the song of goodbyes - branwen [FB]

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le Jeu 9 Nov - 17:25


Bralynn
the song of goodbyes



Il se pose, silencieux, soucieux de conserver sa concentration, sa plénitude tandis que l’odeur de la lavande luis chatouille les narines. Ses yeux vairons parcours le champs du regard, tentant de repérer la moindre trace de vie et ce aussi loin que sa vision le lui permet. Il n’y a pas âme qui vive, seuls quelques oiseaux planant sur la florale partie du champs. Personne ne pourrait découvrir ce qu’il s’apprête à faire, personne ne pourrait savoir l’horreur -selon lui- à laquelle il allait s’adonner.

C’était une activité qu’il n’avait pas osé pratiquer depuis longtemps, de peur de choquer ou de devoir accuser des commentaires non-désirés.

Il reste un moment silencieux, hésitant à sortir son bagage entre deux rangées de plantation. Il se sent encore trop à découvert pour tenter quoique ce soit. Puis c’est là qu’il le voit, ce qui ressemblait à un ébouli de pierres pêles-mêles au départ, s’avéra être une ancienne remise, ne laissant présager aucun doute quant à la faiblesse de stabilité. Un trou sombre de dessinait sur la paroie de pierre, indiquant une entrée semblant tout aussi peu fiable, mais lui permettant quand même de s’y glisser, avec un peu de motivation, sans faire tomber quoique ce soit. Bagage en main, il admire son petit abris de fortune dont la noirceur ne laisse pas présager grand décors, puis, confiant, il s’installe, se sachant au moins à l’abris des regards.

À l’ombre du soleil brûlant de midi, le jeune homme se déleste de tout ce qu’il porte, autre que ses vêtements, et s’habitue lentement à la pénombre que l’abris lui fournit, quelques rayons de soleils perçant ici et là entre les éboulis et les blocs abîmés par le temps. À force d’y voir quelque chose, il repère un bloc de pierre sur lequel il pourra prendre place lorsqu’il sera prêt. Le temps se fait court, car il doit rendre quelques comptes aux Cadell pour l’hébergement dont il profite depuis presque un an. Son départ est imminent, mais il doit quand même participer aux travaux de la nouvelle tour pour rembourser tout ce qu’il aura consommé cette année. Il a cependant promis de payer ce qu’il lui resterait comme dette dès lors qu’il aurait son premier salaire. La somme n’était pas astronomique mais il ne voulait pas quitter sa famille d’adoption temporaire avec une dette en suspens, surtout qu’ils avaient été très généreux à son égard. En général, il détestait laisser des affaires inachevées derrière lui, tout ce qui n’avait pas de conclusion propre menaçait de revenir le hanter un jour ou l’autre, que ce soit positif ou non. De plus, la question n’était pas simplement monétaire, mais aussi sentimentale. La jeune fille des Cadell et lui avaient créé un lien particulier, et il ne se sentait pas assez fort pour l’entretenir à distance. C’est une nouvelle vie qui s’ouvrait à lui avec la voie des Templiers, et il ne voulait aucune distraction pendant cette transition.

Il la chasse momentanément de ses pensées, car il ne souhaite perdre aucune seconde de cette pause mérité. Ses muscles sont déjà endolori et ils semblent partie pour travailler jusqu’au soleil couchant, alors autant faire le maximum maintenant, s’évader ne serait-ce que quelques secondes au moins pour se changer les idées. Les minutes s’écoulent comme un sablier dont les grains seraient liquides, inarrêtable, fluide, et, pressé, il fouille dans son sac qui semble réticent à vouloir dévoiler son contenu.

Après quelques jurons, il parvient à extirper son instrument de sa cage de tissu, grognant pour le placer comme il faut entre ses mains fébriles. Il a l’impression d’avoir perdu en agilité, et que l’instrument ne peut se placer de façon confortable sur ses cuisses. Il prend quelque secondes pour se placer correctement, confortablement. Il ne lui avait pas touché depuis si longtemps que les pauvres cordes du luth étaient toutes faussées et désaccordées. Il met quelques secondes à tout réorganiser, se laissant guider par son oreille musicale, puis enfin, il peut gratter le premier accord sur les cordes de nylons.

Soulagé que la mémoire de ses paluches soient intactes, il aligne quelques accords mémorisés autrefois, jusqu’à pouvoir entamer une douce mélodie, lente, mais joyeuse, aux couleurs de la journée qui se profilait devant lui.

La lumière du jour crève les ombres à travers les trous et l’aveugle dès lors qu’il regarde dans sa direction, comme si sa musique avait le pouvoir de ranimer la lumière en ce lieu sombre. Il se concentre sur ses notes, ignorant totalement ce qui peut se produire à l’extérieur de son abris. Ce temps lui appartient et il compte bien l’exploiter jusqu’à la dernière seconde.

À sa mélodie s’ajoute bientôt sa voix rauque, pas encore réchauffée. Ses mots sont bas, mais ses paroles vogues doucement contre les accords répétitifs du luth. Les notes s’envolent jusqu’à l’extérieur, accompagnant le vent balayant ses souffles sur le floral de la lavande. Il est complètement plongé dans son petit monde, introspectif et harmonisé. Il ne pense même plus au fait qu’on peut le surprendre ou même l’entendre, à vrai dire, il ne s’en soucis plus, son bien-être prévalent sur sa timidité. Ses paupières se ferment doucement sur ses yeux vairons tandis qu’il entame le refrain de sa composition.




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▲ COMPÉTENCES ET ARMES : Bien qu'il soit chasseur, Merlynn n'utilise aucune arme de distance. Il préfère de loin balancer sa grosse massue au-dessus de la tête de ses victimes. C'est efficace, et ça ne laisse aucune ambiguïté sur la mort d'une quelconque victime. Il se sert parfois aussi de hache de lance, en dernier recours, au cas où il aurait été pris de cours, mais elles ne sont qu'accessoires majoritairement. Outre les armes, Merlynn est un excellent cavalier. Ayant fait de la route pendant une bonne partie de sa jeunesse, il connaît les bêtes et comment les dompter. Un autre talent, qui selon lui est totalement inutile ; Merlynn sait chanter. Il avait l'habitude, petit, de chanter des chansons héroïques autour du feu, pour faire plaisir à ses parents. Il n'a pas perdu cette habitude mais c'est quelque chose qu'il ne partage pas
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le Sam 11 Nov - 1:02


    Merlynn Quovett

The song of goodbyes

   

S'il fallait une phrase, une lettre entière pour décrire la naissance de ce sentiments qui l'habitait, Branwen n'aurait eu assez des mots féreldiens. Sa langue était pauvre en comparaison de ce qu'elle éprouvait. Maladroite pour rendre justice à la quiétude protectrice qu'elle offrait. Terriblement humaine pour appréhender la pureté de cet attachement que lui offrait le Créateur. Cadeau du destin, ses yeux vairons lui avait offert un souffle nouveau à cet époque où le sien venait à manquer. Il n'y avait pas eu de promesse entre eux. Elle n'en ressentait le besoin. Il était un simple peut-être. Un possible. Un sans doute. Un éventuellement. Et cela lui avait redonné la foi de croire. D'espérer. De vivre. Merlynn avait apposé un point virgule au récit de cette vie qu'elle n'avait plus eu la force d'écrire. Il avait été le murmure timide d'un espoir. D'un après, quand le point définitif d'une peine immense, menaçait de mettre un terme aux battement fatigué d'un coeur épuisé.

Il était entrée de sa vie, comme la frasque silencieuse mais bienveillante du destin qui pour un temps semblait accepter de lui épargner les tourments. Il était son accalmie. Son oeil au coeur du cyclone dévastateur de sa vie. Son souffle. Cette parenthèse salvatrice. Cette parenthèse qui en lui réapprenant à vivre, lui apprenait également à mourir. Les corbeaux, ne pouvait errer indéfiniment privée de leurs ailes. Comme Bran ne pouvait survivre dans l'étouffement de cette vie sans avenir. Se réchauffer à sa douceur, c'était ressentir à ses côté son insoutenable légèreté d'être qui ne pouvait vivre que libre. Elle devait écrire son propre récit. Une histoire à l'écart de la mythologie familial. Et pour cela il lui faudrait partir. S'éloigner avant que les promesses du Cercle n'apposent définitivement ces chaînes qui la tuerait. Branwen le ressentait, bien avant que les mots ne soient dit. Bien avant que les lèvres ne soient jointes. Leur histoires n'avaient d'avenir. Et par respect pour l'homme qu'il serait, pour ce devoir qui serait sien, elle accepterait cette inéluctable fin. Il n'y aurait pas d'amante mage. Pas d'amant templier. Seulement le souvenirs mélancolique de ceux qu'ils avaient été. Merlynn. Branwen. Deux être qui avait appris à se voir. A s'aimer. A se quitter.

Allongé sous l'auvent des lavandes, elle avait laissé son souffle se tarir. Se perdre. Se convertir en une larme silencieuse, crystalline de ses doutes, de ses questionnements. Elle avait lu ces lettres qui ne lui était destiné. L'ombre montante de ces Cercles que l'on avait rouvert, lui était promise de part ce père qui avait oublié d'aimer. Qui avait oublié qu'il l'avait autrefois adoré. Chéri. Fanstamé dans l'imagerie de l'enfant prodigue pour mieux la délaisser ensuite. L'Immatérielle lui avait pris tant l'affection de ses pairs que son avenir de bras armée de la Chanterie. Ses rêves avortés, il lui avait fallu nourrir une autre voie. Alors avait-elle espéré la Garde. La sincérité de son engagement envers une juste cause, avait trouvé un écho dans les récit héroïque que lui avait porté les livres. Le fantasme du templier devenait le fantasme de la Garde. Du renouveau. Du départ qu'elle repoussait depuis 10 année, en renonçant à vivre. En renonçant à se définir autre que mage. Abomination en devenir. Enfant délaissé du créateur. Enfant délaissé des Cadells. Mais femme aimé de ces yeux vairons qui cherchait les siens. Branwen aimés de Merlynn, dont le départ serait le sien. Lui qui avait sû voir celle qui sommeillait en elle, lui ouvrait la porte d'un avenir.. sans lui. Et douloureusement elle l'acceptait.

 La jeune femme porta sa paume à ses lèvres pour étouffer, le souffle douloureux de son coeur, dans ce baiser qu'elle aurait voulu apposer sur ses mains, qu'elles n'avaient que timidement frôlé. Comme se caresse ces rêves que l'on craint de perdre. Elle fantasmait leur mains jointes en ce pieux baiser des pèlerins. La douceur de l'étreinte sincère du charnel, par cette zone plus sensible du corps. Des doigts qui se joignant, symbolisait le lien croissant de ceux qui se choisissait. Qui se chérissait. Et cette rêvasserie faisait naître dans son bas-ventre une chaleur qu'elle n'était encore en mesure de comprendre. Alors s'était dessiné la silhouette de Merlynn. Solaire dans le rayonnement du soleil. Chaleureuse dans les sentiments qui la gagnait. Elle l'avait contemplé, baigné de l’envoûtant parfum des fleurs. Elle l'avait contemplée, comme l'on boit à la source épurée du bonheur. Elle l'avait contemplé sans un mot. Il n'y avait de mot pour lui faire justice. Il n'y avait de mot pour ceux qui aime, comme aimait la candide.

Branwen ne l'avait accueillit lorsque sa silhouette avait traversé le champ de lavande. Gisante à l'amour suspendu aux lèvre, elle s'était pieusement figé dans la contemplation de ses traits. Dans la douceur de son visage. Dans la beauté de son regard. Elle comprenait à la gestuelle de l'aimé, la recherche d'une quiétude solitaire. Similaire. Et s'était gardé de signaler sa présence: par respect pareillement qu'égoïsme d'être avec lui. De se savoir si proche de lui. Ses yeux se fermèrent alors lorsque montèrent les premières notes. Le son d'une voix chantante qu'elle devinait sienne. Le son d'une voix qu'elle voulait embrasser de la sienne. L'étreinte chaste de celle qui n'osait toucher l'aimée. Ainsi s'était mise à chanter Branwen, joignant sa voix claire à la sienne.


   
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le Ven 17 Nov - 19:07


Bralynn
the song of goodbyes



Il ne voit plus le monde autour de lui, ses mains glissant sur le manche du luth tandis qu’il chante, aveugle à ce qui l’entoure, aveugle à même cette lumière vive qui menace de percer la pénombre de son abris. Il ne sait pas depuis combien de temps il est là, et il souhaite fortement ne plus quitter cet endroit. Il s’y sent bien. C’est une réalité alternative qu’il n’aurait pas de mal à adopter, dans le pire des cas. Sa colère n’a plus lieu d’être en un tel endroit. Sa tristesse, envolée au son de ses notes confiantes. Il n’avait pas besoin d’être lui-même et de traîner son passé infernal avec lui. Il aurait tout le loisir d’y penser lorsqu’il rejoindrait la Chantrie afin de devenir Templier. Pour le moment, il n’avait plus qu’à exister à travers ses paroles. Il n’en avait pas inventé les vers. Il s’était souvenu des quelques récits héroïques qu’il avait trouvé dans la chambre de Bran. C’était certes, de belles histoires, mais sans plus.

D’ailleurs, il n’était pas certain qu’elle avait déjà découvert qu’il s’était pointé dans ces lieux privés. Il lui était arrivé quelques fois, par envie, de s’aventurer dans les appartements de la jeune Cadell. Surtout par curiosité, il avait eu l’envie d’en découvrir plus sur la jeune femme. Très secrète lors de leurs premières rencontres, il avait eu de la difficulté à entrevoir qui elle était réellement. En fouillant dans ses vêtements, il avait trouvés quelques parchemins épars, aussi bien dissimulés que ses sous-vêtements. Il s’était cependant intéressé beaucoup plus aux parchemins qu’aux bouts de tissus personnels de Bran.

Il n’avait jamais pu lui avouer avoir violé son intimité de la sorte, et il ne comptait pas le faire non plus. Ce qu’elle ne savait pas ne pouvait pas lui faire de mal, et de toute façon, elle n’était pas là pour entendre les paroles qu’il laissait échapper, car elle aurait reconnu sans aucun doute les mots tirés de ses récits.

Enfin, il croyait que personne ne l’entendait, jusqu’à entendre une dissonance, venant de plus loin, de l’extérieur de son abris. Mais, ce qu’il prenait pour une dissonance au début, devenait de plus en plus claire alors qu’il s’approchait de la sortie de son lieu secret. La lumière aveuglante l’empêche de voir la silhouette étendue dans les fleurs, mais il reconnait bien la voix qui l’accompagne. Les yeux plissés, il ne cesse de jouer, s’approchant lentement de la jeune femme, tout en tentant de recouvrer la vue.

Le décors se redessine lentement autour de lui tandis que ses iris s’habituent à la lumière du soleil. Un frisson lui parcourt l’échine lorsqu’il prononce la fin de sa chanson, réalisant d’un coup qu’elle risque de comprendre qu’il a fouillé dans ses choses. Il fait quand même l’innocent et laisse tomber son luth contre sa cuisse lorsqu’il termine la mélodie. Légèrement embarrassé, il n’ose pas la regarder dans les yeux. Il regarde plutôt ailleurs, et ne peut s’empêcher d’espérer que le chef de chantier ne remarquera pas sa présence dans le champs. ‘’Je pensais être seul.’’ Exprime-t-il en guise de salutation.

Il sourit légèrement, toujours gêné de cette intrusion dans son intimité, mais il me méritait après ce qu’il avait fait, même si elle n’était pas au courant, du moins il le croyait. Il vient prendre place à côté d’elle, déposant son luth sur le sol terreux. ‘’Au moins j’aurai pu entendre ta voix avant de partir.’’ Il marque un arrêt. Il ne lui avait pas spécialement annoncé quand il partait, mais elle devait bien se douter que sa présence ici n’était pas permanente.



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le Ven 22 Déc - 17:37


      Merlynn Quovett

Strange what desire
Make foolish people do

      


Son pas approchant s'insufflait de cette pesanteur paternelle qui n'avait ni mot ni geste. Irradiation d'une présence trop pesante pour se relever, à l'ombre de ce soleil imposant qu'elle ne rêvait que de toucher. Branwen ne pouvait qu'observer Merlynn, dans le déversement de ses propres paroles chanté. Elle se figeait dans ce rôle: glacé et galvanisé à la fois. Le paradoxe éreintant de l'oiseau cloué au sol qui se sait observé et observe en retour. Sans bouger. Sans s'arrêter de chanter, comme pour se préserver en perpétuant à l'éternité un espace temps voué à s'arrêter. A s'arrêter devant l’inévitable. L'indicible. L'inavouable. Un inavouable qu'elle ne saisirait pourtant pas. Qu'elle ne reprocherait pas. Ses mots qui les liaient, elle le comprenait, était l'aveux de la violation de son intimité. Un viol que simplement elle acceptait. Ne parvenait à reprocher envers cette fidèle reproduction du lien paternelle. Envers ce que Merlynn perpétuait. Il s'invitait chez elle, comme son père avant lui. Fouillait chez elle, comme son père avant lui. La présence évanescente qui impose sa marque dans la demeure qui était sienne. Un contrôle par la présence absente. Comme les Cadells avant lui. Merlynn retraçait la seule forme de relation qu'elle connaissait. La seule affection qu'on lui rendait accessible: l'attachement sous le contrôle de l'autre. Et cela la réchauffait dans ce frisson glaçant de la proie. La rassurait à l'auvent de cet autre que soit. Le soulagement de compter. D'exister. Le soulagement d'être, elle le supposait, aimé. Un amour qui ne pouvait s'exprimer que par la domination de l'autre. Le contrôle de l'intimité de l'autre. Mais n'était-ce pas là, la nature profonde de ce sentiment ? Sinon qu'était-il ? Elle ne s’écrasait ni de de faiblesse, ni d'aveuglement. Elle se confortait à la seule chose qu'elle connaissait, indifférente au sentiment de traqués, qui la prenait. La consistance trop diffuse de la sensation malaisante, rendait veine sa résistance contre ce qui était trop connu et depuis trop longtemps accepté.

Cette chanson, elle le savait, reposait entre sa mémoire et les sous-vêtements rangé, dans le désordre contrôlé, de celle qui tente encore vainement de se cacher. Si pudique ses écrits ne contait qu'un amour pour cette terre qui l'avait vu naître, intimement il retraçait cette seule prise de liberté qu'elle s'autorisait. Elle ne jouait que ce qu'elle désirait. Ne chantait que de l'égoïsme d'une création voué à elle-même. Voué à s'écouter être dans la succession métaphorique. Comme un miroir, un reflet, de ce qu'intimement elle ne cessait d'être. Culpabilisait d'être. Se retenait d'être. Ils étaient la dernière rempart qui contenait, contre l'assaut paternel, l'essence de son être. Plus charnelle et intimiste que la caresse de son être, le geste de Merlynn avait le goût cendreux de la violence silencieuse. De l'appropriation silencieuse de ce qui n'aurait dû être qu'intouchable. Et Branwen acceptait cela. Aimait cela. Plus qu'elle ne l'aurait dû. Plus qu'elle ne l'aurait sainement dû. Prenant pour affection l'intrusion, elle la dressait en armure, en talisman galant. L'attouchement devenait courtois. L'inacceptable charmant. Et Branwen l'aimait de lui faire subir ça.

Symbole de ce qui se jouait à l'esprit, la silhouette de Merlynn la dominait désormais complètement. De son ombre. De son luth. De l'indicible amour qu'elle lui portait. Le ressentait-il, lui dont le souffle était devenu une raison de vivre ? D'un mot, elle aurait redessiné sa trajectoire à l'ombre de la sienne. Renié un nom, une mythologie, un domaine qui n'avait jamais été sien mais dont elle révérait la terre, comme elle vénérait son être. A l'aube d'une dévotion nouvelle, il était son commencement, sa plénitude, sa religion de coeur, qui lentement venait à remplacer son géniteur. Qu'il murmure ou qu'il taisent, qu'il parle ou fasse deviner, d'un geste de sa part, elle aurait traversé Thédas à son bras. Comme une seconde ombre. Un second souffle. Une seconde énergie, nourrit par la sienne et offerte à lui. Et le fantasme se perdait bien au-delà de la réalité du corps et de l'esprit, pour la symbolique protection qu'elle aurait souhaitait incarner. Préserver pour lui, ce qui n'avait été préserver pour elle. Reposer sur sa peau, en armure de chair et de sang, contre l'ineffable violence du monde. Être brandit en bouclier de coeur et d'esprit, quand le sien viendrait à se briser. Qu'il demande. Elle serait là. Un talisman. Un charme. Un sortilège. Une mage. Pour lui, elle aurait accepté de devenir son arme. Pour Merlynn, elle aurait accepté de mourir par son bras. Pour son bras. Pour le préserver de ce monde là. Mais tout cela, le comprenait-il ? Le ressentait-il dans ses regards qu'elle n'osait pas ? Il y avait tellement à dire. Tellement à murmurer pour ce cœur désaimé. Mais prisonnier, d'un corps trop étroit, trop maladroit, la luxuriance de ses sentiments ne parvenait à s'échapper. A transpercer ses lèvres désespéramment scellé. Elle n'avait pas les mots. Elle n'osait pas les gestes. Elle n'avait que la maladresse de ceux qui se désespère eux-même. Alors une fois encore, Branwen ne lui dirait rien de tout cela. Et cela lui faisait mal.

Un frisson parcouru sa peau. Leur lien se rompait dans l'achèvement du chant. Comme une porte qui se referme. Un monde de nouveau inaccessible. Un rappel par ce silence qui lui revenait. Ce silence qu'elle ne savait briser. Ce silence qui savait la broyer. Démuni. Impuissante. L'indéchiffrable ordinaire revenait. L'imagerie s'évaporait. Son langage s'altérait, car la suite ne se jouerait plus qu'à la frontière de ces mots qu'elle ne maîtrisait pas. Qu'elle ne ressentait pas. Trop cartésien, pour son esprit qui ne s'exprimait que de symbole et d'image. Elle copiait, mais ne savait formuler. Parlait, mais ne savait exprimer. Comprenait, mais ne savait saisir. Seule le chant lui permettait de traduire dans leur langue inaccessible ses ressentit. Il lui fallait un instrument pour exprimer la gestuelle du corps. Une voix pour faire vibrer le sentiments. Un assemblage métaphorique de mots pour traduire les images qui formait son langage. De leurs mots qui dessinaient un alphabet intangible, elle ne pouvait que tenter de produire des mélodies malhabiles. Des mélodies qui trahissait une confiance qu'elle ne savait plus accorder, mais recherchait désespérément. Elle n'avait pas l'assurance de l'interprète, seulement les doutes de l'étrangère. De celle qui savait ne pouvoir véritablement converser. Bridé par inaccessibilité de ce langage qui ne lui signifiait rien. Pourquoi les hommes avaient-ils donc ressentit ce besoin du mots si rudimentaire ? Pourquoi cette langue qui ne savait saisir la subtilité parfaite du ressentit primaire ? Elle n'était que frustré. Condamné à ne pouvoir exprimer que la moitié de ce qui était. Et de savoir qu'en retour, personne ne comprendrait ce qui dans ses silences étaient tût. Dès lors Merlynn incarnait l'espoir d'une exception.

Mais être ainsi inaccessible au langage, c'était être inaccessible aux conventions sociales. Aux non-dits. Aux codes silencieux mais tacites de ces autres qui savait rejeter et non écouter, comme elle-même ne parvenait à les entendre. Aveugle mais non sourde. Sourde mais non aveugle. Elle ignorait comment d'écrire son étrangeté. Était-elle l'un ? Était-elle l'autre ? Le paradoxe du deux antinomique ? Ou la conciliation d'un impossible ? Elle ne savait plus. Il lui semblait parfois saisir. D'autres fois comprendre. Mais le plus souvent, seul l’inaccessible parvenait à lui définir l'autre. Ils étaient pour elle silence, comme elle l'était pour eux. Et cela l'angoissait, plus encore avec Merlynn. Que manquait-elle ? Que ne saisissait-elle ? Avait-il de ces silences qui parlait à autrui ? Avait-il eu envers elle de ces gestes qui faisait sens ? Il lui était effrayant de l'ignorer. Et voilà que ses yeux vairons se teintait d'embarras. Que devait-elle comprendre ? Que devait-elle dire ? Elle l'ignorait et pourtant il lui fallait répondre.

"Ton désir de solitude se ressentait. Je n'ai rien dit pour ne pas m'imposer, mais aussi parce qu'égoïstement... je voulais demeurer près de toi., murmura Branwen en prenant le temps de choisir avec la précaution des enfants malhabile, chacun de ses mots. Pardonne moi. Chanter avec toi était spontané, mais maladroit. Je le comprends maintenant. Cela ne se reproduira pas." Elle n'avait que la vérité à offrir et son apprentissage de ces conventions qu'elle ne saisissait pas. Elle apprenait par l'erreur comme elle apprenait par lui. L'énonciation simpliste de ce qui était, lui était sa seule façon de s'exprimer. Une description aussi froide que ces mots qu'elle ne maîtrisait pas. Égale de maladresse que de provocation. C'était aussi Une façon bien elle de l'interroger. De vouloir mettre à nue ce qui était. Elle avait compris avec le temps, que sa façon étrange d'aborder l'autre, d'offrir la vérité à l'autre, bousculait. Impliquait des réactions à la lisière de son langage: un sentiment lisible, une ébauche de gestuelle. Quelque chose qu'elle savait encore saisir et comprendre. Quelque chose qui lui parlerait bien plus.

Le sourire de Merlynn se communiqua à ses propres lèvres, à ses yeux, à la joie intérieur qu'elle irradiait dès lors qu'il prenait place à ses côtés. Comme un fanal que l'on venait à rallumer, elle s'illuminait de sa présence. Retrouvait une chaleureuse lumière qui savait éloigner ses ténèbres. Les angoisses devenait moins sombres avec lui. La peur moins pressente. La solitude moins présente. Il chassait sa dépression comme il chassait ce qui lui ravageait le cœur. Il n'y avait rien de plus à dire, rien de plus à décrire. Sa simplicité d'être la protégeait pour un temps de la violence de ces terres. Et cela la rassurait autant que l'inquiétait. Elle n'était pas certaine de parvenir à survivre au delà de cette relation de protection.

Avec délicatesse Branwen ramassa l'instrument: posé entre eux comme la matérialisation de l'insoutenable frontière qui demeurait. Elle ressentait le besoin de jouer pour prendre contenance. Rompre la distance. Car elle le pressentait... sa présence serait bientôt celle de l'adieu. De l’au revoir. De celui qui ne reviendra pas. Un regard vers Merlynn et l'embarras la gagna de nouveau lorsqu'il lui fallut reprendre la parole. Serait-ce la seule chose qui leur demeurerait ? Son impossibilité à communiquer ? Elle ne savait que dire. Ne pouvait que répéter, déformer, en espérant que cela lui suffirait. "Au moins j’aurai pu entendre ta voix avant que tu ne partes.’’ Que tu ne partes... Ces mots lui demeurait d'amertume sur la langue. Son départ prochain n'était pas une surprise, mais l'accomplissement d'un inévitable qu'elle aurait préféré ne jamais voir. Ne jamais subir. Il n'y aurait pas d'après. Il n'y aurait plus d'après. Son sourire se ternit. Seulement la séparation définitive qu'elle ne lui reprocherait pas. Il avait trop à perdre, à demeurer auprès d'elle...

Le sourire de Branwen se serait ternit, si la résurgence du chef de chantier, n'avait exalté sa malice infantile. Elle n'ignorait pas que régulièrement il venait boire un peu du vin familial. Comme elle n'ignorait pas que Merlynn n'aurait pas dû se retrouver là. Ce qu'il adviendrait ensuite, elle ne souhaitait pas le découvrir. Alors son regard glissa de la silhouette lointaine au regard, puis aux mains de l'aimé. L'hésitation fut imperceptible. Ces mains qu'elle n'avait jusqu'alors osé touché, elle s'en saisit, comme l'on attrape un trésor que l'on craint de voir partir. Il y avait de l'urgence dans ce geste. Le besoin de retenir l'instant. De le préserver de l'ivrognerie d'un imbécile.

"Le chef du chantier se dirige vers nous. Il ne peut encore nous voir et si l'on part en courant maintenant, il ignorera que tu te trouvais là.", murmura Branwen dont les joues se rosissait pudiquement à mesure que lui venait l'enchevêtrement de mots. "Allons chez moi...personne ne t'y chercheras. J'y vis seule depuis que Vast s'est absenté pour le mois." C'était étrange ce que le désir parvenait à donner de courage. A lui faire demander. Ses doigts entremêles des siens, elle s'était relevé, prête à courir.

Accepterait-il de la suivre ? Ou serait-ce la fin de quelque chose qui n'avait jamais vraiment commencé ? Elle l'ignorait.
      
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