec le Thiern Shane Ó Braonáin., laissa alors entendre Branwen aux deux gardes qui gardait l'entrée du fort. Il est au courant de ma venu."

Elle ne reçu que des rires en réponses. Branwen n'était que Bran. Une jeune femme violemment jeté dans l’apprêté d'un monde dont elle ignorait encore tout. Elle n'avait fière allure que dans le fantasme qu'elle se répétait pour tenter de se convaincre elle-même. Sa silhouette était aussi fragile que ses certitudes. Et son allure parfaitement risible. Avec sa côte de maille masculine, que l'on devinait inadapté, et l'épée qui pendait maladroitement sur sa hanche, il était difficile de la prendre au sérieux. Les deux gardes peinait à croire qu'elle puisse parvenir à sortir son arme sans se couper à doigt. Et puis il fallait voit son bouclier également. Attaché de façon maladroite sur cette monture bien trop belle pour elle, ils s'étonnaient qu'elle ne l'ai pas encore perdu en chemin. Branwen ne ressemblait qu'à l'inexpérimentée qu'elle était et les deux gardes prenaient un franc plaisir à se payer sa tête. Par prudence elle n'avait emmené avec elle aucun des attributs habituel d'un mage. Voyager seule était déjà suffisamment dangereux pour ne pas prendre le risque d'être prise pour une apostate. Mais en cet instant, le Créateur seul savait, combien elle regrettait son choix. Peut-être qu'avoir un bâton de mage entre ses mains lui aurait valu plus de considération ?
   
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le Mer 20 Sep - 11:19


Raven & Wyvern
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Vérifier les comptes, s'assurer que l'hiver était préparé, qu'ils auraient de quoi manger, boire, se battre et encore un peu de côté au cas où il faille compter sur des mercenaires... Administrer une région de pécores n'était pas si simple, et Shane avait beau s'y être habitué, il en développait toujours des migraines. Le matin, il avait pris l'habitude de déambuler dans la cour, de jeter un œil tout personnel aux chevaux, de voir comment les palefreniers les traitaient. On ne pouvait pas décemment mener des chevaux à la guerre en les considérant comme de simples machines. Shane les affectionnait tout particulièrement, admirait leur capacité à sentir le danger, à obéir tout en communiquant à leur cavalier ce que l'être humain ne pouvait pas anticiper. Les chevaux de Gwaren étaient de braves bêtes, un peu courtes sur pattes mais courageuses et puissantes.

Il allait inspecter les écuries, s'assurant du bon traitement de son destrier personnel, quand ses oreilles eurent vent de rires moqueurs de la part des gardes. On les payait pas pour être futés, mais quand même ! Intrigué, le Tiern s'avança discrètement vers l'endroit d'où venaient les voix, et attendit un moment pour s'assurer de savoir ce qu'il se passait.

Franchement, il se demandait ce à quoi il s'était attendu. Deux gardes se moquaient ouvertement d'une nouvelle arrivante, une guerrière visiblement débutante et maladroite, mais avec quelque chose d'assez candide pour attirer la sympathie de Shane. Ce dernier s'avança lentement, posa une main douce sur la monture de la jeune femme, provoquant dans le même temps le silence de ses gardes qui venaient de se rendre compte de la personne qui était en face d'eux.

— Vous n'avez vraiment rien de mieux à foutre ?

La voix de Shane avait été douce, caressante presque, mais il ne fallait pas s'y fier : son regard était glacé, et il était prêt à bouffer ses propres gardes pour leur insolence et leur impolitesse. Il se tourna vers l'inconnue ensuite, pour l'aider à descendre de son cheval.

— Bienvenue à Gwaren, excusez le comité d'accueil. Si c'était des flèches, ils seraient pas gardes. Rompez ! lança-t-il alors à ces derniers pour les congédier. Je n'ai pas entendu votre nom, mais vous ne devez pas ignorer le mien : Tiern Shane O'Braonain.

Il lui tendit une main ferme, la saluant comme s'il s'agissait d'une vieille amie alors qu'il n'avait aucune idée de qui elle pouvait bien être. Pour le moment, c'était une invitée, assez fortunée pour avoir une armure et un cheval, cheval que Shane confia à un des palefreniers du château.



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le Dim 24 Sep - 0:22


     Shane Ó Braonáin

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Son assurance avait la fragilité des roseaux qui se pliaient au vent. Elle était incertaine, reposait bien plus sur une auto-persuasion, qui s'efforçait de l'empêcher de flancher, que sur une véritable conviction. Branwen doutait d'elle, doutait de sa légitimité à porter l'armure de son frère et plus largement de ce qu'elle venait faire en Gwyren. Ce voyage à l'encontre de Law, avait été guidé bien plus par sa candeur de caractère que la raison. Elle se sentait autant ridicule qu'elle ignorait comment répondre au deux hommes. Ce n'est pas qu'elle avait peur, mais d'être ainsi prise au dépourvu, par leur moquerie, la laissait parfaitement démunis. Et ce mélange d'innocence et d'inconscience ne faisait qu'encourager les railleries. Branwen ne semblait tenir debout que par un subtile jeux de hasard, dont elle-même ignorait la source. Cela se ressentait. Transparaissait jusque dans sa façon de se tenir, qui donnait cette impression subtile qu'un rien la ferait s'effondrer. Et c'est précisément ce qu'elle menaçait de faire, tant ses courbatures la faisait souffrir. Si sa ténacité lui épargnait la risible démarche en canard, il n'en allait pas de même de la douleur. A mesure que les soldats se riaient d'elle, Branwen perdait de cette force qu'il lui avait permis de l'ignorer. Ses jambes au supplice recommencèrent à trembler sous l'effet de la tétanie. Les deux soldats, prenant ça pour de la peur, n'en rire que de plus belle.

"Un peu plus et la gamine va faire dans son froc !, ne put s'empêcher de rire le plus grand., Si tu veux un conseil la miss, retourne dans les jupons de ta mère au lieux de jouer l'héroïne que tu n'es pas. Tu vas finir par te couper un doigt avec ton cure dent ! La guerre c'est pas un jeux."

La gorge noué, les dents serrés elle peinait à contenir l'émotion que faisait naître son humiliation. L'amertume lui faisait serrer son poing à s'en faire mal. Son naturel pacifiste l'empêchait d'user de sa magie pour s'imposer. La violence pouvait faire taire mais non persuader. Elle était le dernier refuge de l’incompétence, des ignorants sans arguments. Elle s'y refusait. Mais Branwen ne trouvait toujours rien à dire. Elle ne manquait ni d'esprit ni de répartie, mais cette brutalité verbale la renvoyait à ses propres doutes. Finissait de détruire le peu de confiance qu'elle portait encore, quelques instants auparavant. Elle avait conscience de sa propre insignifiance. Contrairement à ces deux gardes, elle connaissait sa place. Savait n'être personne. Sans l'intervention de Shane, elle aurait simplement renoncé. Se serait écrasé, sans se battre véritablement pour affirmer sa place. Sans revendiquer ce respect qu'il était légitime qu'on lui porte, non pas en raison d'une quelconque noblesse, mais simplement parce qu'elle était humaine. Parce qu'elle était doué de sentiment. Parce que chaque être vivant, chaque créature du Créateur méritait respect. Comme toujours, il n'y avait que la voie de la facilité qu'elle osait emprunter. Sa lâcheté était là depuis si longtemps, comme une seconde peau: qu'elle l'avait intégrer comme une part profonde de son identité. Que ce trait de caractère était devenu une part entière d'elle. Imposé par sa tragédie familial, elle ne se définissait que par lui, plus qu'au travers de cette lâcheté, sans parvenir à se projeter au-delà. C'était aussi simple et douloureux que cela.

Ses doigts s'avancèrent, effleurèrent d'abord ceux de Shane, comme hésitant à se rétracter, avant qu'elle n'ose véritablement serrer cette main tendu. Malgré son sourire et la reconnaissance qui se lisait sur les traits de Bran, l'on pouvait sentir combien la figure du guerrier l'impressionnait. L'écrasait complètement. Face à cet homme qu'elle n'avait jamais imaginé ainsi, elle se prenait à vouloir disparaître. Devant l'envergure guerrière qui s'en dégageait, elle prenait conscience de sa propre insolence. Les soldats n'avait pas tort. Elle n'était qu'une enfant jouant à la guerre. Seule la douceur qu'elle devinait sous cette force brute l'empêcha de tourner définitivement les talons.

"Branwen. Branwen Cadell., souffla la jeune femme d'une voix rapidement emporté par le vent. Sa poigne fragile se fit plus ferme à mesure qu'elle s'efforçait de retrouver un peu d'assurance. "Nous nous sommes écris. C'est un honneur de faire enfin votre connaissance.". Une assurance qui fondit tout aussi rapidement, lorsqu'il confia sa monture.

Son cheval était l'une de ces rares choses qui lui demeurait de son frère. Comme une réminiscence du passé, elle projetait sur lui, au travers de lui, la présence du défunt. Fidèle compagnon à la loyauté inébranlable, elle l'appréciait pour sa douceur de caractère. Pour cette allégeance purement animal mais sincère qu'il lui portait. Elle savait pouvoir compter sur lui. Pouvoir lui confier sa vie. Il était autant son compagnon d'arme que son destrier. Le fantôme de son frère, qu'un être un part entière. Son cheval incarnait cette moitié, ce confident qu'il n'avait pu être de son vivant. Il était la dernière rempart à ses débordement émotionnel. Son bien le plus précieux. C'est pourquoi elle se montrait toujours réticentes à le confier au bon soin de ceux qui lui était inconnu. Elle préférait s'occuper elle même de ses besoins quotidiens. Mais la situation autant que les lieux était particulier. Alors elle prit sur elle et se garda de toute remarque ou commentaire qui aurait pu être jugé comme tenant d'un caprice ou manque de confiance à l'égard de son hôte.

"S'il vous plait, prenez en soin., laissa simplement entendre dans un murmure incertain, Bran au palefrenier. Elle chercha brièvement son regard, comme pour s'assurer de sa sincérité  avant de lui laisser la bride de sa monture. "Il est important pour moi."

Elle se retrouvait désormais seule avec Shane. C'était maintenant que les choses sérieuse commençait, qu'elle prenait véritablement conscience de ce qu'il allait ou non se jouer. Dans ce lieu loin de ses racines et de la Garde, elle serait seule. S'il devait arriver quelque chose, ses mensonges faisait que Law n'en saurait rien. Elle était parfaitement livré à elle-même et cela ajoutait un poids supplémentaire sur ses épaules. Elle s'apprêter à trahir sa famille, mais également à jouer sa vie.

Branwen fit tourner nerveusement la bague templière à son pouce. La chevalière de Dyname était un poids rassurant tandis qu'elle cherchait maintenant ses mots, ne sachant de quel façon entamer la conversation. Ne sachant même s'il y avait un préambule à faire, s'il valait mieux attendre, ou rappeler dès maintenant l'origine de sa visite. Devait-elle respecter un protocole particulier. Etait-il de bon ton de demeurer ici ou d'entamer ainsi la discussion dans la cours. Complètement ignorante des us et coutume noble, elle choisit alors la seule chose qui lui sembla approprié à toute situation : aller à l'essentiel de façon concise et directe, mais d'une voix suffisamment douce pour n'être entendu que de Shane. "C'est au sujet de l'homme dont je vous parlais. Je suis venu vous offrir mes informations et mon aide.", annonça sans détour Branwen, en posant, pour la première fois depuis leur rencontre, bravement son regard dans celui du Thiern, comme pour l'assurer de la sincérité de sa démarche. Elle n"était pas ici pour tromper mais simplement rompre définitivement avec son passé.


   
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le Mar 26 Sep - 21:39


Raven & Wyvern
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La jeune femme n'avait pas l'air d'en mener large, mais Shane n'allait pas lui en vouloir pour ça. Elle avait déjà eu le courage de venir jusqu'à lui malgré son inexpérience, et de rester digne face à des pignoufs qui allaient sûrement être punis pour leur condescendance. À vrai dire, le Tiern avait une petite idée de qui il avait en face de lui, mais attendit qu'elle se présente. Il avait vu juste.

— Tout le plaisir est pour moi, Madame.

Il esquissa un de ses sourires en coin, avant de se tourner vers le palefrenier à qui Branwen confiait sa monture. Bien sûr qu'il s'en occuperait bien, mais un regard assassin supplémentaire ne pouvait pas faire de mal. Déjà que Shane adorait les chevaux, si celui de Bran lui était particulièrement précieux, il y ferait très attention.

Enfin, ils n'allaient pas restés là, plantés au milieu de la cour comme des radis : Shane allait inviter Branwen à l'intérieur quand cette dernière prit la parole. Bien sûr, elle était là pour lui offrir des informations, mais le Tiern n'oubliait pas qu'elle cherchait également un endroit sûr pour se mettre à l'abri de ce qu'il lui restait de famille.

— Vous m'en voyez ravi, mais on ne va pas parler dehors. Venez vous reposer, on sera mieux au chaud avec de quoi manger.

Shane n'avait aucune idée de la réputation de Gwaren dans le reste de Ferelden ou au-delà, mais l'hospitalité était une chose importante pour lui, notamment quand son invitée était une jeune femme ayant traversé le pays pour le voir.

Il l'emmena donc dans le château de Gwaren, un grand bâtiment de pierre d'allure circulaire, perché sur un éperon rocheux battu par les vents et les vagues. Dans la cour, on n'était pas encore trop secoués, mais sur certains balcons, c'était assez... décoiffant. Shane n'avait pas dans l'idée de lui faire une visite guidée complète, et l'emmena directement dans ses appartements, sans même passer par les pièces publiques de réception. Il laissait les mondanités et les chichis à ces danseuses orlésiennes.

Shane fit entrer Branwen dans une pièce qui ressemblait à un simple bureau, mais s'assit dans un fauteuil près d'une table basse. Il fit quérir un domestique à qui il commanda du pain, du fromage, du lait et tout ce que Branwen désirerait manger. Puis il se tourna vers elle :

— Vous avez sûrement hâte de pouvoir vous débarrasser de votre encombrante armure : faut-il que je mande quelqu'un pour vous aider ? Après, ça me dérange pas de le faire, mais j'ai pas non plus envie de vous achever d'embarras. Vous avez l'air suffisamment perdue comme ça.

Ce n'était qu'une boutade, que Shane appuya d'un petit rire. Lui-même n'était pas en armure, même pas armé, du moins en apparence : sa décontraction était le signe qu'il faisait confiance à Branwen, ou du moins, qu'il n'avait pas peur d'elle.



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le Sam 18 Nov - 0:32


     Shane Ó Braonáin

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L'embrun fouettait ses sens, comme la caresse salé de Gwyren qui saluait la venue de sa candide innocence. C'était un parfum nostalgique. La vibrante réminiscence d'un souvenirs sous l’auvent de cette terre qui n'était sienne, et qui pourtant l'accueillait comme une enfant que l'on avait perdu. Que l'on avait retrouvé. Que l'on acceptait de protéger, par cette stature imposante du Thiern. Comme une promesse moins murmuré par leur cœurs d'hommes que le chant fredonnant de l'océan. Savait-il qu'elle était une fille de la mer avant d'être née de la terre ? Avait-il lui aussi défié de coup de pieds, l'inébranlable va et vient des vagues, pour se venger des caprices de la vie ? Elle se souvenait de ses propres flammes transperçant les vagues, lorsque peine et colère ne pouvaient être contenu. La mer était son embellie, comme Shane se destinait à le devenir. Et si la violence du vent balayait sauvagement ses cheveux, leurs envolés fougueuse redonnait un peu de vie à son visage blanchit. Sa silhouette de frêle se redressait. Se restaurait, sous l'écho chaleureusement lointain des vagues qui l'apaisait. Alors elle suivit le Tiern, reconnaissante de sa prévenance.

Dans l'amplitude du dédales de couloir, la résonance de l’océan se faisait plus distante, rappelant qu'elle était désormais en territoire d'Hommes. Bien que la marche lui soit douloureuse, elle s'efforçait de suivre sans fléchir la cadence assuré du guerrier. Soucieuse de n'être distancé. Soucieuse de n'être abandonné. Et si son pas était ferme, sa vaillance était moindre à mesure que s'approchait l'aboutissement. A mesure que se perdait le bruit de l'océan. A mesure qu'elle serait seul avec le Thiern, cet être qu'elle songeait forgé par une mer semblable à la sienne. Cet être plus solide qu'elle ne l'était. Et c'était peut-être ça qui la rassurait autant que la terrifiait. Sa poigne avait été aussi ferme que ses lettres. Elle lui disait qu'il n'était homme à douter. A hésiter. Quel mal aurait-il à la broyait si l'envie lui prenait ?

Le Thiern la fit entrer dans une pièce qui ressemblait à un simple bureau. Shane la fit entraîner dans ce qui était bien plus qu'un simple bureau. Elle le ressentait dans la familiarité qui le gagnait. C'était sa demeure. Son domaine. De déco sobre comme l'avait été ses mots de papiers. Elle l'y reconnaissait, dans l'empreinte qu'il y avait laissait. Marque de confiance ou perfidie en devenir. Elle ne parvenait encore à le prédir. Mais à peine entra-t-elle que son regard fut attirer par la fenêtre. Par delà l'écran de verre se dessinait cette mer qu'elle avait fantasmé à chacune des volets de marches qui montait. Enfin elle voyait ce qui depuis son arrivée la berçait. La rassurait. Comme une augure de destiné, elle choisit de faire de ce paysage le gage de la réussite de son voyage. S'il fallait baser sa confiance sur du rien. Alors que ce rien soit jusqu'à la lie.

Branwen avait observer la scène en gisante de pierre. Aussi indécise que malhabile, elle n'osait prendre place dans ce fauteuil qu'elle se devinait destiné. Elle craignait de le salir, de l’abîmer. Son voyage n'avait rien eu de clément : en témoignait la crasse de son armure, de ses vêtements. Et si les manquements à l'étiquettes avait probablement été nombreux déjà. Elle ne se sentait pas d'y ajouter celui-là. Pas sans l’assentiment du Thiern. Avec précaution, la jeune femme déposa cependant au sol sa sacoche. Bien que légère, le poids des documents était douloureux pour ses épaules déjà à vif sous sa chemise. Et si chaque pas avait déchiré sa peau déjà malmené, la sangle était probablement ce qui l'avait plus méchamment encore marqué. Elle se réjouissait d'enfin s'en délestait, comme elle se réjouissait de se libérer du poids de sa cape de voyage. La jeune femme plia alors rapidement le vêtement tandis que le Tiern faisait commande, de ce qu'elle considérait comme un véritable festin après la précarité de ses derniers repas.

— Vous avez sûrement hâte de pouvoir vous débarrasser de votre encombrante armure : faut-il que je mande quelqu'un pour vous aider ? Après, ça me dérange pas de le faire, mais j'ai pas non plus envie de vous achever d'embarras. Vous avez l'air suffisamment perdue comme ça.

Malgré la pâleur laissé par la douleur, les joues de Branwen s'embrasèrent. C'était un doux euphémisme. L'armure lui était une torture. Un enfer personnel qu'elle s'était imposé elle-même. Persuadé, que c'était ainsi qu'elle se portait, Bran avait voyagé sans sous cuirasse: le corps simplement protégé d'une  chemise sous sa cotte de maille. Alors lorsque sa peau irrité, s'était déchiré, elle avait simplement serré les deux et continué. Encore. Jour après jours. Se soulageant de la douleur comme elle le pouvait. Mais les lambeaux de tissus n'avait suffit à préserver ce qui pouvait encore l'être. Et Bran n'avait aucune prédisposition médicale. La blessure s'était simplement infecté au contact des fibres de tissus déchiré. Alors elle avait serré les dents. Nettoyé chaque soir à l'eau claire ses blessures, puis pansé comme elle le pouvait. Trop fière pour s'avouer vaincu, elle avait refusé de flancher, au prétexte que d'autres étaient passé là avant elle. Alors elle avait supporté de sentir ses plaies se rouvrir. Supporté de souffrir chaque jour. Chaque nuit. Supportait de souffrir comme le faisait chacun qui d'armure se vétissait. Du moins le supposait-elle.

-Je peux m'en charger seule. J'ai à défaut de l'expérience des combats, celle du voyage, alors ne vous embarrassez pas de ça pour moi. D'autant plus que je suis sale., laissa entendre Branwen d'une voix plus fougueuse que ne l'avait laissé soupçonné son effacement premier. Elle prenait sa proposition comme une mise à l'épreuve, à laquelle elle répondait avec l'ardeur de ceux qui ont conscience d'avoir encore tout à prouver. Et comme toujours elle n'allait qu'à l'essentiel, ne sachant ce qui pouvait être ou non dit.

Elle ne se fit pas prier. Joignant le geste à la parole, elle s'abaissa. Tendit ses bras.  Et... se trémoussa, afin que glisse par dessus son crâne tant la tabatière que la côté de maille. La technique était aussi efficace que ridicule. Les pièces s'écoulèrent sans grâce sur le sol, emportant avec elle une chemise qu'elle s'efforçait avec maladresse de retenir. Branwen fit tomber les dernières pièces d'armures sur le sol et entreprit de replier ce qui pouvait l'être pour le reposer délicatement au sol. Preuve vivante que le ridicule ne tuait pas encore. Egal témoin silencieux de son ignorance. Seule demeurait désormais sur son dos, la chemise fraternel trop grande. Maculé de son propre sang séché, elle dévoilait sans complaisance ses meurtrissures. Et bien que Bran souffrit, ses traits refusèrent de trembler. De seulement marquer la douleur qui était sienne. Cette douleur qu'elle supportait depuis des semaines. Que le Tiern se risse d'elle. Elle s'en accommoderait. Car ces blessures qui étaient siennes, seraient désormais ses fiers peintures de guerres.


   
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le Jeu 22 Fév - 17:26


Raven & Wyvern
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Les tribulations de la jeune femme avaient dû lui faire traverser plusieurs cercles de l'enfer, si on en croyait son apparence. Heureusement pour elle, le Tiern de Gwaren savait faire la part des choses entre ce qu'il voyait et ce que les façades dissimulaient. Là où un ignare méprisant aurait congédié Branwen en se moquant vaguement d'elle, Shane ne pouvait que l'admirer pour son courage.

Bon, quand elle refusa une aide pour retirer son armure, il haussa bien un sourcil abîmé par une cicatrice, se demandant bien comment elle allait s'extirper de sa cangue de métal sans une main extérieure. Il ne tarda pas à avoir la réponse, songeant au passage que le courage et la stupidité étaient décidément très proches. Son sourcil se levant toujours plus haut, il ne fit aucun mouvement, en oubliant jusqu'aux politesses les plus basiques tant il était étonné de l'attitude de la jeune femme.

— Bien bien bien...

Que dire de plus ? La situation était extrêmement gênante, d'autant plus qu'en retirant ainsi son armure, Branwen s'était exposée assez intimement. Oh, Shane n'avait aucun intérêt pour son corps, au-delà du fait qu'il avait désespérément besoin de soins si on ne voulait pas que les plaies s'infectent.

Sans attendre l'avis de la jeune femme, Shane demanda à ce qu'on lui amène un guérisseur au plus vite (ou une guérisseuse, qu'est-ce qu'on s'en foutait sérieux), et se tourna vers Branwen avec un regard plein d'autorité.

— Vous allez vous allonger dans ce sofa... Il le montra d'un index inflexible, pauvre petit meuble dans un coin de la pièce qui n'avait rien demandé à personne, et ce sans jamais quitter de ses yeux bleu clair le visage de la jeune femme. ... et vous n'allez plus en bouger jusqu'à ce qu'un médecin se soit occupé de vous. C'est un ordre.

Cette chemise ensanglantée ne faisait que suggérer les souffrances qu'avaient enduré Bran, mais c'était bien trop pour Shane, qui avait décidé de s'occuper d'elle du mieux qu'il le pouvait. C'est d'ailleurs ce qu'il fit quand des domestiques rapportèrent les victuailles qu'il avait commandées : il tira un fauteuil et un guéridon près du sofa, et s'y installa. Pas besoin de se tenir autour d'un bureau alors que l'un des interlocuteurs avait tant besoin de repos et de soins.

— Tenez.

Shane venait de couper un énorme morceau de fromage et le tendit au bout d'un couteau à Branwen : on devinait à son ton que manger était également un ordre. Il fallait bien que la jeune femme se remplisse l'estomac.


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