tell me who you are (kaida)

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le Mar 20 Juin - 0:15

Les lèvres pincées, Marius rédigeait sa missive par à-coups, son esprit se perdant tantôt sur les chemins de ses réflexions et de ses raisonnements, tantôt vers le ciel parfaitement dégagé où planaient parfois en rond quelques rapaces à l’envergure princière. Assis en tailleur sur un banc de marbre, à côté des escaliers menant à la demeure du Duc de Ghislain, le nécessaire à écriture posé sur les genoux et la plume lui chatouillant le menton entre deux phrases, le Seigneur-Chercheur ne pouvait s’empêcher d’observer les allées et venues des uns et des autres qui donnaient vie au jardin du château, levant la tête vers les employés de la maison qui vaquaient à leurs travaux. Il avait la tête de ces jours qui auraient pu être parfaits si seulement il n’avait pas quitté son bain et sans doutes une expression assez distraite sur ses traits à la fois songeurs et peu avenants. L’on aurait pu le croire en train de flâner, seulement il avait bien besoin de lever le nez pour mettre de la suite dans ses idées, avec cette enquête dans laquelle il s’était embourbé. Dans quelle affaire s’était-il encore lancé… Le Chercheur n’en entrevoyait pas encore les contours ni les tenants et encore moins les aboutissants. Désespérant.

Il avait pensé qu’une après-midi de solitude dans la demeure de son enfance aurait pu l’aider, à présent que son frère et sa petite famille étaient partis pour une après-midi de fauconnerie en compagnie d’autres nobles et berruiers de la région. Des personnes qui seraient ensuite conviées à des festivités dans la soirée, cela allait de soi, et Marius était bien trop préoccupé pour en éprouver la moindre joie, au contraire, il songeait qu’il allait encore perdre son temps avec ces beaux masques qui recouvraient quelques noires âmes. Mais d’ici-là, le cadet de Ghislain pourrait encore profiter de quelques heures de tranquillité dans ce havre de paix. Bientôt, la silhouette lointaine qui traversait la longue allée menant jusqu’au château attira son attention. D’un œil, le Chercheur observa ce visiteur arriver jusqu’au premier garde qui protégeait l’accès à la demeure, un petit peu plus loin. Les soldats n’étaient pas censés réfléchir, seulement retenir qui était invité ou non à venir chez le Duc, aussi Marius n’eut aucune peine à imaginer l’homme en faction, bercé par l’ennui, demander rudement l’identité de cette personne qui, à l’évidence, n’avait rien de noble, auquel cas il y aurait eu toute une suite dans ses pas.

Et si ce premier barrage laissa passer ce visiteur dont Marius finit par distinguer les oreilles pointues, il dut en rencontrer un second qui se tenait juste à proximité du Seigneur-Chercheur, dont l’accoutrement fort simple de cuir, dont il usait généralement pour ses déplacements et dont il ne s’était séparé en rentrant de la ville, l’aurait fait passer pour bien plus bas que ce qu’il était. Ecoutant discrètement l’échange entre ce soldat-ci et l’elfe, il tiqua légèrement sur ce que le garde conclut d’une voix bourrue : « Je peux pas t’autoriser à entrer, l’elfe. Le Duc ne peut pas te recevoir. » C’était toujours aussi admirable de constater que les soldats en faction étaient à ce point avares en explications, surtout lorsqu’il s’agissait d’êtres de plus basse condition qu’eux. Le Seigneur-Chercheur tourna la tête vers l’elfe, les traits impassibles, recelant presque quelque lueur d’amabilité, même. « Le Duc de Ghislain n’est pas encore rentré. Il va vous falloir attendre, je le crains. » Marius l’observa pendant un court instant. « Serait-ce trop indiscret de vous demander pour quelle raison vous devriez vous entretenir avec lui ? » Il n’existait pas trente-six possibilités différentes qu’un Duc reçoive un elfe…

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le Jeu 22 Juin - 10:59


tell me who you are.
─ who are you really ─
La marche est devenue aujourd'hui un long périple. Il n'est pas seulement question de s'en aller de chez soi pour retrouver un endroit plus confortable. Il faut être constamment prudent. Je dois surveiller mes arrières. Éviter les individus qui porteraient l'armure des templiers. Et je dois dire que ce n'est pas une chose aisée. Il m'est déjà arrivé d'être pris au dépourvu. Heureusement qu'à ce moment-là, il y avait un autre apostat pour me tirer d'affaire. Seul, il y aurait bien longtemps que j'aurais déjà rejoint le Cercle d'Orlaïs pour continuer à m'entraîner à l'intérieur sans ne plus jamais avoir l'occasion de m'en sortir. Mais peu à peu, je commence à me faire de cette nouvelle condition. J'oublie même mon goût pour l’opulence et ne m'inquiète réellement plus de l'état de mes vêtements. Seulement ma liberté et ma vie compte dès à présent. Cependant, par moment, il m'arrive de me remettre en question. De me demander si ma fuite en vaut réellement le coût. Qui sait si je ne me jette pas dans la gueule du loup en rejoignant Tévinter. Toutefois, je ne peux m'empêcher de désirer y croire après l'intervention de cette mystérieuse demoiselle lors de la réception à Orlaïs. Une terre où les mages dominent, un endroit où je serais libre d'errer. Et me voilà près du but. Néanmoins, je me disais qu'après tout ce temps à voyager à travers les contrées et me trouvant de plus en plus proche de ma destination finale, je devais être de plus en plus précautionneux. Aussi me vins l'idée de rendre une petite visite au Duc de Ghislain. Fervent des fêtes et surtout du Grand Jeu. J'imaginais qu'il serait l'occasion ou jamais de lui demander une petite aide en retour. Surtout lorsque l'on a été mis au courant de l'organisation d'une petite réception le soir même. J'ai donc longuement réfléchis. En échange d'un service rendu, je pourrais prétendre à en recevoir de même, en retour.

D'un côté, je supposais qu'il suffirait de jouer de ma volubilité afin de convaincre le personnage comme je l'ai toujours fait. Mais dorénavant, c'était différent. Rejoindre une nouvelle soirée, c'était également prendre le risque de se perdre sur un milieu hostile. Qui sait si les templiers ne seront pas aussi présents lors de l'événement. Qu'ils profiteront probablement d'un tel regroupement afin de capturer ceux et celles qui paraîtront suspects à leurs yeux. Néanmoins, c'était également une nouvelle aubaine pour requérir l'aide d'un noble. Et ça, je ne pouvais pas cracher dessus. J'avais, en effet, besoin d'accepter toutes les mains qui seraient tendues dans ma direction. Même celles plus incertaines comme le serait l'assistance du Duc. Qu'importe, je décide malgré tout de me rendre au château après avoir pris le temps de m'arranger un minimum pour être reçu, accélérant le pas dans l'allée, passant les jardins pour rejoindre une première porte et me présenter pour finalement accéder à une deuxième entrée où je suis soudainement arrêté. J'aurais dû m'y attendre et pourtant, je ne peux m'empêcher d'afficher une expression de mépris, partiellement cachée par mon masque qui me bande les yeux. Visage qui se renfrogne d'avantage face aux paroles désagréables du garde à mon égard. D'ailleurs, je m'apprêtais à lui répondre sur le même ton avant d'être arrêté par une autre personne qui reprend la parole devant moi, usant d'un ton bien plus agréable que mon interlocuteur précédent. ≪ - Le Duc de Ghislain n’est pas encore rentré. Il va vous falloir attendre, je le crains. [...] Serait-ce trop indiscret de vous demander pour quelle raison vous devriez vous entretenir avec lui ? ≫. Je fais volte-face, détaillant mon nouvel interlocuteur du regard. Attendre. Mais je n'ai pas le temps d'attendre ! D'ici-là, j'aurais pu continuer ma marche ! J'aurais pu quitter ces terres plutôt que d'espérer vainement recevoir un appui venant de sa majesté. J'hésite donc à repartir aussi rapidement que j'étais venu me présenter ici. Néanmoins, j'ose malgré tout demander. ≪ - Ooh... Et savez-vous quand est-ce qu'il compte rentrer ? ≫. Au moins, ça ne coûte rien de questionner l'individu. En espérant qu'il puisse me répondre ou même qu'il veuille tout simplement bien le faire. Car pour le reste, je n'étais également aucunement prêt à réagir aussi aisément. ≪ - En effet, cela serait un peu trop indiscret. ≫. Je laisse ainsi planer le doute quant à la relation que je pourrais entretenir avec le Duc, espérant à ce que l'autre homme ne vienne à insister d'avantage. Après tout, suis-je réellement obligé de répondre à un serviteur ? Car dans un premier temps, c'est l'impression que donne le personnage à mon égard. Qu'il n'est qu'un homme du peuple... Même si, de secondes en minutes, son allure me semble familière. Mais dans tout les cas, je supposais que je ne pouvais me permettre de révéler quoique ce soit à de simples inconnus, la paranoïa s'étant installé en mon âme depuis le jour où j'étais considéré comme un fugitif, un mage en fuite.

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▲ OCCUPATION : esclave. j'ai fuis pour ma liberté mais je suis tombé sur un magister tévintide qui m'a rattrapé. aujourd'hui, je n'ai d'autre choix que de courber l'échine devant les humains. jadis nero, aujourd'hui marianis.
▲ COMPÉTENCES ET ARMES : je contrôle pour l'instant la magie élémentaire, de création, de soin et des arcanes. je possède également un bâton pour pouvoir contenir mes dons ainsi qu'un couteau à double lame et un arc. sinon, j'ai également des compétences en art, en vol, en charisme et en espionnage.
▲ LOCALISATION : minrathie. plus précisément au sein même de la demeure de ma maîtresse. parfois je quitte cette bâtisse qui me sert de prison pour suivre la jeune femme qui me retient, ou pour surveiller les alentours, de moi-même.

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le Mer 28 Juin - 21:48

D’un œil curieux mais posé, le cadet de Ghislain dévisageait lentement l’elfe que le soldat refusait à laisser entrer. S’il portait un masque, c’était qu’il ne s’agissait pas d’un serviteur ou de quelqu’un souhaitant être au service du Duc en dehors du Grand Jeu. En parlant de masque… Marius avait renoncé au sien en prononçant ses vœux de Chercheur, et même s’il participait à des soirées organisées par sa famille ou lorsqu’il était invité à d’autres, bien que restant un Ghislain, il n’était plus dans ses attributions de contribuer au Jeu… officiellement. Et quand bien même, un Chercheur n’avait pas besoin de se cacher. Il se demandait donc en quelles circonstances ce visiteur avait déjà rencontré son frère, songeant qu’il aurait alors pu s’agir d’un coursier, ou d’un espion venant fournir des informations (mais dans ce cas, pourquoi être invité alors qu’on l’aurait plutôt fait venir de manière plus discrète ?), ou peut-être d’un barde… Il était intéressant de constater que l’elfe n’avait pas l’air arrangé du tout que le duc ne soit pas là.

Marius déposa son matériel d’écriture à côté de lui sur le banc et en profita pour déplier les jambes, qu’il avait gardées en tailleur pendant une bonne partie de l’après-midi. « Je ne saurais dire exactement, mais je pense qu’il ne devrait plus tarder. » Une demi-heure, une heure ? Si Laurent désirait assister à des festivités dignes de ce nom, mieux valait qu’il soit là avant l’arrivée de tous ses invités pour donner ses dernières instructions afin d’être certain que tout soit bien en place. Le Seigneur-Chercheur haussa vaguement un sourcil à la réplique de l’elfe, pas vraiment vexé de ce refus un peu brusque. Il fallait dire que l’un comme l’autre ignorait qui ils étaient respectivement. Le noble orlésien esquissa un sourire courtois à l’encontre du visiteur aux oreilles pointues. « Oh, je vois. Pardonnez ma curiosité somme toute un peu déplacée. » Une pointe d’ironie perçait dans sa voix, et il laissa le silence retomber sur eux, observant de temps à autres les allées et venues qui se faisaient dans le jardin. Il reporta son attention sur l’elfe au bout de quelques instants, constatant qu’il était soit pressé, soit peu patient.

Les paumes posées à plat sur la pierre froide qui servait de banc, le Seigneur-Chercheur ajouta finalement : « Vous semblez avoir fait un long voyage pour venir jusqu’à Ghislain. Souhaitez-vous quoi que ce soit pour vous rafraichir ? Mon frère, le duc, ne saurait tolérer qu’on fasse attendre ses invités en les laissant mourir de soif. » Une lueur amusée brilla brièvement dans son regard métallique, tandis qu’il prononçait ses derniers mots avec une innocence toute naturelle dans la voix. Du coin de l’œil, le cadet de Ghislain crut apercevoir le garde qui écoutait, l’air de rien, la conversation, et qui semblait se forcer à ne pas laisser son sourire narquois s’agrandir. Sa tenue indiquait sans doutes qu’il n’avait rien d’un frère de duc, mais on disait parfois que l’habit ne faisait pas le moine et c’était particulièrement vrai en cet instant.

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le Mar 4 Juil - 11:51


tell me who you are.
─ who are you really ─
≪ - Je ne saurais dire exactement, mais je pense qu’il ne devrait plus tarder. ≫. Je pousserais certainement un soupir de soulagement si seulement cela ne paraîtrait pas trop suspect. Alors peut-être valait-il mieux l'attendre pour le rencontrer, me dis-je. Que finalement, je ne perdais pas pleinement mon temps à l'attendre ici bien qu'au fond de moi, j'avais le sentiment que cette acharnement à requérir l'aide d'un quelconque noble n'en valait guère la peine. Mais comme d'habitude, j'étais habité par l'espoir de me voir un jour sortir de là. C'est très certainement grâce à cette même espérance que je m'étais battu toute ma vie pour me sortir de la misère. Mais parfois, elle pouvait être autant un défaut qu'une qualité. À l'heure actuelle, je ne saurais dire quel trait elle représentait réellement. Peut-être que sans m'en rendre compte, j'avais fais le bon choix. Après tout, je ne me retrouvais guère en mauvaise compagnie et puis, l'individu n'était aucunement regardant sur les raisons qui me poussaient à venir jusque-là, allant même s'excuser pour sa curiosité. Je répliquais, lui adressant un maigre sourire timide. ≪ - Ce n'est pas grave. ≫. Plus par politesse que par réelle sincérité. C'est alors que l'individu repris de nouveau la parole, cette fois-ci pour me proposer à boire, mais ce qui me percuta dans un premier temps, ce fut d'entendre le fait que la personne se trouvant devant moi n'était autre que le frère du Duc. Je me suis mis à rougir, ne sachant plus réellement où me mettre. ≪ - Vous voulez dire que... Vous... Vous êtes son frère ? Pardonnez-moi, je... Je pensais que vous porteriez un masque... ≫. Cela était même devenue une évidence. Moi-même j'avais gardé le miens, pensant que si je ne l'aurais pas eu sur moi alors jamais je n'aurais été en mesure de rencontrer le Duc en personne ! Qu'allait devenir Orlaïs si les Nobles eux-mêmes ne respectaient pas leurs propres coutumes ? Il y avait de quoi se perdre ! Mais loin de moi dans l'idée de rabaisser l'homme qui se trouvait face à moi, non. Si cela se trouve, il pouvait également être d'une aide précieuse, même si je ne saurais dire comment. Actuellement, j'avouais que je ne pouvais pas cracher sur la boisson si chaleureusement proposée. Après tout, je voyageais depuis des jours et des jours. Trouver de la nourriture et de l'eau potable devenait de véritables challenge à relever. Oui. Même si le Duc accepterait ou non de m'aider, l'eau, c'était déjà ça de gagné. ≪ - Je suis prêt à accepter toutes les boissons que vous avez à m'offrir. La route a été plutôt longue et je manque cruellement en ressources. ≫ fis-je alors à l'égard de l'homme. ≪ - Je vous remercie pour votre admirable attention. ≫ terminais-je en lui adressant un petit sourire. Oui. Si à présent je devais graisser des pattes pour recourir à un petit soutient, alors je devais dès maintenant jouer au petit jeu. Je devais me montrer agréable. Prouver également qu'ils pouvaient avoir confiance en moi et avoir une bonne image de ma personne. Chose délicate lorsque l'on se trouve, nous, sur la défensive.

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le Mar 4 Juil - 13:17

Qu’il était fascinant et ô combien satisfaisant de constater jusqu’à quel point, au moment où Marius avait révélé sa parenté avec le Duc, l’elfe face à lui ne semblait plus savoir où se mettre. Le visage impassible, seul un léger haussement de sourcils narquois vint à trahir une certaine forme d’amusement tandis que l’invité surprise aux oreilles pointues bégayait toutes ses plates excuses et notamment son incompréhension face au non port du masque de Marius. « Oui, effectivement… son frère cadet, pour être exact. », répliqua-t-il en fixant l’elfe de son œil bleu orageux. Le frère cadet qui ne portait pas de masque. Il se demanda soudainement si l’individu, puisqu’il semblait relativement familier avec les règles du Grand Jeu, l’était également avec la connaissance des familles nobles d’Orlaïs. Il ajouta avec un demi-sourire entendu : « Pensez-vous aussi que les nobles portent leur masque jusque dans leur bain ou leur sommeil ? Vous avez raison, la tradition et l’étiquette voudraient que j’arbore les couleurs des Ghislain, tout comme mes autres frères qui, d’une manière ou d’une autre, prennent part au Jeu. Toutefois, il se trouve que j’ai emprunté une voie quelque peu différente. »

D’une certaine manière, par ses non-dits et ses omissions, le Seigneur-Chercheur se jouait quelques peu de l’elfe. Quel intérêt y aurait-il à révéler son véritable rang tant que lui-même ne savait rien du visiteur et de ce qu’il voulait au Duc ? Rester le simple cadet de Laurent qui semblait défier les coutumes d’Orlaïs avec une certaine désinvolture déliait bien plus facilement les langues qu’être l’austère Chercheur de la Vérité. Le noble orlésien se redressa, toisant un court instant l’elfe qui confirmait avoir eu un long et éreintant voyage. « Je comprends. », dit-il d’une voix douce. Un voyage à cheval pouvait déjà paraître long et dangereux si l’on partait seul, alors un périple à pieds relevait d’une véritable expédition. Le Seigneur-Chercheur s’empara de ses documents en court de rédaction et de lecture et invita l’elfe à le suivre jusqu’à un salon de jardin qui profitait de la fraicheur d’une pergola verdoyante. Par ce temps propice pour profiter de l’extérieur, il y avait toujours, sur la table, de quoi se rafraichir après une promenade sous les roseraies ou une course à cheval à travers les prairies environnantes.

Dans un récipient orné rempli de glace, une carafe à vin attendait patiemment qu’on s’en serve. Marius remplit deux coupes et la fragrance avinée aux touches légères d’effluves fruitées s’échappa de la boisson vermillon et parfumée aux épices. « Je vous en prie, installez-vous. Vous devez être épuisé par votre voyage. », susurra le noble orlésien à l’invité du Duc en lui désignant un fauteuil. S’emparant des verres, il rejoignit l’elfe et lui tendit à moitié sa coupe, avant de se raviser. Au lieu de quoi, il déclara sur un ton songeur : « En vous voyant au premier abord, j’ai pensé que vous étiez ici pour les festivités de ce soir. Une histoire de masque, sans doutes. Mais à l’évidence, si vous demandez à être reçu par le Duc, alors je me suis trompé. » Observant le verre finement ouvragé en le tournant, comme s’il jouait avec, le Seigneur-Chercheur pencha légèrement la tête sur le côté pour observer à nouveau l’invité elfique, un sourire aimable étirant ses lèvres. « Vous semble-t-il toujours aussi importun que le cadet de Ghislain se demande quelle triste nouvelle vous apportez à son cher ainé ? »

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le Jeu 6 Juil - 2:48


tell me who you are.
─ who are you really ─
L'individu insista sur sa parenté, jusqu'à même préciser. Il me fit part également pourquoi il ne portait pas de masque, notamment parce qu'il se trouvait chez lui mais aussi parce qu'il avait choisi une voie qui différait du reste des membres de sa famille. Je voulais le questionner ainsi sur sa véritable fonction mais je me disais que, alors je n'avais osé lui divulguer la raison qui m'avait poussé à rejoindre leur demeure pour rencontrer le Duc, je ne pouvais également me permettre d'être curieux à son égard. Cela pourrait paraître plutôt étonnant si ce n'est carrément inquiétant. Je ne mettrais point mon interlocuteur dans la confiance. Mais pour l'instant, on pouvait dire qu'il se montrait plutôt moqueur à mon égard, surtout satisfait de m'avoir trompé tandis que je me trouvais habité par une peur qui était devenue quotidienne au fil du temps. D'ailleurs, je me serais très certainement offusqué de voir l'homme se comporter de la sorte si seulement je ne m'étais pas retrouvé dans la détresse, priant pour obtenir une aide de la part de son frère. Heureusement, il se montra compréhensif quant aux rafraîchissements et me proposa de le rejoindre dans un petit coin de la maisonnée, plus agréable pour se poser et profiter de l'instant présent. ≪ - Je vous en prie, installez-vous. Vous devez être épuisé par votre voyage. ≫. Sans me faire prier, je m'étais exécuté, tout en lui répondant. ≪ - En effet. ≫. C'est alors qu'il servit deux verres avant de m'en tendre un. J'avais tendus le bras, pensant me saisir de l'objet avant qu'il ne soustrait soudainement la boisson de ma portée et de s'exprimer à nouveau. ≪ - En vous voyant au premier abord, j’ai pensé que vous étiez ici pour les festivités de ce soir. Une histoire de masque, sans doutes. Mais à l’évidence, si vous demandez à être reçu par le Duc, alors je me suis trompé. [...] Vous semble-t-il toujours aussi importun que le cadet de Ghislain se demande quelle triste nouvelle vous apportez à son cher ainé ? ≫. J'hésitais un instant à lui répondre. Je ne voulais tout bonnement pas le faire. Après tout, je ne le connaissais pas contrairement son frère. Mais il n'avait cependant pas tord sur ses dernières paroles. Il restait un membre de la famille de Ghislain et non un simple serviteur comme j'avais cru faire face, il y a quelques minutes plus tôt. Je me suis mis alors à rire, pensant détendre l'atmosphère, un agissement digne d'un homme qui essayait de prendre la chose à la rigolade pour que sa bêtise provoquée précédemment soit vite oubliée. ≪ - Ahah, vous avez raison, vous avez le droit de savoir ! C'est justement pour la fête que je suis venu. Je suis barde et j'espérais être utile ce soir. ≫. Au moins, c'était la vérité. J'étais venu parce que ma fonction me le permettait. Ce que je n'avais pas précisé, c'était l'aide que j'espérais obtenir en retour. Mais ça, il ne pouvait pas le savoir. Et s'en préoccuperait-il également ? Je supposais que non. La récompense étant bien trop souvent synonyme d'or. ≪ - Alors, dites-moi, suis-je toujours privé de boisson ? ≫ m'exclamais-je sarcastiquement. C'est alors que me revins les paroles antérieurs de mon interlocuteur, ce qui me poussa à enchaîner, changeant soudainement de sujet. ≪ - Vous avez dit que vous aviez choisi une voie différente que celle de vos frères... Puis-je connaître laquelle ? ≫

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le Dim 16 Juil - 22:12

L’œil de Marius brilla brièvement durant le temps où l’elfe sembla cogiter sa réponse. Qu’avait-il donc à laisser planer un silence quelque peu incommodant, si ce n’était pour s’accorder un temps de réflexion ? Etait-ce simplement pour lui débiter quelque chose de politiquement correct ou pour masquer une partie de la vérité ? Le Seigneur-Chercheur resta impassible au rire de l’invité, seul un demi-sourire parvenant à dérider un peu la dureté austère de ses traits. « Intéressant… Je vous remercie d’avoir accepté de répondre. », répliqua-t-il alors que ses yeux se plissaient imperceptiblement. Un barde, donc. La question était : serait-il au service du duc uniquement pour le plaisir des oreilles ou était-il également là pour d’autres affaires plus sanglantes ? A vrai dire, la réponse ne regardait que son frère qui savait parfaitement user des rouages du Jeu pour se débarrasser d’éventuels gêneurs. Mais en ce cas, Laurent aurait peut-être abordé le sujet avec son cadet. Marius avait toujours eu cette position particulière d’homme de confiance alors que l’ainé aurait eu tendance à se méfier de ses autres frères. La joie d’être le dernier… le petit préféré, aussi. Et un homme qui avait dédié sa vie pour quelque chose de plus grand que quelques complots de bas étage entre nobliaux obséquieux qui s’ennuyaient de leurs longues journées.

La question de l’elfe rappela Marius à la réalité et le sortit de ses pensées. Un haussement de sourcil à peine amusé capta le sarcasme de l’invité et le noble orlésien tendit la coupe de rafraichissement. « Je n’aurais pris la peine de servir deux coupes si j’avais eu l’intention de vous priver de quoi que ce soit. », lâcha-t-il d’un ton suave d’où perçait une pointe d’ironie avant de s’asseoir confortablement dans le fauteuil qui faisait face à l’elfe. Il considéra un instant sa propre coupe, silencieux, puis savoura une gorgée du précieux breuvage, esquissant un sourire face à la curiosité de l’elfe. Effectivement, il était coupable de l’avoir éveillée en omettant quelques détails sur ses véritables fonctions. « Vous savez… », commença-t-il en posant sa coupe sur un genou, deux doigts enroulés autour du pied orné. « Quand on est le cadet d’une telle famille, on peut soit tenter d’aller contre le sort en essayant d’accaparer le pouvoir de ses ainés, au risque de détruire sa propre famille, ou bien on peut se rendre utile de manière différente. Dans ma jeunesse, j’ai d’abord servi en tant que Chevalier orlésien, en pensant qu’il n’y avait rien de plus noble que de protéger son peuple et sa patrie en versant son sang pour eux. Mais à l’évidence, ma voie se trouvait ailleurs. » Le Seigneur-Chercheur prit une petite pause, avala une nouvelle gorgée de vin.

« J’ai fini par ouvrir les yeux sur le fait que Thédas ne se limitait pas simplement aux enjeux politiques d’Orlaïs. Et qu’il y a des mystères qu’on ne peut découvrir à coups d’épée. A présent, je tente de protéger ceux qui en ont besoin, contre des choses qu’on ne peut toujours expliquer, ou contre d’eux-mêmes. Ce n’est pas toujours simple. », conclut-il alors qu’une moue boudeuse se dessinait sur ses traits. Durant le bref instant qui suivit, il sembla à Marius que des pas équestres se faisaient entendre non loin de là, commençant à résonner sur la pierre qui pavait le chemin menant au château. Redressant la tête pour tendre l’oreille, il reconnut en effet l’éclat de voix du Duc, accompagné de sa famille et de quelques autres nobles. Les voilà enfin qui rentraient de leur promenade aux allures de chasse. D’un signe de la main, le Seigneur-Chercheur demanda à un serviteur de s’approcher et le pria de convier Laurent à les rejoindre ici dès qu’il en aurait l’occasion. Ou autrement dit, tout de suite après avoir mis pied à terre. « Il m’a semblé entendre le Duc et sa suite rentrer de la chasse. Votre conversation avec mon frère ne devrait plus se faire attendre, barde. »

Et effectivement, au bout de plusieurs minutes où ils purent néanmoins entendre le brouhaha des chevaux et des conversations qui provenaient de l’entrée du château, le Duc finit par apparaître, la démarche fière et vaguement enthousiaste, sûrement due à une bonne prise. « Ah ! Mon frère, tu aurais dû nous accompagner, tu as raté quelque chose. Ton fichu sens du travail te perdra. », s’exclama-t-il, la moustache frémissante, tandis qu’on lui servait un rafraichissement. Puis, le regard bleuté de Laurent se posa sur l’elfe, qu’il considéra silencieusement pendant quelques secondes. « On m’a prévenu de votre visite, cher ami. Vous êtes bien sûr convié à la fête de ce soir et votre service sera récompensé comme il se doit. Mais j’ai cru comprendre aussi que vous souhaitiez vous entretenir avec moi pour une affaire tout autre, n’est-ce pas ? »

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le Mar 18 Juil - 19:39


tell me who you are.
─ who are you really ─
Je vois que même si je tente de détendre l'atmosphère en poussant mon interlocuteur à la rigolade, il est délicat de le faire sourire aisément, bien au contraire. Seul un fin rictus s'affiche sur son visage qui reste malgré tout plus que neutre. Je m'en inquiète que légèrement, me questionnant un instant s'il ne douterait pas de quelque chose. Comme à mon habitude en fait, inquiet à l'idée qu'un individu, qu'il soit de la Chantrie ou non, puisse être au courant de ma véritable nature. C'est ce que je devais me dire. Que tout le monde pouvait être contre moi. Même le plus insignifiant des serviteurs. Ou même le frère du Duc... Qui ne semblait guère apprécier à l'idée que l'on puisse lui cacher des choses. Hélas, si seulement j'étais en mesure de me confesser sans craindre d'être rattrapé par les Templiers pour être enfermer jusqu'à la fin de ma vie, alors oui, il est clair que je n'hésiterais pas à daigner de répondre à qui que ce soit. Mais non. Hélas, ce n'était pas le cas. ≪ - Intéressant… Je vous remercie d’avoir accepté de répondre. ≫. ≪ - ...Ce n'est vraiment rien, C'est normal, vous savez ! ≫ m'étais-je vivement exprimé, comme pour convaincre le fait que je n'étais pas un petit cachottier sournois. Mais peut-être en faisais-je de trop ? Je voulais m'assurer à ce que l'individu ne soit néanmoins plus sur ses gardes. Qu'il puisse avoir confiance en moi même si moi-même je ne pourrais être rassuré à ses côtés sans le connaître pleinement. Finalement, je me rendais compte à quel point ma situation est délicate une nouvelle fois, regrettant la fuite dans les bois qui semblait soudainement bien plus surmontable que la fréquentation auprès des nobles. J'avais la sensation que j'avais rouillé, que je ne savais plus y faire en matière de comédie... À moins que le petit frère de Ghislain ne soit un challenge en matière d'aristocrate, qui sait. Que j'avais tiré la mauvaise carte dans la mauvaise pioche. Heureusement, je fus cependant satisfait de voir qu'il ne me refusa finalement pas de me servir en boisson. ≪ - Je n’aurais pris la peine de servir deux coupes si j’avais eu l’intention de vous priver de quoi que ce soit. ≫. Attrapant la coupe à deux mains, je le remerciais ainsi d'un hochement de tête et d'un sourire franc avant de porter le verre à mes lèvres, goûtant à nouveau comme si c'était la première fois, la boisson de qualité. J'aurais très certainement poussé un soupir d'extase si seulement cela n'aurait pas paru incongru... Dans tout les cas, ce fut une jouissance qui m'avait terriblement manqué durant ma fuite.

C'est alors que je lui posais des questions quant à sa fonction qu'il avait évoqué brièvement, quelques minutes plus tôt. Présentement, il se mit alors à me détailler sa position au sein de sa famille, développant l'évolution de sa carrière, d'abord en tant que chevalier orlésien pour finalement se tourner vers une toute autre voie. ≪ - [...] À présent, je tente de protéger ceux qui en ont besoin, contre des choses qu’on ne peut toujours expliquer, ou contre d’eux-mêmes. Ce n’est pas toujours simple. ≫. Alors que je l'avais écouté attentivement, tel un enfant suivant l'histoire que pouvait conter l'un de ses parents, je m'étais soudainement figé face à ses dernières paroles, pris d'un vague vertige soudain. Peut-être avais-je pâlis aussi... Mais dans tout les cas, je ne me sentais pas bien. Pendant un long instant, je ne réagis pas avant de me ressaisir et de m'enivrer de la boisson en avalant une grande gorgée. Je me rendais à l'évidence que je ne devais pas me laisser abattre et surtout pas paraître suspect. Je me disais donc que je devais dire quelque chose. ≪ - Oh... J'imagine que cela doit l'être, en effet ! ≫. C'est alors que l'on put entendre le Duc revenir au loin, quelques instants plus tard. Si dorénavant je voulais cependant me joindre aux festivités ? Bien sûr que non. Pas après ce que je venais d'apprendre. Mais avais-je cependant le choix ? Je supposais que non, également. Je paraîtrais bien trop suspect, que ce soit aux yeux du Duc ou celui de son frère... Au moins pouvais-je encore espérer à ce que le Duc se montre clément envers moi, sinon, j'allais être fichu. J'allais être fichu ou j'allais devoir courir aussi vite que possible. Suivant l'annonce de Marius, l'homme finit alors par se présenter enfin à nous, plus qu'heureux de s'être dégourdi les jambes en dehors de son château tandis que j'avais passé le reste de mon temps à me morfondre et à claquer des dents ! Cela était complètement révoltant ! Néanmoins, je ne m'emportais pas pour autant, surtout lorsque je l'entendis accepter mon aide et être prêt à écouter ma demande. ≪ - Oui, j'aimerais que l'on puisse s'entretenir ensemble, seul à seul... ≫ fis-je alors avant de me lever sur le-champs. Je m'apprêtais d'ailleurs à suivre l'homme pour un endroit plus calme et surtout où son frère ne pourrait nous écouter mais avant toutes choses, je me tournais vers ce dernier. ≪ - ...Vous vous joindrez aux réjouissances, ce soir ? ≫. Juste histoire de savoir si je devrais à nouveau être sur mes gardes ou non durant la fête.

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▲ OCCUPATION : esclave. j'ai fuis pour ma liberté mais je suis tombé sur un magister tévintide qui m'a rattrapé. aujourd'hui, je n'ai d'autre choix que de courber l'échine devant les humains. jadis nero, aujourd'hui marianis.
▲ COMPÉTENCES ET ARMES : je contrôle pour l'instant la magie élémentaire, de création, de soin et des arcanes. je possède également un bâton pour pouvoir contenir mes dons ainsi qu'un couteau à double lame et un arc. sinon, j'ai également des compétences en art, en vol, en charisme et en espionnage.
▲ LOCALISATION : minrathie. plus précisément au sein même de la demeure de ma maîtresse. parfois je quitte cette bâtisse qui me sert de prison pour suivre la jeune femme qui me retient, ou pour surveiller les alentours, de moi-même.

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le Sam 22 Juil - 22:23

Il parut, au regard scrutateur de Marius, que l’elfe avait quelque peu changé de comportement après qu’il eut terminé d’expliquer brièvement son parcours. Ou en tout cas, c’était comme s’il ne s’était pas attendu à une histoire de ce genre. Difficile à dire si le Seigneur-Chercheur voyait le mal partout ou si son hôte se sentait véritablement mal. Bah, il se faisait peut-être des idées. Une fois que Laurent serait de retour, il en apprendrait sans doutes plus sur ce drôle d’elfe. Et le Duc ne s’était plus fait attendre, il arriva bientôt pour les retrouver sous la pergola. Celui-ci s’était emparé avec un certain enthousiasme de la coupe qu’on lui avait servie et c’était tout juste s’il n’avait pas bu le vin d’un trait. Marius haussa un sourcil en se demandant si c’était vraiment dû à la fatigue de la galopade ou s’il n’y avait pas eu quelques tensions sous-jacentes pendant la promenade. Le Seigneur-Chercheur croisa le regard de son frère au moment où l’elfe demandait peu habilement une entrevue en privé.

Marius haussa finement un sourcil discret sans faire toutefois le moindre commentaire, n’appréciant guère qu’un elfe, barde, qui n’était pas au service des Ghislain depuis des décennies, se permette une telle sollicitation. Il n’y avait pas écrit charité sur le front du Duc, aux dernières nouvelles. Après leur bref échange visuel, Laurent tourna son attention vers son hôte et inclina légèrement la tête sur le côté en guise d’assentiment. De toute manière, si l’ainé de Ghislain considérait que cette conversation aurait une quelconque importance concernant la sécurité d’Orlaïs, de leur famille ou de la Chantrie, il n’hésiterait pas une seconde à en faire part au Seigneur-Chercheur. Et si cela n’était qu’une fanfaronnade d’elfe, le Duc n’aurait guère apprécié de perdre son temps, alors. Marius, quant à lui, haussa vaguement les épaules à la question du barde. « Je ne sais pas encore. J’attendais une missive importante, mais je crois que je vais encore devoir attendre un peu… » Laurent leva les yeux au ciel. « La fin du monde n’est pas prévue pour ce soir, Marius. Te changer les idées ne devrait pas te faire de mal. » Le cadet esquissa un faible sourire de circonstance. « Je verrai. Peut-être à tout à l’heure, barde. »

Laissant Marius à sa coupe de vin fruité, le Duc tourna les talons et indiqua à l’elfe tout en prenant un bon pas : « Venez, allons discuter dans mon bureau. » Au moins, là bas, s’ils n’étaient pas seul à seul, alors aucun lieu dans ce château ne serait jamais assez sûr pour cet elfe. Ils traversèrent quelques couloirs richement décorés où le silence ambiant était uniquement brisé par la marche soudaine du duc et de son invité, ainsi que par le passage discret de quelques serviteurs. Enfin, Laurent bifurqua vers une large porte gardée par un soldat qui s’empressa de lui ouvrir. Le noble orlésien pénétra alors dans la pièce largement baignée de lumière et dont deux murs étaient recouverts de rangées de livres. Au fond, de grandes fenêtres encadraient un portrait du grand-père de Ghislain. Laurent se glissa derrière la grande table de travail aux boiseries décorées d’or et toisa l’elfe un instant, à la fois curieux de savoir ce qu’il voulait, et sans doutes assez pressé de se préparer pour la grande fête qu’il donnait ce soir. « Bien. Alors ? », dit-il avec cette autorité naturelle qui émanait de lui.

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le Dim 30 Juil - 0:45


tell me who you are.
─ who are you really ─
Toute mon attention est tournée en direction du frère du Duc. Peut-être même un peu trop intensivement, espérant sincèrement à ce qu'il ne soit ni un frein ni une menace pour les situations avenir et certainement pas pour ce soir alors que je comptais appliquer ma fonction de barde avec brio. S'il s'avère à ce que je ne sois pas à la hauteur de ma tâche, qui sait ce qu'il pourrait m'arriver ! Qui sait si l'homme ne retournerait pas sa veste pour me faire enfermer ou me faire tuer en retour. Hélas, oui. En tant que barde, il fallait toujours rester sur ses gardes, être prudent comme je l'étais désormais constamment. Et certainement plus encore face à cet homme qui pourrait s'avérer être un potentiel ennemi dangereux. Je jouais avec le feu et je ne m'en rendais pas bien compte. Si l'homme m'arrêtais, je savais que je pouvais prendre le risque de me faire définitivement enfermer dans le Cercle d'Orlaïs... Voir même me faire apaiser ! Et s'il y avait bien une chose que je ne désirais pas être victime, c'était d'être contraint. Ne plus avoir la force de dire "non". Subir cette religion qui nous oppressait à nouveau, à cause de ces citoyens apeurés. Mais j'étais poussé par l'espoir de pouvoir fuir définitivement cette vie de fugitif pour un monde meilleur. Je supposais que cela pourrait être un moyen de plus afin d'assurer mes chances de réussites. Que si aujourd'hui, je n'avais pas d'autres choix que celui d'être obligé à défier les dangers, demain, mon voyage sera plus assuré. Je pourrais respirer à nouveau pendant quelque temps et même profiter de la balade désorganisée... Bien sûr rien n'était encore gagnée et les prochaines paroles de Marius m'indiqua clairement que l'individu pouvait être présent durant la fête. Oui, je ne devais pas crier victoire trop vite.

≪ - Venez, allons discuter dans mon bureau. ≫. Le Duc engage alors la marche et je le suis de très près, sans même prêter attention aux alentours, cherchant encore ce que je pouvais bien dire à l'homme pour ne pas recevoir un coup de poignard dans le dos. Pouvais-je me permettre d'être honnête avec lui ? Pouvais-je lui dire une partie de la vérité ? Ou alors devrais-je inventer une histoire, concordant avec mes conditions véritables ? Après tout, nous sommes encore à Orlaïs. Si j'évoquais ma condition d'apostat, l'homme pourrait ne pas y réfléchir un seul instant et se ranger directement du côté de la Chantrie pour procéder à ma capture sur le champ... Je n'ai guère le temps d'y réfléchir d'avantage que nous pénétrons enfin à l'intérieur de son bureau, comme il l'avait annoncé précédemment. J'admire un instant la pièce avant que le souverain ne prenne la parole, me demandant ce qui pouvait bien me pousser à lui demander une faveur pour la réception de ce soir. Ravalant ma salive, je finis finalement par me jeter à l'eau. ≪ - Comme je vous l'ai dis précédemment, je suis prêt à être à votre disposition durant la soirée... Néanmoins, je ne  désire recevoir aucunement de l'or en retour. Seulement une aide de votre part... ≫. Je m'arrête un instant et commence à faire les cent pas à l'intérieur de la pièce, de manière nonchalante. ≪ - J'ai eu quelques problèmes avec certaines personnes et j'aimerais que l'on couvre mes traces juste quelques temps, durant un petit voyage... Histoire de semer définitivement mes potentiels... traqueurs. ≫. Mon attention s'était reporté sur le Duc, surveillant la moindre de ses expressions.

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le Jeu 17 Aoû - 11:14

Le Duc se lissa doucement la moustache en observant attentivement l’elfe face à lui. Le demi-masque qui lui recouvrait le haut du visage ne laissait que briller son regard neutre du même accabit que celui de son jeune frère. Un trait propre aux Ghislain, sans doutes. Quoiqu’il en soit, Laurent n’aurait pas eu besoin du moindre masque pour cacher ce qu’il pensait réellement. A savoir qu’il n’offrait jamais des faveurs gratuitement, sans être certain que cela puisse lui apporter quelque chose en retour. Quelque chose de plus intéressant que les banals services d’un barde elfe, en fait. Alors, tandis qu’il écoutait la tirade de Kaida, une épine moqueuse lui remonta l’échine, sans pour autant poindre sur son sourire neutre de façade. De l’aide de la part du Duc de Ghislain ? Rien que ça ! Ce petit rêvait ou alors il était complètement fou. Bercé trop près du mur, sans doutes… Et puis sa manière de tourner ainsi en rond dans la pièce, comme s’il s’agissait d’un animal en cage ou trop sur ses gardes pour se poser ne serait-ce qu’un instant… Laurent en aurait presque eu le tourni, s’il n’avait trouvé cela passablement agaçant : quand on s’adressait à un noble orlésien, on lui faisait face !

Le Duc pinça légèrement les lèvres en se demandant ce que cette petite chose pouvait avoir fait pour être… traqué. Enfin, outre le fait qu’il s’agissait d’un barde pouvant effectuer des missions trop salissantes pour les nobles, mais justement, le système ainsi établi était légal. Se venger d’un barde, c’était comme vouloir s’en prendre au couteau qui avait tué quelqu’un, au lieu de s’intéresser à la personne qui l’avait tenu. Alors ? « Certaines personnes… ? », articula doucement Laurent, d’une voix presque suave. « Croyez-vous sincèrement que mon aide s’obtiendra avec des renseignements si peu précis ? Si je ne sais qui sont ces traqueurs, comme vous les appelez, comment puis-je avoir l’assurance que détourner ces gens de leur objectif ne me mettrait pas dans une position inconfortable ? Peut-être même sont-ils affiliés de près ou de loin à des personnes de ma connaissance avec qui j’entretiens des relations cordiales ou, pire encore, obéissent à des ordres que je ne saurais contrer pour le bien de ma famille. » Par relations cordiales, il entendait bien évidemment relations tendues, et par ces ordres qu’il n’aurait idée de contrer, l’Impératrice en personne ou la Chantrie. Le grand Jeu était un sac de nœuds et rien ne devait être laissé au hasard, alors les élucubrations peu fiables d’un elfe, Laurent les mettaient déjà dans le tiroir des archives.

Il considéra l’elfe un instant, dans le plus grand des silences, que l’on ne saurait dire s’il était pesant ou songeur, avant d’ajouter finalement : « Je pourrais vous faciliter le début de votre petit voyage, cependant, il me faudrait d’abord savoir à quoi je m’expose en vous faisant cette faveur. Je ne peux rien offrir sans connaître avec exactitude la nature, la fonction et les objectifs de ceux qui vous poursuivent. J’ose espérer que vous n’êtes pas allé contre la loi, d’une manière ou d’une autre. » Laurent n’aiderait certainement pas les malandrins, les assassins ou les voleurs, ça, c’était sûr et certain.

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le Mar 5 Sep - 17:37


tell me who you are.
─ who are you really ─
Non. Bien sûr. Rien ne serait aussi difficile que de fuir l'ordre des Templiers. J'aurais dû m'en douter, savoir qu'un duc ne serait en rien reconnaissant envers l'un de ses sujets, bien que ce dernier puisse être utile, notamment pour le Jeu. Que serait ce divertissement macabre sans les bardes ? Que ferait les nobles sans les créatures de notre condition faisant le sale boulot à leur place ? Mais il suffisait de voir comment la plèbe existait dans la crasse la plus infâme tandis que ces affreux aristocrates se gaussaient insouciamment sans même accomplir leur fonction dignement. Si je voulais ainsi m'emporter et prendre le risque de provoquer un tel cataclysme, je me retins cependant de faire plus de vagues alors que le Duc semblait, malgré tout, ne pas être le pire de tout les seigneurs de ce royaume. Après tout, il m'avait accepté dans son bureau et même s'il posait un peu trop de questions sur lesquels je ne désirais pas répondre, il cherchait un moyen afin que l'on puisse avoir un accord. Un accord qui, malheureusement, me paraissait bien trop injuste à mes yeux et qui semblait être déjà perdu à l'avance quand il évoqua notamment les ordres et les lois. J'étais désespéré et je me demandais très sincèrement s'il ne valait mieux pas que je parte ici et maintenant sur le champs, me questionnant quant aux risques face auxquels je m'exposais alors que je m'éternisais ici. Néanmoins, il fallait dire que j'étais désespéré. Ou alors complètement suicidaire pour insister. Aussi, je m'arrêtais finalement de marcher pour planter mes prunelles dans les siennes. Je tentais de choisir correctement mes mots afin de pouvoir tirer mon épingle du jeu dans un ultime espoir. ≪ - À dire vrai, je ne les connais pas tous. Ils existent en grand nombre. Tout ce qu'ils désirent faire, c'est de m'arracher à ma liberté, ou même pire... Peut-être sont-ils capables de tuer... Je ne sais ce qui les poussent à agir de la sorte. Sans doute... Est-ce à cause de ma nature ? ≫. Tout n'était pas complètement vrai, mais tout n'était pas complètement faux non plus. Quitte à rentrer dans ce jeu mondain dès à présent. Je jouais ainsi avec les mots afin de faire passer l'ordre des templiers pour des esclavagistes. Mais n'est-ce pas ce qu'ils étaient si l'on oubliait les lois qui les protégeaient ? Évidemment que si. J'espérais alors à ce que le Duc ne puisse se poser d'avantage de questions, qu'il se laisse aller à l'imagination. ≪ - Ce que vous pourriez risquer dans cette affaire ? Rien, je suppose... On pourrait partager un carrosse sans que personne ne sache qui se trouvait à l'intérieur. Qui vous dit que ces gens savent que je vous fréquente ? Personne ne le sait. Pour l'instant, je leur ai échappé et votre aide me suffirait de les semer définitivement. Hélas, plus pour longtemps... ≫. Je  baisse alors la tête. ≪ - Mais je comprendrais si ma situation ne vous rapporte guère. Je reprendrais ma route dès que j'aurais quitté le château. ≫.

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