CONFESSIO SOLEMNIS - CELESTE

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le Jeu 2 Nov - 0:05


CONFESSIO SOLEMNIS  


Il ne dormait plus, il était hanté, nuit et jour par la vision de ses actes; souvent quand il regardait ses mains, il y voyait encore le sang, les morceaux d'os; il avait beau avoir fait faire refaire toute la pièce, poser un grand vase là où cela c'était fait, il voyait encore le carmin sur le sol, les murs; il avait brûlé toute trace de son existence, mais la musique de son méfait sonnait encore en son crâne, éternel requiem qui ne le quittait plus; parfois quand il jouait, le sang réapparaissait sur des doigts; quand il composait le visage apparaissait. Et si ce n'était que lui...Il ne pouvait passer dans le couloir des chambres sans revoir le corps pendu de sa sœur, les yeux exorbités qui lui criaient sa responsabilité. Il était coupable; il était hanté, partout, sans répits, les fantômes de son hérésie le poursuivaient. Son être était rongé, lentement mais surement.
Il priait, toutes les nuits, toute la nuit parfois quand le sommeil ne venait pas et qu'il lui était impossible de composer; mais voilà, à invoquer le Créateur, à supplier Andrasté d'oublier ses méfaits, il avait l'impression de se noyer dans le blasphème.

Personne ne devait savoir, mais ceux en qui il croyait savaient déjà, et il était jugé, sinon jamais les fantômes de ses actes ne lui offert tels tourments. Il maudissait ceux qui ne vivaient pas dans le pêché, et rien que cette pensée était malfaisante; ses insomnies le rendaient fou, il avait l'impression que la culpabilité lui sciait la tête. Il ne passait que ses journées à composer, jouer, quand il ne devait pas apparaître à la Cour, faire comme tout si allait bien, jouer ce Noble Jeu qui occupait, montrer son talent réclamé, occuper son esprit, mais ses ennemis y criaient leurs douleurs, leurs reproches, lui montraient ses crimes.
Il avait besoin plus que de prières pour espérer racheter son âme. Plus que de se ruiner les mains et les genoux devant les statues de leur sauveuse embrasée. Alors il avait succombé à une folie peut-être salvatrice; il avait fait envoyer une missive à une de ses mécènes, mais pas n'importe laquelle; Céleste, main droite de la Divine, qui semblait apprécier les morceaux qu'il composait, dans la plus pure des croyantes conviction en l'honneur du Créateur et de son épouse Andrasté; mais depuis son acte terrible, il lui était impossible de leur rendre hommage, cela aurait été tacher les œuvres dédiés d'un sang qui ne le quittait pas.

Il ne lui avait pas demandé de venir pour parler commande, mais n'avait pas non plus précisé; courte missive, lui demandant si il était possible de se libérer, à l'aube de la nuit, le lendemain dans la grande Chantrie de Val Royeaux;
Gabriel était arrivé plus tôt; masque noir couvrant presque entièrement son visage, vêtements sombres, il portait encore après tout le deuil de Lenaelle, soeur adorée, tuée par ses méfaits. Mais il était reconnaissable; les masques fait de verre étaient la marque lourde et unique des de Serault; mais il ne voulait pas penser à sa famille pour le moment; ses frères l'avaient abandonné, laissé seul, poussé à la folie, il était désormais poursuivit par des fantômes dans la solitude, lui qui avait toujours eu deux âmes soeurs avec qui partager ses maux; il n'y avait plus personne désormais, si ce n'est le silence creux de son coeur déchiré, meurtrit et se noyant dans la culpabilité et la rancœur, celle-ci autant pour lui que pour ses jumeaux.

Il était donc arrivé plus tôt pour prier, serrant plus fort que jamais le médaillon d'Andrasté qui ne le quittait jamais, ignorant la mordante ironie d'entendre certains de ses morceaux par moment; c'est le bruit d'un froissement de tissu qui le sorti de sa prière sourde, car personne ne voudrait l'entendre. Céleste. Il se leva avant se d'incliner devant elle, il ne se serait permit un baise main, cette sorte de révérence suffisait, il le savait." Votre grâce, merci d'être venue
. " On pouvait sentir dans sa voix qu'il essayait de garder constance; malgré l'heure, il y avait encore du monde. A ce moment là, la dernière messe qu'il avait écrire pour Andrasté, un morceau avec des chœurs sur son sacrifice et sa mort, retentit dans la Chantrie. Le Créateur avait un drôle de sens de l'humour, car Gabriel avait l'impression de brûler comme Andrasté l'avait fait, même si jamais il n'oserait comparer leurs douleurs. "Une de vos dernières commandes, un hasard, je vous assure." Remarque inutile, mais vraiment ? Rien dans le Noble Jeu n'était hasardeux, mais il n'avait vraiment pas demandé à ce que ce morceau soit joué; il se rapprocha de la Main Droite, de sorte que seule son oreille, le reste étant cachés par les chœurs, puisse l'entendre. "Votre Grandeur, ma Soeur, j'ai moult tourments, j'ai besoin de confesse, pouvez vous aidez à soulager mon âme ? Je crains avoir tant fauté qu'Andrasté m'ignore." En privé bien entendu, mais ça, Céleste le comprendrait. Est-ce que ça aiderait ? Probablement pas; mais le coeur lourd et noyé, Gabriel sombrait lentement dans une assommante folie.




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le Sam 4 Nov - 12:07

Gabriel
&
Céleste
Confessio solemnis
La signature griffa le papier. Le thème qui en découla n’avait pas les rondeurs incombant à sa charge. Ici et là, les lettres marquaient un angle caractériel tandis qu’à la suite se distillait l’aigue sombre d’une féminité non dissimulée. La réponse fut scellée du cachet d’amarante avant de prendre son envol sous le ciel bas et lourd.

Le Devoir rappelait parfois à la Main Droite qu’il fallait se détourner des affaires séculières pour se consacrer aux causes spirituelles. Or, dans le tremblement qui ébranlait les lettres, à la graphie empressée, elle avait cru déceler le trouble profond qui habitait l’auteur. En conséquence de quoi  elle  avait laissé rapports alarmants et nouvelles de Kirkwall pour des affres plus humaines.

Il avait fallu patienter jusqu'à la tombée du jour et comme convenu, Il était là, vêtu de sombre et de verre, minéral dans sa posture, genoux usés par la prière et la culpabilité. Les années avaient enseigné à Céleste que le Cantique de la Lumière, plus que la raison, empreignait ses ouailles du goût de la faute. Ainsi, si le Créateur trouva réconfort dans l’abandon de son ouvrage, c’était son sacerdoce de sortir ses frères de la bourbe dans laquelle ils aimaient se vautrer.

A sa présence, l’homme s’ébroua avant de s’incliner. « Qu’Andrasté vous protège, mon enfant. » D’un geste, La femme l’invita à prendre place sur le Prie-Dieu. Il fallait ignorer pour l’heure les émotions qui subornaient son obligé. Il était venu quérir son aide mais la médecine serait sans doute plus amère que la récitation des Bénédictions. Le premier pas de sa guérison viendrait de cette prise de conscience Ô combien douloureuse.

Aussi, la messe était son oeuvre. Céleste ne put s’empêcher de sourire devant cette vaine tentative de modestie. Le compositeur était doué. Plus que cela, il touchait du doigt la divinité. C’est d’ailleurs pour cela que l’Impératrice et le Trône du Soleil l’avait sous mécénat. Faustine V ne pourrait souffrir la médiocrité – du moins dans le domaine artistique. Pour ce qu’il  était de ses contacts, Sœur Rossignol nourrissaient des avis plus tranchés qui s’éloignaient dangereusement de l’orthodoxie salutaire.

Ils y étaient enfin. La confession. Quels lourds fardeaux les épaules de ce bélître pouvaient-elles porter. La Joueuse frétillait impatiemment de sa prise nouvelle mais fut rapidement mise au cachot par l’hôte assermenté de la divine charge. « La vertu, Marquis, comme le corbeau, niche dans les ruines. Andrasté le sait et vous guide.» La femme du Créateur n’était pas être à s’embarrasser des péchés des créatures qui rampaient à la surface de Thédas, sinon, elle aurait depuis fort longtemps, claqué la porte de la Cité d’Or et ce, à juste titre.

D’un mouvement de menton à peine perceptible sous son voile, L’Ecarlate indiqua une issue percée dans le transept ouest puis se leva  avant de s’évanouir aussi rapidement qu’elle n’était apparue.

Un serviteur attendrait le jeune Serault et le mènerait au cœur du colombier de la Grande Cathédrale. C’était au sein de ce modeste donjon que la Main Droite tenait son officieuse étude. Cette dernière serait plus appropriée pour accueillir les tristes aveux du damoiseau. Loin des oreilles fouinardes des puissants, ils ne seraient que deux : le pécheur et le confesseur, tenu au secret le plus complet.

Là, elle l’attendrait. Derrière le bureau ravagé de missive et de guerre. Son visage plus juvénile que  les oripeaux de sa charge ne pourrait le faire penser, prête à faire reculer le Mal que seuls les hommes étaient capables de s’infliger. "Je vous écoute, Gabriel."
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le Jeu 9 Nov - 12:47


CONFESSIO SOLEMNIS  


Elle était là, dans toute sa grâce divine, représentante des démiurges en lesquels il croyait à en être hanté ; son regard était celui qui le jugerait, il saurait, si cela n’avait pas été blasphème, y voir celui d’Andrasté, brulant, pardonnant à tous sauf à lui, ses crimes étaient trop grands, il avait taché son cœur et tout comme tout s’effondrait, il ne lui restait plus qu’à conjurer le ciel ; il avait déjà une fois profonde mais elle n’en était qu’augmenté, d’aucuns auraient dit que Gabriel de Serault était devenu plus prévôt que son frère qui était pourtant dans les rangs même de la Chantrie. Avec la délicatesse qui lui était connue, elle se joint à lui sur le banc ; la confession ne se ferait pas ici, il le savait, ils étaient en Orlaïs après tout, et elle, malgré son rôle était Joueuse, la meilleur d’après certains ; mais il n’avait personne d’autre à implorer et elle saurait garder son rôle religieux, espérait-il. Ses mots le traversèrent ; avait-elle seulement raison ? Déjà il doutait de la protection d’Andrasté ; elle ne le sauvait des démons qui le poursuivaient, des voix qui lui murmuraient ses crimes. La seconde était pire encore. Andrasté pouvait-elle réellement voir sa vertu, comprendre son geste, et le guider loin de la culpabilité mordante qui perforait sa peau et son âme ? Il doutait, mais même désormais le doute lui semblait rajouter du blasphème à ses délits. Quoi qu’il advienne, sa culpabilité le rongeait comme des chaines traversant tout son être.

Elle se retira, lui indiquant où la trouver ; il attendit quelques instants, réitérant un énième cantique alors que sa propre musique lui vrillait les oreilles. Enfin on lui indiqua où la trouver. Là était plus la Main Droite, et ses papiers, ses affaires. Ô comme il devait la déranger avec ses caprices
« Votre Grâce je m’excuse de m’imposer, vous devez être fort occupée avec Kirk… » il ne put terminer sa phrase ; dans ces papiers, ses frères étaient présents, d’une manière ou d’une autre ; qu’ils soient coupables hurlants dans une rébellion sanglante ou serviteurs zélés ; ils étaient là. Ils entendraient, seraient témoin sans jamais savoir des confidences de Gabriel. Même seul ils ne le quittaient pas ; cela ne faisait que déchirer son âme d’autant plus. Comme il les haïssait pour ce qu’ils faisaient. Comme il les aimait pour exister, et priait, entre les remords, pour qu’ils puissent, à défaut de lui, recevoir grâce et protection du créateur.  Il n’avait pas assez prié pour sa sœur ; elle s’en était allée, et il était responsable.

Il prit place près de la céleste Céleste, et retira son masque qu’il posa sur la table ; son visage à elle était découvert, obligation Chantriste ; mais lui n’en était rien obligé ; la symbolique était assommante. Il ne pouvait se confesser derrière un masque, il voulait offrir la vérité, terrible et pesante hors du jeu, et il pouvait voir le visage de Serault de juger lui aussi depuis la table. Serrant encore son médaillon, au point que la chair de sa main commençait à percer, il déglutit. Elle l’écoutait. Il ne pouvait plus fuir. Sur son visage la fatigue de nuits tuées à la composition pour ne pas entendre ses démons ; ces fantômes ; ses victimes. Il n’osait souvenir son regard, ce dernier fixé sur l’Andrasté presque ancrée dans sa main, parfois attiré par le blâme familial qu’il avait déposé sur la table
. « J’ai fauté. Commis l'impardonnable » c’était un début, mais il en fallait plus « j’ai tué ma Sœur ; par deux fois, deux enfants du Créateur, l’un mort de mes mains, l’autre succombée de ma folie, alors qu’elle était de mon propre sang. » sa voix tremble aux souvenirs qui le submergent. « J’avais un apprenti, un elfe, un inconnu, reconnu de la rue…mais il était envoyé Divin….Il a fini par me dépasser » silence, respiration. « Le Créateur avait offert entre mes mains l’être parfait pour composer à son honneur mais par jalousie, par folie, j’ai trahis sa Divinité et ai détruit sa création, il n’en reste rien. » Il se revoyait, le chandelier à la main, frapper jusqu’à qu’il ne reste rien de ressemblant à un visage. « Ma sœur s’est tuée deux jours plus tard, à cause de sa disparition soudaine. Elle s’est pendue, elle est morte par ma faute, Lenaelle, sœur adorée, dévouée à Andrastée, que j’avais juré de protéger » ses frères aussi l’avaient fait, mais manifestement les triplés de Serault n’étaient pas bons pour tenir des promesses. « J’ai assassiné deux enfants du Créateur, deux protégés d’Andrasté ; et ils me poursuivent. Mes prières sont sans réponses ; mes crimes trop graves, le pardon ne me sera accordé, peu importe combien je prie, je le sens ma sœur. » Sur la fin  il avait plongé son regard dans le sien avant de le fuir; on y sentait le désespoir le plus profond. Il ne savait même pas si il avait bien fait de tout raconter ; non. Cela donnait une réalité à sa culpabilité mordante et il y avait désormais quelqu’un de bien plus réel qu’Andrasté pour le juger, même si ce jugement ne le poursuivrait pas dans le divin. Et son âme elle, n’était toujours pas en paix, pire encore, ses tourments empiraient de secondes en secondes tandis qu’il resserrait le poing sur le symbole de l’idole divine dans sa main.



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le Sam 18 Nov - 23:45

Gabriel
&
Céleste
Confessio solemnis
Le voile minéral se gauchit enfin dévoilant les traits du chérubin. Sous l’ourle des cils, ne demeurent que les cercles violines et infernaux creusés par les deux démons que sont Culpabilité et Insomnie. Le petit marquis ne peut que louer la manière noire des Sérault car est une proie facile qui se laisse lire aussi facilement.

L’homme prend place aux côtés de l’Ecarlate. Sait-il qu’il obtient déjà son entière attention ? La Joueuse note l’agonie de ses ongles, le tremblement de sa voix lorsqu’il arrive enfin à se convaincre de parler. Il ne lui faudra donc tirer qu’un fil pour que la tapisserie ne se déroule sous ses doigts. Quelques pressions autour de la plaie pour que jaillisse l’ichor de la vérité.

Ainsi, Céleste ne l’interrompt jamais que ce soit par le geste ou le verbe. Ne lui offre pas l’occasion d’une ordonnance. Il y a là trop de venin et de sanie pour que le traitement soit sans dommage. On ne guérit pas la faiblesse humaine par des médecines douces. Il faut gauchir la trajectoire d’une vie, d’une manière d’ourdir ou de penser.

Ou abattre le chien galeux dans l’espoir qu’il ne transmette jamais son ingrate affliction.

Pouvait-il être sauvé ? Le cruor qui profane le rosaire la fait pencher pour l’affirmative. L’hybris n’était peut-être pas suffisamment ancrée dans son cœur pour que la sentence de mort fût irrévocable. Toutefois, la cénobite n’est pas femme à reculer devant une autre itération de l'humaine disgrâce. N’a-t-elle pas, elle aussi, joué du couteau dans ses jeunes années ? Dans le meurtre, il fallait être décent, se dégager des affects. C’est ainsi qu’opérait les bardes loin de terreurs souterraines, des joies intenses procurées par les passions.

La Main Droite entrevoit Jalousie et Orgueil se contorsionner entre les paroles du jeune noble. Il attend un miracle pour contrer son Mal. Elle ne peut lui apporter que l’outil adéquat à sa flagellation. La preuve était encore faite que les visages dévots et les pieuses actions enrobaient les démons eux-mêmes.

L’aveu se termine et le triste sire se rencogne dans son fauteuil. Quelques minutes interminables égrainent la longue attente. Il faut laisser au verbe le temps de pénétrer les âmes avant d’administrer le marteau. La Sœur hoche enfin la tête sous le velum pourpre de sa coiffe.

« Je vous ai entendu mon frère. » La voix est ferme, d’une neutralité de neige. « Le mal dont vous souffrez s’appelle l’humanité et il n’existe qu’un remède. » D’une dextre languide, elle sélectionne un mince flacon bleu que sa paume offerte présente. La pause se fait dramatique et quand l’intérêt du jeune hobereau est saisi, les phalanges se referment. « Toutefois, le crime est commis et vous devez réparation au Créateur."

Et aux vertiges des paroles du marquis se dresse la docte élocution de l’ancienne barde.
« Il y a deux manières de considérer votre situation. Soit le Créateur a mis sur votre route ce jeune elfe afin que vous le formiez à votre art. Votre destinée vous condamnait alors à vivre de son ombre. En l'assassinant, vous avez commis un péché mortel. Ou bien… était-ce dans ses Projets que de mettre à l’épreuve votre Foi. Sachez Gabriel que de la pire souillure naissent les plus belles fleurs. Faites de votre souffrance un terreau, Marquis. »

Elle se tait un moment avant de reprendre.

« Si vous présupposez que la vérité est de la première sentence, buvez la fiole bleue. Vous vous endormirez et l’histoire s’arrête là. Si tel n’est pas le cas, je ne saurai que trop vous encourager à entretenir votre douleur. Sa carnation ne pourra que teinter du divin vos créations. Ainsi, vous n’oublierez pas les sacrifices qui ont dû être consenti pour que vous en arriviez là. »

Délicatement, Céleste saisit la main blessée et la pressa contre une fiole vide. L’ichor s’y déverse lentement alors qu'elle y mêle une poudre ocre. « Buvez la fiole rouge et descendez au fond du gouffre en ne perdant jamais le ciel des yeux. Toutefois, prenez garde. Vous pourriez bien vous y égarer. »

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